David Petersen
(scénario & dessin)

Légendes de la Garde : La Hache Noire

Comics, Fantasy
Publié en VF le 16 janvier 2014 chez Gallimard
Publié en VO entre décembre 2010 et février 2013 chez Archaia Entertainment (« Mouse Guard: Black Axe »)

Au printemps 1115, le jeune Celanawe se voit investi d’une mission : escorter Em, sa dernière parente, pour retrouver la Hache noire. Cette arme mythique, qui passe de main en main depuis la nuit des temps, a été forgée par un mystérieux ancêtre, et quiconque la porte doit veiller secrètement sur le peuple des souris. Une quête qui entraîne Celanawe au-delà du danger, vers les mers inconnues et les contrées lointaines…

Malheur aux peuples qui ont besoin de héros, et plus encore à ceux qui ont besoin de légendes…

Celanawe est Lancelot du Lac, à savoir le meilleur chevalier du monde.
Bronwyn est Guenièvre ,à savoir la meilleure souveraine du monde.
C’est dans le plus grand secret qu’il vive passionnément leur amour, mais entre eux deux il y a la sauvegarde du peuple souris et Bronwyn est persuadée que Celanawe est appelé à un destin plus grand et plus noble que celui de héros de la Garde. Mais aussi que le chemin qu’il va devoir arpenter est ressemble à une vallée de peines et de larmes. C’est guidé par sa cousine érudite Em et accompagné par le marin vantard Conrad qu’il fait route sur la Mer du Nord vers l’Île d’Ildur où aurait été perdue la légendaire « Hache Noire », symbole d’espoir pour tout le peuple souris (le héros, le compagnon et le code gandalfien : les vrais savent). Car Em et Celanawe sont les descendants de Farrer celui qui l’a forgée, et le rôle de leur lignée est de trouver à chaque génération celui qui doit la porter. Et ils doivent réussir là où Ben le frère d’Em a échoué, en confiant les espoirs de tout un peuple à Merek le Fou qui a volontairement basculer du Côté Obscur de la Force !

La mort est une arme puissante et une échappatoire facile. Les héros deviennent des légendes, les légendes génèrent de nouveaux mythes, les mythes créent de nouveaux héros.

On peut encore lire des conneries du genre « dommage qu’avec un héros, une quête et un artefact on soit dans les poncifs de la fantasy »… La beauté et la laideur sont définitivement dans les yeux de ceux qui regardent, car ici David Petersen livre un travail graphique et scénaristique magistral. A Ildur le royaume de Luthebon est entièrement calqué sur le royaume de Hrothgar au Danemark (remember Beowulf, les vrais savent), mais l’auteur s’inspire du passé pour le dépasser. Le roi furet ennemi du peuple souris est ici un souverain qui place les valeurs au-dessus des intérêts, qui suscite la peine quand il perd son fils et qui suscite l’admiration quand il n’hésite pas à châtier l’un de ses proches quand ce dernier trahit la parole qu’il a donnée (Macron, Ben Alla et toute la clique LAREM sont loin de tout ça hein)… Mieux encore le renard qui ici remplace le dragon suscite tout autant l’empathie que le héros souris et le roi furet, car ce n’est qu’une mère qui défend et nourrit ses petits. Plus que jamais nous devons tous apprendre à vivre comme des frères ou à mourir comme des idiots.

Mieux encore la quête que doit accomplir Celanawe n’est pas celui d’un artefact mais celui d’un homme. En découvrant l’Histoire Secrète de son peuple à travers les arcanes de Locke, Omarr, Farrer et Thruston, il découvre que rien ne peut s’accomplir sans Nouvel Espoir, donc sans hommes ou femmes pour l’incarner générations après générations. Lui gardien de la Hache Noire compte faire de Conrad le porteur de la Hache Noire car il a vu le meilleur en lui, mais Conrad a moins bien supporté que lui les affres de la vie et les rudes épreuves de leur Odyssée. Celanawe qui davantage qu’un voyage au bout du monde a accompli un voyage au bout de lui-même et au bout de l’humanité n’a plus le choix… Il disparaît de l’Histoire pour entrer dans la Légende, et malheureusement sa bien-aimée Bronwyn n’en saura jamais rien à cause de cette saloperie de destin !

En épilogue, Lieam héritier de Celanawe apprend comment la Force a été ébranlée par Benn le « gardien » ayant choisi Merek comme « porteur » (Obi-Wan Kenobi, Anakim Skywalker, et tout ça : les vrais savent). Il aura fallu tous les sacrifices du dernier gardien descendant du premier gardien pour rétablir l’équilibre dans la Force. La tâche de Lieam est immense, mais il n’est pas seul avec Kenzie et Saxon, ainsi que tous leurs anciens compagnons : UN POUR TOUS, ET TOUS POUR UN !!!

 

Graphiquement les dessins collent tellement au propos que j’en suis personnellement bluffé. Le découpage très inhabituel pour un comic se traduit néanmoins par une mise en scène aussi jolie dans l’action épique que dans la contemplation nostalgique. Mais le plus frappant c’est la minutie des détails : nous sommes dans la fantasy animalière mais chaque vêtement, chaque ustensile, chaque bâtiments est issu d’un immense travail de recherche historique sur l’époque médiévale. Je ne sais pas comment l’auteur prendrait ma pensée, mais force est de constater qu’il aurait fait un chef-décorateur du tonnerre au cinéma…

On approche des 200 pages pour un album qui met en avant tous les éléments du Héros aux mille et un visages, un mythe universel apprécié dans tous lieux en dans toutes les époques depuis l’aube de l’humanité mais vilipendé de tous les côtés par les élites autoproclamées. C’est la preuve s’il en fallait encore que ces pseudo-élites de nos couilles / ovaires sont au mieux la lie de l’humanité si elles appartiennent encore à l’humanité : CQFD !!!

note : 9/10 (OMG suis-je déjà en train de basculer du Côté Obscur en ne mettant pas 10/10 ?)

Alfaric

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