Shinjirô
(scénario & dessin)

Nosferatu, tome 3

(pour public averti)

Manga, fantastique / horreur
Publié en VF le 14 avril 2021 chez Soleil Manga
Publié en VO en 2018 par Kadokawa Shoten dans Young Ace (« Shuumatsu no Nosferatu / 終末のノスフェラトゥ »)

Tom Archie et Nicolaï, le roi du pays des nosferatus, campent sur leurs positions et s’affrontent ardemment. Témoin des combats, Laura découvre enfin de fameux pays des nosferatus et recouvre peu à peu la mémoire. Les habitants de ce territoire se seraient autrefois entretués, vraisemblablement poussés par Arnolt et elle. Bien que fortement ébranlée par ce qu’elle bien d’apprendre, Laura doit rapidement se ressaisir et reprendre les armes car un nouvel ennemi approche : Ivan, le coupeur de tête fou…

Cette série consacrée au vampirisme est toujours aussi séduisante sur la forme malgré quelques défauts. Mais elle est toujours aussi confusante sur le fond avec de bonnes idées à la conception, mais d’abord et surtout des maladresses dans leur exploitation. Ce n’est pas mauvais, ce n’est pas moyen, mais c’est inabouti donc c’est frustrant. Après c’est pour public averti hein ! Alors certes on a la main leste avec le gore, mais on aurait pu s’épargner un ou deux trucs malsains (comme ce viol collectif qui se transforme en profanation nécrophile)…

Dans un premier temps, Laura s’immisce dans le duel au sommet entre Nikolaï le roi des vampires et Tom Archie le Sage de l’Est. On a un droit de quota de flashback intéressant : Nikolaï et Elein se sont aimés, l’un devenant vampire par amour de l’autre, et ils préfèrent partir ensemble que d’être rattrapés par le fléau de l’éternité qui érodent tout y compris les sentiments…

Dans un deuxième temps, Laura revient dans l’ancien refuge des vampires et découvre le savant Rinne, son assistant et son dernier cobaye en date. Sauf qu’ils sont rejoints par Arnolt poursuivis par les mercenaires d’Ivan le coupeur de tête et sa chimère pieuvre / éléphant… Donc gros combat souterrain dans des tunnels dans le noir !

La vie, c’est comme l’écume… Ça se crée et s’efface facilement. Dieu a voulu les homme ainsi.

Il y a des choses bien faites comme le fait que l’Église traque les vampires comme des nuisibles en se servant de leurs subordonnés comme d’une meute de chien pour les débusquer, l’épéiste gaucher qui toujours traité en monstre se trouve des points commun avec les vampires, les explications sur les chimères, ou la malédiction de l’immortalité*…

Mais c’est un peu survolé, et on passe d’une scène à l’autre de manière très pour ne pas dire trop rapide (on a l’impression que comme dans un jeu vidéo l’univers ne fait que quelques kilomètres carrés). Déjà qu’on a opportunément tel ou tel personnage immunisé à la soif de sang, on a maintenant Laura qui se découvre un super-pouvoir spécial alors même que tel ou tel vampire développe des capacités sanguinaires… Non, évitons les grosses ficelles des shonens mainstream des années 2000 !

J’ai eu l’étrange impression que les personnages étaient spectateurs et non acteurs du récit. Il y a beaucoup trop de « zen attitude » face aux événements, et que certains d’entre eux semble carrément se désintéresser des événements. Après c’est peut-être voulu, puisque Shinjirô développe l’idée que les vampires perdent leur sensibilité au fur et à mesure des douleurs et des malheurs qui s’accumulent sans possibilité de leur échapper… Sauf Laura qui perd la mémoire à répétition, et Arnolt persuadé qu’il a été envoyé par Dieu pour purifier le monde de l’humanité !

* Dans le cycle de la vie et de la mort, chaque génération est destinée à remplacée la génération précédente. Si on supprime ce cycle, on se retrouve avec des vieux barbons éternels qui s’accrochent à la direction d’un monde qui n’existe plus face à des immortels éternellement adolescents qui n’ont rien d’autre à faire que de ronger leur frein…

note : 6,5/10

Alfaric

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