Jianhe, Zheng
(scénario et dessin)
Zhihui, Deng (dessin)

Vers l’ouest, tome 2

Manga, fantasy
Publié le 10 novembre 2017 chez Urban China

Le jeune Loup Blanc s’est vu confier une mission des plus périlleuses : amener la flamme sacrée au Paradis de l’Ouest afin d’éviter que les dieux ne mettent la main dessus. La route risque d’être semée d’embûches car tous les habitants du ciel sont à ses trousses et même si l’esprit du dragon coule dans ses veines, il ne pourra s’en sortir seul. Son unique espoir : retrouver Xuanzang, le moine au coeur pur qui avait déjà fait le voyage seize ans plus tôt. Mais encore faudrait-il que ce dernier accepte de repartir…

Dans ce tome 2 nous suivons Loup Blanc livré à lui-même, traqué par les dieux, et découvrant les us et coutumes de cette espèce bizarre qu’est l’humanité…Qu’est-ce qu’il est subtile donc délectable le doux parfum du doute à la Philip K. Dick : l’animal persuadé d’être un homme est possédé par un dragon. Qu’est au final qu’est vraiment Loup Blanc qui occupe une place unique dans la création ? Le démon est dessiné comme un être humain car il se voit comme un être humain, mais si on laisse la moindre place au doute rien n’est moins sûr…

Il était une fois un jeune moine que les dieux missionnèrent pour ramener du Paradis de l’Ouest la Flamme Sacrée et établir dans l’Empire du Milieu la paix et la prospérité (parce qu’ils étaient trop lâches et trop paresseux pour le faire eux-mêmes). Pour réussir il traversa mille enfers, et comme c’était un Saint Homme il n’eut de cesse de faire de ses ennemis des amis… C’est ainsi qu’unis, hommes, démons et dragons accomplirent l’impossible, mais de retour dans l’Empire du Milieu les dieux lui ont demandé d’abandonner ses compagnons au triste sort qu’ils leur réservaient. Par peur de l’autorité et de l’ordre établi il obtempéra, mais grassement rétribué pour sa trahison le cœur et l’âme du jeune homme moururent… Xuanzang passa ainsi des années et des années à boire des alcools forts et à batifoler avec des courtisanes non-humaines, et quand Loup Blanc traqué par les sicaires divins frappe à sa porte et le supplie à genoux de l’aider à ramener la Flamme Sacrée au Paradis de l’Ouest son cœur et son âme se déchirent à nouveau… Les auteurs étendent à l’infini ses tourments intérieurs, mais que peut-il faire quand l’univers tout entier lui offre une seconde chance, celle de devenir plus grand et plus noble pour à nouveau accomplir l’impossible ? C’est décidé, non pour le peuple mais pour lui-même Xuanzang sera le champion de l’humanité contre les divinités… La guerre est déclarée et rien ni personne ne pourra le détourner de la voie qu’il a choisi d’arpenter ! Taoist Cannon Fist : ATATATATA !!!

La vie humaine est faite de souffrance. Mais la souffrance vient du désir. Autrefois, j’ai cherché à me détacher de ce monde, de ses émotions et ses désirs. Mais aujourd’hui, j’y vois bien plus clair. On ne peut faire partie de ce monde et prétendre mener une vie vertueuse sans en accepter les difficultés et les souffrances.

Si je suis impressionné par Xuanzang qui entre directement au Panthéon des personnages les plus badass de tous les temps, mais je n’oublie pas pour autant des graphismes très aboutis et très soignés qui alternent un style comics de belle qualité et un hyperréalisme qui déchire quand le récit passe en mode « serious business ». Et dans ledit récit la place prise par les mots « rêves » et « espoirs » est primordiale, car les déclarations empruntées à Matin Luher King contrastent violemment avec les discours suprématistes édictés par l’ordre divin et les discours officiels qu’on nous balance à la gueule depuis l’avènement du TINA reagano-thachérien…
Au final les auteurs sont fous à lier ! Si jamais la censure chinoise pige le truc en remplaçant les dieux par les ploutocrates du parti communiste chinois et la flamme sacrée par la modernité occidentale, ils sont bons pour la prison (si vous voulez aider la démocratie à un jour exister en Chine, lisez et achetez cette série !)… Mais j’imagine qu’ils ont déjà tâté le terrain avant d’emprunter ce chemin : comment un commissaire littéraire pourrait-il penser qu’un comic fantasy puisse se muer en manifeste anarchiste et déclarer la guerre à la ploutocratie mondialisée hein ?

J’ai toujours rêvé d’un mix entre les mangas à la Saint Seiya et les comics à la X-Men (ben oui quand Loup Blanc se lance dans un Pegasus Rolling Crash, je kiffe à mort), et pour ne rien gâcher les qualités scénaristiques et graphiques sont au rendez-vous : c’est fait, je suis mort et au paradis des geeks !

note : 9/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

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