Mathieu Mariolle  (scénario)
Federico Ferniani et Richard Guérineau (dessin)
d’après Thomas Day

La Voie du Sabre, tome 2 :

Les Braises de l’enseignement

Bande dessinée, uchronie / fantasy
Publié le 21 octobre 2015 chez Glénat

À l’issue de la sanglante bataille des îles de Kido qui voit la défaite des troupes de son père, le jeune Mikédi poursuit sa formation auprès du maître sabreur Miyamoto Musashi. Et parce qu’un bon guerrier ne peut se réduire à sa seule force, Mikédi va parfaire son apprentissage au palais des saveurs. Ici, 2 ans sans son maître, il apprend l’humilité en pratiquant toutes sortes de tâches ingrates, avant de s’aventurer dans la Pagode des plaisirs… Là, des dizaines de somptueuses créatures lui apprendront un autre art fondamental : celui de l’amour. Le but secret de cet étrange enseignement : cultiver ses 5 sens. À l’issue de ce parcours initiatique, Mikédi va-t-il finalement devenir le guerrier digne de séduire la fille de l’empereur ?

Dans ce tome 2 intitulé Les Braises de l’enseignement, après le massacre des pêcheurs de Shô, et la morts de ses proches, Mikédi poursuit son apprentissage de la vie dans un Japon uchronique sauce fantasy, sous la houlette de Maître Vitalis, euh pardon du légendaire ronin Miyamoto Musashi…
Il passe 2 ans au Palais des Saveurs à apprendre les plaisirs de la bonne chère…
Il passe 2 ans à la Pagode des Plaisirs à apprendre tous les secrets de la chair…
Avec son maître, il combat un sorcier chinois et apprend à souffrir, avant de combattre les armées impériales aux côtés des moines-guerrier Genji-Ryo et d’apprendre à faire souffrir…

A chaque étape, le maître demande à son élève s’il ne préférerait pas une vie simple et tranquille à une vie pleine de bruit et de fureur, car la vraie liberté et le bonheur véritable sont incompatibles… Mais Mikédi est plein d’ambition et de ressentiment, et si le pouvoir corrompt le pouvoir absolu corrompt absolument… C’est donc à la tête de 10000 hommes qu’il se présentera à la cour pour demander la main de la fille-dragon !

Rien de grand ne s’accomplit sans folie. 

Brillant et époustouflant : visuellement une des BD les plus stylée que j’ai jamais lue ! Le tome 1 était déjà superbe, mais dans ce tome 2 Luca Saponti remplace Jean-Paul Fernandez à la colorisation et la série gagne encore en qualité… Chaque planche voire chaque case est une invitation à l’aventure, et pourrait devenir un poster XXL du plus bel effet !!! (Et puis il y a aussi cette double planche sublime mettant en parallèle les exploits des hoplites de Léonidas contre l’Empire Perse et les exploits des samouraïs de Takezaki Suenaga contre l’Empire Mongol dans « La Légende du Vent Divin »… J’en ai encore le vertige…)

A la limite c’est presque dommage de donner vie à ce conte philosophique plutôt que d’aller carrément vers l’epicness to the max d’une véritable saga Katana & Sorcery (genre le jdr Legend of the Five Ring ou la légende de la femme samouraï Tomoe Gozen !). Car après tout dans le roman original Thomas Day / Gilles Dumay passait à la moulinette la féodalité japonaise pour nous réaliser la version grimdark du Candide de Voltaire. Ah ça, l’auteur aime le sexe et la violence, voire fantasme sur le sexe violent et le BDSM, donc on fait la part belle à Eros et Thanatos, notamment avec un amour cannibale dans « La Légende du dernier repas du seigneur Chikuzen Nobushiro » dessinée par Richard Guérineau. Mais ici il faut bien qu’ici avouer que la mise en scène de l’érotisme comme c’est du bellicisme sont sublimes…

Un bémol ? Quand on voit les projets de couvertures dans le cahier graphique, on se demande quelle mouche a piqué l’éditeur pour choisir la moins bonne (qui est déjà très bien, c’est vous dire le souffle épique dégagé par les couvertures refusées)…

note : 9/10

Alfaric

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