Boichi (scénario & dessin)
d’après Riichiro Inagaki

Dr. Stone Reboot : Byakuya

Manga, science-fiction / hard science
Publié en VF le 07 avril 2021 chez Glénat Manga

L’humanité a été pétrifiée !! Les astronautes alors dans l’espace deviennent les six derniers représentants de l’espèce humaine. Byakuya, l’un des occupants de la Station Spatiale Internationale, lance la planification de leur retour sur Terre pour sauver l’humanité !! Découvrez l’incroyable histoire du père de Senku et de son robot dans cette préquelle de la série « Dr. Stone » !!

Dr. Stone Reboot : Byakuya est un tome indépendant qui est davantage un parallèle qu’un préquel à la série mère scénarisé par Riichiro Inagaki et dessinée par Boichi. Du moins c’est que Boichi a fait croire à ses responsables éditoriaux après que son compère lui ait prêté ses jouets… Boichi tu es un génie !

L’histoire de Byakuya et de ses compagnons astronautes et cosmonautes coincés dans l’espace lors du jour de la pétrification du monde (une voie qui avait déjà été explorée par Y, le dernier homme de Brian K. Vaughan et Pia Guerra), avait déjà été contée dans un long et bon flashback de la série mère. Sans assistance terrestre ils sont condamnés, et si les Russes veulent revenir à Baïkonour Byakuya lui veut à tout prix amerrir au Japon. Liliane Weinberg la touriste de l’espace et Connie Lee de la Nasa ne sachant pas trop à quels saints se vouer…

Byakya se veut être rationnel en déclarant que son fils Senku génie parmi les génies est le seul à pouvoir comprendre et vaincre la catastrophe qui a frappé la terre, mais on voit bien qu’il s’agit d’abord et avant tout d’un père qui veut absolument secourir son fils. Et comme aucun des membres de l’ISS n’a de liens familiaux aussi forts que les siens ils se laissent attendrir.

C’est très bien fait mais c’est quand même tiré par le bas par les poncifs sur les ados surdoués qui vont sauver le monde par rapport aux adultes teubés qui l’ont condamné. D’ailleurs il suffit de visionner un épisode de la dernière série Netflix adoubé par les djeuns pour y retrouver tous les clichés possibles et imaginables pour flatter l’ego des jeunes générations qui ne savent déjà plus quoi faire de leur ego à part déverser leur haine sur les réseaux asociaux… On comprend pourquoi Boichi multiplie les tours de de magie pour passer à autre chose le plus vite possible malgré les diktats des responsables éditoriaux !

Sans électricité sur la planète, l’internet ne vaut plus rien.

Et c’est là que les couilles en bandoulières Boichi fait un « fuck » magistral aux responsables éditoriaux qui ont arrêté de publier la série qui aurait dû être son grand œuvre, le plus grand manga de SF depuis l’Atom / Astro Boy d’Osamu Tezuka. Oui Boichi reprend absolument tous les thèmes de la série Origin, son Pinocchio cyberpunk (d’ailleurs cela pourrait en constituer le préquel, et la conclusion aussi) !

Le robot Rei a été conçu sur le modèle de Senku par Byakuya, et n’a reçu comme héritage que des connaissances scientifiques. Quand son concepteur quitte l’ISS avec ses compagnons, il n’a pas le cœur de lui avouer que c’est la fin et ordonne donc à sa création d’attendre son retour. Le petit robot va utiliser toutes les ressources de son héritage scientifique, validé IRL par le Docteur Soyeon Yi, quitte à recycler les satellites des puissance spatiales et à kidnapper les comètes de l’espace intersidéral. Rei ne sait rien du bonheur et du malheur d’être « humain », et pour que Byakuya revienne un jour sur l’ISS il se met à protéger l’humanité toute entière, quitte à s’auto-cannibaliser pour envoyer 4000 têtes nucléaires sur l’astéroïde tueur qui menaçait la Terre…

Byakuya misait tout sur Senku pour reconstruire la civilisation, c’est donc tout naturellement que Rei mise tout sur son imprimante 3D pré-programmée pour reconstruire la technologie. La dernière chose que Byakuya voit en mourant c’est qu’envers et malgré tout la civilisation humaine brille toujours dans l’espace et il ne sait que trop bien pourquoi. A 3000 ans d’écart la première chose que voit Senku en renaissant c’est qu’envers et malgré tout la civilisation humaine brille toujours dans l’espace et il ne sait pas pourquoi. Chrome insatiable curieux essaie de déchiffrer les mouvements de la singulière étoile que Senku regarde chaque soir. Il y voit un code, et parvient à déchiffrer un étrange message : « Je suis là Byakuya ! »… Comme le disait Martin Luther King, nous nous élevons et nous tombons tous ensemble : ça n’a jamais été plus vrai que sous les crayons de Boichi !!!

Ne n’avais plus vu cela depuis Makoto Yukimura (les vrais savent), voire depuis Robert Heinlein (les vrais savent encore plus). Oui en tant qu’individu nous ne sommes rien face à l’immensité de l’humanité. Oui en tant qu’espèce nous ne sommes rien face à l’immensité de la création. Oui en tant que planète nous ne sommes rien face à l’immensité du cosmos. Mais au fond de la Boîte de Pandore il reste et il restera toujours l’Espoir. La malédiction du « Roseau Pensant » de Pascal ne pèse rien face au fait que l’éternité ne suffirait pas à échanger et à partager avec le reste de nos semblables. Oui je sais, « échanger » et « partager » c’est des gros mots pour les membres des élites proclamées de la ploutocratie mondialisée. J’aimerais écrire « Monde De Merde », mais notre monde est à l’image de la Boîte de Pandore, et il semble au vu des derniers retournements de veste américains qu’on ne soit pas à l’abri de bonnes surprises après 50 ans de règne des forces obscures de la crevardise…

 

Je l’avais déjà signalé dans une critique de Sun-Ken Rock, mais ici Boichi avalise mes propos avec un Vegeta en mode easter egg : Dragon Ball dessinée par Boichi, c’est le paradis ! D’ailleurs je vais aller bien plus loin, beaucoup plus loin, voire carrément très très loin : « insérez ici votre œuvre SF préférée », dessinée par Boichi OMG c’est du bonbon pour les yeux et nous sommes morts et au paradis des geeks !!! Messieurs les responsables éditoriaux du monde entier, Boichi est un mec avec de l’or dans les mains et des étoiles dans les yeux : mais embauchez-le putain… Thomas Geha, toi qui me lit parfois, si tu fais un tome 2 de L’Histoire de la Science-Fiction engage comme pigiste Boichi, ce mec aime tellement le Science-Fiction qu’il est capable te dire « oui » en signant pour « gratuit »…

note : 7,5/10 (6/10 pour la première partie, 9/10 pour la deuxième partie)

Alfaric

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