Sylvain Cordurié​ (scénario)
Jean-Charles Poupard (dessin)

Orcs & Gobelins, tome 14 :

Shaaka

Bande dessinée, fantasy / heroic fantasy
Publiée le 25 août 2021 chez Soleil

Dix années durant, Shaaka a été aux ordre du Margrave Egilon, le gouverneur de la cité-état d’Alprémont située sur l’île d’Enghien. Lassé de risquer sa peau pour des nèfles, elle a fini par se mettre à son compte et vit désormais de petits contrats. Jusqu’au jour où le Margrave vient lui demande son aide. En vue de s’approprier un gisement d’or à la frontière de l’Ourann et de l’Yrlanie, il a empoisonné les points d’eau aux alentours pour éliminer les clans orcs qui traînaient là. Il s’est ainsi attiré les foudres de Wog’Ornak, un orc légendaire qui va venir exercer sa vengeance. Pour sauver sa fille Lynewe, le Margrave veut que Shaaka lui fasse quitter l’île.

Shaaka se définit elle-même comme une peau-verte citadine. Elle aime boire et manger, les bains chaud et lits suffisamment robuste pour sa grande carcasse. Recueillie par une famille patricienne, elle a été élevé en guerrière et assassine pour servir de d’exécutrices des basses œuvres à son nouveau clan. Mais quitte à effectuer un boulot de merde, autant l’effectuer à son compte car on s’épargne l’arrogance et le mépris des riches et des puissants. Quelle surprise quand son ancien patron, le Margrave Egilon vient la supplier d’accorder à sa requête somptueusement rétribuée…

Le « créateur de richesses » Egilon et ses faux-airs de Tywin Lannister incarne à la perfection la crevardise des élites autoproclamées. Il ne pense qu’au pouvoir et qu’à l’argent, il est prêt à tout à au reste pour les augmenter, quitte à commettre les pires dégueulasseries possibles et imaginables. Mais voilà, il trop vouloir jouer persuadé de sa totale impunité il a grave merdé… Il a voulu empoisonner les tribus orques d’Oran pour s’emparer de leurs terres et de l’or que à moindre coût, comme n’importe quel tycoon yankee persuadé qu’il y a ceux qui sont tout et ceux qui ne sont rien (macron copyrigth). Sauf que ses agents se sont faire prendre et ont lâché son nom aux familles des victimes. C’est Wog’Ornak, la Colère des Dieux sur Terre, qui est désormais à ses trousses et il a juré de le faire souffrir avant de le détruire…

– Ta race a le goût du meurtre dans le sang !
– Si on va par là, la tienne aussi. Même si vos crocs sont moins apparents et que vos manières font parfois illusions.

Egilon demande à Shaaka de conduite Lynewe sa fille unique en lieu-sûr, pour qu’elle puisse avoir accès au magot qu’il a planqué dans les paradis fiscaux de la Banque de Pierre. Nous sommes donc dans une bonne vieille histoire de cavale, avec un vieux baroudeur pragmatique et une jeune ingénue idéaliste en mode Black Mama, White Mama. Sauf que la vieux baroudeur est une orque pas si pragmatique que cela, et que la jeune ingénue n’est aucunement idéaliste…

L’antihéroïne a une mission. Ses alliés la suivent parce qu’ils croient elle, mais ils doivent protéger une vipère des affaires qui les tuera dès qu’elle n’aura plus besoin d’eau En face pas de méchants, mais des justiciers mandatés par leur peuple pour les venger en châtiant les coupables d’un génocide comme les Amérindiens en ont tant connu de la part des dirigeants WASP. Si ensemble respire le western antisocial des années 1970, tout cela nous amène à une chute à la GRR Martin, mais inversée (les vrais savent où je veux en venir). Mais avant cela Shaaka et ses alliés à la fois forgerons et contrebandiers vont devoir affronter ceux que les Peaux-Vertes surnomme « les Immortel »…

 

Au final un bon album de Sylvain Cordurié, assisté de Jean-Charles Poupard aux dessins et de J. Nanjan aux couleurs. Il y a toutefois deux bémols à signaler :
– les dernières pages m’ont paru moins soignées et moins détaillées que les autres planches de l’album
– c’est un peu bavard hein, les scènes d’action n’ont pas besoin de lourds phylactères à chaque case…

note : 8-/10

Alfaric

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