Shinjirô
(scénario & dessin)

Nosferatu, tome 2

(pour public averti)

Manga, fantastique / horreur
Publié en VF le 13 janvier 2021 chez Soleil Manga
Publié en VO en 2018 par Kadokawa Shoten dans Young Ace (« Shuumatsu no Nosferatu / 終末のノスフェラトゥ »)

Cherchant à comprendre les mystères qui entourent les nosferatus, la petite bande se dirige vers le Pays des nosferatus, mais croisent des missionnaires du clergé en chemin. Ces derniers, bien organisés, donnent du fil à retordre à Laura, finalement secourue par une autre nosferatu. À travers ses rencontres avec l’autoproclamé roi Nicolaï, mais aussi Elein, qui a des informations sur son passé, et Tom Archie, le sage de l’Est, Laura découvre petit à petit le sens de son existence…

Le tome 2 est aussi ambivalent que le tome 1. C’est bien dessiné, c’est plein de bonne volonté, il y a de bonnes idées, mais cela manque clairement de maturité… Il y a trop de moments où je me suis demandé s’il ne manquait pas des scènes dans le récit ou des tirades dans les dialogues. Ce n’est pas comme dans les mangas bleachiens où on dit tout et son contraire dans la même page, mais on peine à comprendre les personnages et leurs motivations avec une mauvaise gestion des informations. Je ne sais bien que l’héroïne Laura est amnésique, mais c’est très loin de tout expliquer !

Laura recherche Nikolaï le roi des vampires pour avoir des réponses à ses questions, accompagnés par le jeune Moroï qui est immunisé à la soif de sang et la jeune Élisabeth Báthory qui a rejoint les créatures de la nuit. Sauf que l’émule de Dracula s’est lancé dans une guerre de conquête pour agrandir son espace vital, et que l’Église lui envoie ses meilleurs troupes commandés par Tom Archie le Sage de l’Est qui se prétend « l’homme le plus fort du monde ». La Team Laura est prise entre deux feux, et cela amène du rythme et du suspens (d’ailleurs trop de rythme et pas assez de suspens)…

– L’Eglise n’est qu’une organisation. Je n’ai pas besoin d’eux pour avoir Dieu et la justice en moi.

La première idée,
c’est que Moroi fait le médiateur entre Laura qui est en quête de réponses sur son passé et Élisabeth qui est en quête de réponse sur son avenir. Elle est encore attaché à sa famille et à son nom, et elle veut venger son père tout en retrouvant son frère. Mais dès la mise en place de ce trio ça dérape, car a mots couvertes on annonce très rapidement qu’il n’a aucune chance de retrouver vivant l’héritier des Báthory, Laura se fourre toujours dans les emmerdes, et ses deux side-kicks s’élancent toujours à sa poursuite pour se fourrer eux-aussi dans la gueule du loup. Ce générateur de rebondissements peut vite devenir lassant…

La deuxième idée,
classique est efficace, est le fléau de l’immortalité. Les vampires ne peuvent pas mourir, mais trop gravement atteints c’est leur esprit qui se dégrade plus ou moins rapidement au point de perdre toute humanité. Et le processus est d’autant plus rapide que les vampires semblent régis par le loi du plus fort, et que les gagnants semblent envoyer les perdants en « camps de rééducation » pour être « purifiés » (autrement dit lobotomisés). Ce qui me rappelle de mentionner aux bien-pensants qui intellectualisent leur islamophobie l’existence des « camps de rééducation » américains aux Îles Philippines pour « purifier » le adolescents récalcitrants, ou les « centres d’élévation de l’âme » des milliers de sectes de l’Asie Orientale (les mêmes causes produisent les mêmes effets, pas la peine de se gargariser d’être moins pire que l’autre qu’on n’aime pas et dont on a peur parce qu’il n’est pas comme nous)…

La troisième idée,
c’est que c’est Elein épouse de Nikolaï et amie de Laura qui fait avancer le récit. Je passe sur l’indécrottable machisme des Japonais, car à chaque fois qu’il présente une femme forte c’est pour mieux montrer ensuite que c’est une femme soumise sans aucune personnalité. C’est très étrange qu’Elein qui est très bavarde sur l’histoire du peuple vampire soit aussi laconique sur le propre passé de Laura qu’elle ne connaît que trop bien (parce qu’elle mise sur Laura qui serait la seule à conserver son humanité malgré les « rééducations » à répétition de son frère Arnolt ?)… Grosso modo les rescapés de la grande purge se sont regroupés dans un village caché pour survivre, les tensions sont montées et les différentes idéologiques ont dégénéré en guerre civile. Et le grand gagnant semble avoir été Nikolaï, un taré suprématiste qui veut reformater le monde à son image : les vampires doivent dominer le monde, et lui qui est le plus fort d’entre eux doit le diriger… Et là je ne comprends pas : l’Église qui s’est montrée d’une redoutable efficacité pour tester, isoler et éliminer les vampires a laissé le plus dangereux d’entre eux se tailler un fief sans réagir. Quand je dis qu’il manque des pièces au puzzle !

Avec tous ces mes mec musclés qui prennent la pose entre deux scènes horrifiques plus ou moins gores, on pourrait croire à un retour des vampires glamrock de Battle Tendency (JoJo’s Bizarre Adventure, les vrais savent). Oui mais non, les Japonais sont indécrottables : on commence par une scène lesbienne en couverture, on enchaîne par des casses nichons et fesses peu fréquentes certes mais totalement hors de propos, et on termine par le mercenaire George qui change d’avis comme de chemise et qui à la fin du tome se met martel en tête de violer l’héroïne paralysée après un coup à la colonne vertébrale…. Soupirs…

note : 6+/10

Alfaric

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