Georges Bess
(scénario & dessin)
d’après Bram Stoker

Dracula

Bande dessinée, fantastique / horreur
Publiée le 16 octobre avril 2019 chez Glénat

En 1897, le public découvre dans les pages d’un roman épistolaire écrit par Bram Stoker l’extraordinaire personnage de Dracula, être immortel qui se repaît du sang des vivants pour les transformer à leur tour en créatures maléfiques. Si Stoker n’a pas inventé la figure du vampire, il lui a malgré tout conféré sa forme moderne en faisant du comte Dracula une figure iconique et emblématique inspirant des générations d’auteurs. Et bien que le roman ne fût pas un best-seller immédiat, il connut un écho mondial à travers des adaptations cinématographiques devenues au moins aussi cultes que l’œuvre d’origine. Pour la bande dessinée, l’immense Georges Bess s’attaque aujourd’hui à nous donner sa version du mythe tout en s’attachant à retranscrire au plus près l’âme du roman. Armé du brio graphique qu’on lui connaît, il fait le choix du noir et blanc, dans des planches à la beauté ténébreuse, pour mettre en valeur la puissance de son trait et lui conférer un souffle gothique assez inédit chez lui. Son Bram Stoker Dracula est une œuvre de virtuose qui démontre, une fois de plus, que Bess est sans conteste l’un des grands dessinateurs de la bande dessinée contemporaine.

Georges Bess est seul maître à bord de son Déméter dans cette adaptation très fidèle du roman de Bram Stoker. La narration respecte le côté épistolaire, on la mise en scène respecte bien l’ambiance gothique. Évidemment on retrouve cette opposition à la fois individuelle et collective entre entre raison et passion : d’un côté nous avons l’opposition entre les sciences tournées vers l’avenir et les croyances tournées vers le passé ; d’un autre côté nous avons l’opposition entre le puritanisme victorien et le thanato-érotisme transylvanien… Une adaptation en bande dessinée très fidèle fidèle donc, trop fidèle peut-être car elle n’amène aucune surprise sur le fond comme sur la forme par rapport au récit originel maintes fois copié mais rarement égalé. Et c’est peut-être là sa seule faiblesse…

– Cet être démoniaque ressemble trait pour trait aux descriptions que j’ai pu trouver dans des grimoires antiques… Tous décrivent les vampires plus au moins de la même manière…
– Mais, professeurs, comment prêter foi à des délires d’un autre temps ? Comment une telle… aberration pourrait-elle exister ? A notre époque !
– Ni la science ni nos connaissances actuelles ne peuvent élucider certains mystères ni certaines questions…

Donc nous retrouvons le Comte Dracula qui se sert de Jonathan pour s’approcher de sa fiancée Mina, avant de le jeter en pâture à ses propres fiancées… Nous sommes dans une double histoire d’amour : le Comte Dracula est prêt à tout et au reste pour s’emparer de Mina qui lui rappelle le temps où il était encore humain, et Jonathan est prête est prêt à tout et au reste pour l’empêcher de rejoindre le Prince des Ténèbres et le Côté Obscur de la Force. Et c’est ainsi que le professeur Van Helsing explique aux personnages et aux lecteurs les règles de la bête, avant rassemble une équipe de chasseurs d’horreurs pour traquer les créatures de la nuit à Londres, avant de traverser l’Europe jusqu’en Transylvanie (ceux qui ont déjà joué à La Fureur de Dracula savent)…

Le noir et blanc choisi par George Bess est somptueux de la première à la dernière page, fruit d’un travail très minutieux où chaque planche est bien pensée et chaque case bien exécutée. Je n’ose imaginer combien de temps il a passé pour réalisé les 200 pages de ce magnifique album ! Il existe une version prestige en plus grand format, mais je me demande quand même ce qu’aurait donné ces magnifiques graphismes en couleurs… En bref, indispensable pour les amateur de vampires en général et les fans de Dracula en particulier !

note : 9/10

Alfaric

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