Peter Milligan (scénario)
Juan José Ryp (dessin)

Britannia, tome 1

(pour public averti)

Comics, fantastique / horreur
Publié en VF le 16 avril 2019 chez Bliss Comics
Publié en VO entre septembre et décembre 2019 chez Valiant Comics (« Britannia 1-4 »)

Désigné par les Parques, manipulé par les Dieux, aux ordres de l’empereur : en l’an 65 de notre ère, l’homme n’était pas maître de sa destinée. À l’apogée du règne de Néron, un vétéran des légions romaines est envoyé dans la province de Britannia, aux limites de l’empire, pour enquêter sur des événements morbides et surnaturels. Antonius Axia, le premier des détectives, sera le seul espoir de Rome pour reprendre le contrôle de la frontière la plus sauvage de l’empire, et empêcher les monstres qui se tapissent entre mythes et mystères d’envahir notre réalité..

​Le peplum fantastique c’est mon gros kif depuis Hercule contre les vampires du légendaire Mario Bava, donc je suis très exigeant avec les titres qui officient dans mon pré carré. Et ici force est de constater que malgré la bonne volonté et la bonne humeur des auteurs on ne sait pas trop où on va…

Alors si j’ai bien compris Peter Milligan qui ici travaille chez Valiant Comics, on suit dans cette mini-séries de 4 épisodes (et plus si affinités) les enquêtes du dénommé Antonius Axia. Avec Bran son esclave breton ils forment un dynamique duo qui aurait parfaitement eu sa place parmi les buddy movies des années 1980. Sauf qu’après sa confrontation avec le démon Orkus il a sombré dans la folie, et que les prêtresses de l’Ordre des Vestales dirigées par la sculpturale Rubria l’ont reconstruit / reformaté pour servir leurs dessein qui est plus ou moins de préserver l’ordre romain. Donc a grosso modo un Sherlock Holmes antique garant de la paix et de la prospérité de l’Empire Romain, là où l’original assurait la paix et la prospérité l’Empire Britannique…

– Par Mars, j’espérais… que ce n’était… qu’un produit de mon imagination…
– Quel idiot t’a dit que le monde de l’imagination n’est pas réel, Romain ?

Les Anglo-saxons sont relou : l’Empire Romain s’étend du Rhin au Soudan, de l’Atlantique à l’Iran, mais il faut toujours que sont sort se décide dans un trou perdu du Nord (la Bretagne quoi, qui entre temps et devenue la Grande Bretagne)… Soupirs… Toujours est-il qu’on envoie Antonius Axia enquêter sur des phénomènes de diableries pleines de folie et de terreur. L’ambiance sombre et violente typique des comics 2000 A.D. est réussie, et tandis que notre enquêteur veuf est attirée par la magicienne Bodmall épouse et esclave du druide Eryn, à Rome Néron petit, moche et sanguin se livre à des joutes verbales avec Rubria grande, belle et d’un sang froid à toute épreuve au presque (avec esquisses d’un game of thrones romain, mais j’avoue que sur ce point les auteurs sont restés dans le vague). D’ailleurs cette série comics est très « genrée » : les hommes font la checklist de tous les stéréotypes du genre « mâles blancs hétéro cis » et les femmes font la checklist où des femmes libérés ou de la femmes oppressée (dans les deux cas toujours c’est toujours des bimbos, le dessinateur ayant longuement œuvré dans la bande dessinée érotique chassez le naturel il revient au galop)…

Je n’ai pas compris pourquoi mettre du fantastique vu les principaux acteurs du récit sont humains et que leurs motivations sont parfaitement humaines. Car Peter Milligan féru de psychologie nous fait bien comprendre que ses Vestales sont un peu les psychiatres de cet immense sanatorium qu’est l’Empire Romain, et que son héros st un super-psychologue qui décrypte les méandres de l’âme humaine…
ATTENTION SPOILERS Donc on a des occupants romains du « premier de cordée » Gabinus qui s’emmerdent dans « un trou perdu du Nord » et qui veulent tuer et violer en toute impunité pour ne plus s’ennuyer. Donc il passe un pacte avec le druide Eyn pour couvrir leurs méfaits avec des invocation et/ou des illusions, et ledit druide est ravi qu’on massacre les siens sous le couvert des forces de la nuit car cela lui permet de raffermir son emprise sur sa communauté (ça, du pognon en veux-tu en voilà, et du pinard de qualité à volonté). Tout cela n’a pas besoin de l’intervention du fantastique, mais on a bien le démon Orkus qui fait vraiment des siennes dans « un trou perdu du Nord » pour des raisons que la raison ignore… WTF ? FIN SPOILERS

Graphiquement j’ai tout de suite reconnu le style graphique de Juan José Ryp que j’avais croiser il y a longtemps sur une adaptation trash du Robocop punk de Frank Miller. J’aimerais savoir comment ce spécialiste espagnol de la bande dessinée érotique a aussi bien assimilé tous les codes des comics anglais trash… Toujours est-il qu’il s’est vachement amélioré depuis, et c’est d’autant plus visible dans la version en grand format que j’ai lue. Mais il y a un petit truc qui cloche dans ses graphismes et je ne saurais trop dire s’il s’agit des dessins, de l’encrage ou de la colorisation. A moins tout simplement que je n’adhère pas au choix assumé du trash…

note : 6,5/10

Alfaric

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