David Chauvel (histoire),
David Chauvel, Mélanie Andoryss & Patrik Wong (scénario)
Jérôme Lereculey (dessin)

Les 5 Terres, tome 5 : « L’Objet de votre haine »

Bande dessinée, fantasy
Publiée le 06 janvier 2021 chez Delcourt

Tandis qu’Astrelia est ramenée contre son gré à Angleon, le roi Mederion a fait enfermer les étudiants qui étaient venus discuter avec lui librement. Non seulement cette décision révolte Terys et le Conseil, mais elle décide également les étudiants les plus révolutionnaires à passer à l’action. Tandis que les uns pansent leurs blessures, les autres se déchirent dans une cité devenue le théâtre d’affrontements intimes de plus en plus violents.​

J’ai feuilleté ce tome 5 en librairie entre deux confinements, et ce que j’en avais vu m’avait fait rager (et pas qu’un peu hein). J’ai laissé le temps couler avant de me replonger dedans. Et j’ai bien fait : le texte est ici beaucoup plus riche que les simples images !

L’intrigue se resserre sur la confrontation entre le jeune roi et la jeunesse. La jeunesse a soif d’amélioration, or le jeune roi entend incarner le changement à lui tout seul (qu’il soit positif ou négatif, ce denier en a rien à secouer l’important étant de changer pour changer histoire de blablater sur l’Ancien Monde et le Nouveau Monde). Bref, il ne veut souffrir d’aucune concurrence et d’aucune forme de contestation parce qu’il a forcément raison (OMG on dirait un macroniste bas du front, et je suis prêt à parier que c’est fait exprès)*.

C’est donc tout naturellement que dépositaire du pouvoir il use et abuse des pouvoirs qui lui ont été conférés pour arrêter ceux qui avaient la prétention de vouloir mieux faire que lui (OMG on dirait un macroniste bas du front, et je suis prêt à parier que c’est fait exprès). Sauf que l’affaire fait grande bruit, parce que les êtres humains ne peuvent pas comprendre les faits et gestes de quelqu’un d’inhumain !!!

Face à l’incompréhensible brutalité du jeune roi (les preuves et les témoignages, on les trouve volontiers à force de violences physiques ou psychologiques), les modérés veulent faire profil bas quitte à se renier et à collaborer, et les radicaux veulent passer à l’action quitte à basculer du côté obscur et à en crever. Donc en voulant se débarrasser d’un problème le psychopathe au pouvoir ne fait que l’aggraver pour ne pas dire le créer, et en voulant se débarrasser d’ennemis imaginaires il finit par générer des ennemis bien réels !

On ne compte plus les barbouzes au service du pouvoir qui ont fomenté voire réalisé des actes de violence juste pour discréditer donc disqualifier ceux qui critiquaient le pouvoir en place, qui lui voit des ennemis partout car il est l’ennemi de tout le monde. D’ailleurs souvenez-vous de Macron qui au début de la crise des Gilets Jaune criait partout qu’il était victime de mouvements fascistes téléguidés par les services secrets russes. Moi je ne confierais aucun pouvoir à quelqu’un déconnecté de la réalité au point d’en être dérangé, mais la ploutocratie mondialisée l’a adoubé avant de le faire élire à grands renforts de soutiens financiers et médiatiques…

Nous pensons que les élites sont corrompues et égoïstes par nature et que leur seul but est la perpétuation d’un système qui protège leurs intérêts au détriment de ceux du peuple qu’elles gouvernent.

​Tu ne possèdes pas le pouvoir, c’est le pouvoir qui te possède ! (à quand la démocratie par tirage au sort pour se débarrasser de cette malédiction ? Ce n’est pas comme si de par le passé moult communautés l’ont établi pour y mettre fin !) Et face à ce gros merdier, le nouveau grand conseiller et l’ancien grand conseiller ne savent plus à quels saints se vouer…

Donc en bon aristocrate élitiste (pléonasme) et suprématiste (re-pléonasme), Meredion ne sait comment gérer une situation autrement que par des intrigues et des complots, de la force et de la violence (parce qu’il est persuadé que tout le monde est comme lui : pourri et assoiffé de pouvoir). Et c’est là que ça commence grave à partir en cacahuètes !
ATTENTION SPOILERS Son amant et conseiller découvre que son conjoint est un monstre, le Parlement à sa botte entre en fronde, le traître Goromio réhabilité par ses siens découvre la folie du commandant Blasserius, son garde du corps commence à se poser bien trop de questions pour son propre bien, et Kara fidèle au régime entre carrément en rébellion ouverte. Mais tout va bien, et vogue la galère… (remember les macronistes qui se moquaient de François qui en chute libre aurait déclaré « jusqu’ici tout va bien » FIN SPOILERS

 

L’ensemble est toujours aussi bon sur la forme que sur le fond, avec des otages qui se réconcilient ç chaudes larmes de chagrin ou de colère, tandis qu’un mercenaire canin décide de travailler pour en partant en partant en croisade contre la crevardise féline !

Mais j’ai quand même perçu l’influence de cette affreuse mode du grimdark martinien qui ne mène à rien. On dégomme un à un les good guys pour que puisse se loler les bad guys. OK, mais les lecteurs et lectrices qui subissent déjà cela dans le monde réel n’ont pas forcément envie de revivre cela dans un monde fictionnel (surtout avec une surenchère dans le drame et la violence assez terrifiante : youpi, vive les césariennes sans anesthésie suivie de kidnapping et / ou d’infanticide).
Après si vous êtes un crevard qui aime exploiter les autres et les voir souffrir, vous allez aimer les scènes de viols, de meurtres, de tortures et de mutilations… Mais même si avez la bénédiction de certains bobos hispters qui trouvent cela trop cool, sachez qu’il y a des gens comme ça traités dans les hôpitaux psychiatriques… (Et faites gaffe à Paris et à Toulouse hein, les serial killers Guy George et Patrice Allègre ont été libérés en 2020 !)

* Mederion et Macron, mêmes combats : ils enfument tout le monde avec leurs beaux discours, mais persuadés d’être sortis de la cuisse de Jupiter voire être Jupiter lui-même ils ont toujours Le Prince de Machiavel sur sa table de chevet pour l’un sur sa liseuse pour l’autre… Le monde n’est vu qu’en terme de rapports de force, dans un compétition permanente où le premier est tout et les autres ne sont rien. Et il faut diviser pour régner, en misant sur la peur et l’ignorance pour prendre, conserver et augmenter le pouvoir dont on ne fait rien à part en abuser de crainte qu’il ne s’use… La Start-Up Nation n’est donc pas si éloignée que cela de l’Ancien Régime !!!

 

note : 8+/10

Alfaric

1 Commentaire

  1. David Chauvel

    Je comprends tout à fait que vous jugiez uniquement sur ce que vous avez sous les yeux, mais avant d’enfoncer le clou des critiques que vous déroulez dans la dernière partie de votre chronique, je vous propose d’attendre le sixième et dernier tome du cycle (et décréter de manière définitive si nous sommes des bobos crevards qui aiment la souffrance des autres)… Deal ?

    Réponse

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