Pierre Pevel (scénario)
et Etienne Willem (dessin)
d’après Pierre Pevel

Les Artilleuses

Tome 2 :

Le Portrait de l’antiquaire

Bande dessinée, fantasy / uchronie
Publiée le 28 avril 2021 chez Drakoo

Si rien n’explose, c’est qu’elles se sont trompées quelque part. Nous sommes en 1911, dans le Paris des Merveilles. Les Artilleuses – Lady Remington, Miss Winchester et Mam’zelle Gatling – viennent de voler la Sigillaire, une bague mystérieuse qui leur vaut bien des ennuis avec la police, mais aussi avec les agents du Kaiser. Et voilà que le 2e Bureau entre dans la danse. Pour se sortir du pétrin, les Artilleuses n’ont pas le choix : elles doivent découvrir le secret de la Sigillaire et faire parler la poudre.

Dans ce tome deux intitulé Le Portrait de l’antiquaire, Pierre Pevel remet tout en place une douzaine de pages avant de déchaîner les enfers… Car une fois que les choses commencent, c’est de l’action, de l’action et encore de l’action jusqu’à la conclusion forcément « To Be Continued » !

On retrouve donc nos trois artilleuses anglo-américano-françaises qui usent pour ne pas dire abusent de toutes les ressources de l’underground parisien pour échapper à leurs poursuivants. Et leurs poursuivants, c’est moins les brigades mobiles que les services secrets français et prussiens qui veulent protéger ou déstabiliser la situation politique du royaume féerique d’Ambremer… C’était cool, c’était fun. Cela se lit très bien, mais aussi bien trop vite !

– Carposi nous est envoyé par le ministère dans le but d’encourager l’intégration des peuples merveilleux dans les brigades mobiles. Il est natif de Corse, où son père est douanier et sa mère garde un pont à péage.
– A péage ? Vous voulez dire que…
– Que la mère de Carposi est une troll, oui.

Mon côté easy reader a vraiment envie d’aimer, mais mon côté hardcore reader reste partagé. Trop de fois les rebondissements reposent sur l’inconséquence de Louison. Elle n’y connaît rien en explosifs mais se balade partout avec des sacs de dynamites, elle adore les gatlings mais oublient de les recharger, et comme le hobbit de JRR Tolkien ou le kender de Weis & Hickman elle n’avertit personne de ses pulsions kleptomanes qui attirent à tout le monde des ennuis. Et puis des gens meurent et elle n’y prête pas attention, alors que quand l’automate Tiboulon est mis hors-service elle pleure toutes les larmes de son corps…
Le portrait de l’antiquaire, c’est une péripétie de 2 pages qui relève du « ta gueule, c’est magique ! » (à savoir la magie marche parce que cela arrange bien le scénario, et ensuite la magie ne marche plus parce que cela arrange bien le scénario aussi). Pour ne rien gâcher il y a aussi la ficelle du « il est vivant, ben non il est mort », et la ficelle du « il est mort, ben non il est vivant ».

Côté dessin, je suis tout aussi partagé. Les graphismes d’Étienne Willem sont fluides et dynamiques. Il revisite joliment les classiques de l’École de Marcinelle, et malgré le cahier des charges de Christophe Arleston il parvient à laisser de la place à l’influence de Crisse ! Mais je ne suis absolument pas fan des cases envahies par les onomatopées (surtout dans les planches qui en sont dépourvues), ou de quelques passages plus ou moins ratés (comme le strabisme de Lady Remington en page 6)…

note : 6+/10

Alfaric

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