Masasumi Kakizaki
(scénario & dessin)

Hideout

Manga, thriller / horreur
Publié en VF le 27 octobre 2011 chez Ki-oon
Publié en VO en 2010 par Shogakukan dans Big Comic Spirits

Les ténèbres d’une forêt plongée dans la nuit. Sous une pluie battante, un homme déterminé traque une victime terrifiée. La décision de Seiichi Kirishima est prise : ce soir, il va tuer sa femme. Pourtant, un an plus tôt, c’était un homme heureux. Écrivain à succès, mari comblé et papa d’un jeune garçon… à l’époque, tout semble lui réussir. Mais ce bonheur sans faille n’est pas éternel. Le jour où son éditeur met fin à leur collaboration, les ténèbres s’immiscent dans la vie du jeune écrivain, vite criblé de dettes. Une terrifiante descente aux enfers commence, au fil des pages de ce qui pourrait bien être son dernier roman…

Un couple japonais part en vacances sur une île tropicale dans l’espoir de recoller les morceaux. Nous sommes dans le thriller car l’un compte bien tuer l’autre, mais nous débarquons très rapidement dans la Série B horrifique quand ils tombent l’un et l’autre dans le bunker oublié d’un taré rescapé de la WWII. Ouf, on évite ensuite le « torture porn » en privilégiant le huis-clos psychologique et les thématiques survivalistes…

– Je m’appelle Seiichi Kirishima. Ma famille, c’est vous !

Masasumi Kakizaki appartient comme moi aux masses stalloniennes, tellement vilipendées par le petit monde de l’entre-soi élitiste (tellement nostalgique de l’Ancien Régime où le gueux n’avaient pas d’autre fonction que de rapporter du pognon aux riches #Davos #MEDEF #Reagano-thathéro-macronisme). Vous pensez que j’exagère ? Certains disent très haut ce que leur caste pensent de moins en moins bas :
https://www.marianne.net/politique/n-oubliez-pas-qu-s-adresse-des-ce1-ou-des-ce2-en-reunion-le-president-du-loir-et-cher

Pour ne rien gâcher c’est un passionné, et cela se sent dans ses œuvres comme dans ses propos. Il est donc un champion de la culture populaire, avec toute la vista graphique en clair obscur que ses lecteurs et ses lectrices lui connaissent déjà. Ici sa grande qualité est de suivre les pas de Stephen King (les vrais savent), mais ici son grand défaut est aussi qu’il n’a pas tout le talent de Stephen King (les vrais savent). Peu importe, il arrive à fusionner un récit en analepse plus ou moins intimiste aux thématiques de Massacre à la tronçonneuse le film polémique de Tobe Hoober (donc à marier le littéraire et le visuel, le fond et la forme). En effet nous suivons la transformation du narrateur en monstre, sauf qu’il est bien possible qu’il se soit déjà transformé en monstre à l’insu de son plein gré avant même qu’il ne commence à raconter (à radoter ? à halluciner ?). Car dans les limbes souterraines du bunker oublié un monstre en remplace un autre de son plein gré, et le moteur de l’intrigue c’est l’implacable « dictature » des « valeurs familiales »… L’enfer, quand ce n’est pas soi-même c’est toujours les autres !

En bref, un excellent one-shot tant dans sa conception que dans sa réalisation, dans sa forme que dans son fond, qui ne souffre que du défaut que d’arpentés des voies déjà explorées par de nombreux artisans et de grands artistes de la veine horrifique. Un néophyte va kiffe

note : 7,5/10

Alfaric

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