Olivier Peru (scénario)
Ma Yi (dessin)

Orcs & Gobelins, tome 15 :

Lardeur

(pour public averti) 

Bande dessinée, fantasy / dark fantasy
Publiée le 03 novembre 2021​ chez Soleil

La terre des Ogres, ses déserts, ses tempêtes de sable, ses immenses temples oubliées emplis de cadavres… S’ils avaient su ce qui les attendait là-bas, Lardeur et sa bande de mercenaires ne seraient jamais descendus aussi loin au sud des Terres d’Arran. Mais quand la mort est à vos trousses, et que vous avez tout perdu, que vient le temps d’embrasser la Faucheuse, autant se présenter à elle en véritable cul-vert, le poing serré et la rage au coeur.

Ce tome 15 intitulé Lardeur est très classique dans la collection Orcs & Gobelins comme on au sein de production d’Olivier Peru marqué au fer rouge du chagrin depuis la mort de son frère. On retrouve donc ce mélange de valeurs familiales et de « noir c’est noir il n’y a plus d’espoir. ». L’auteur s’enfonce toujours plus loin dans les ténèbres humaines mais à force de chercher il finit tôt ou tard par trouver la lumière de l’espoir…

La Team Lardeur composée d’Orcs, de Gobelins et d’un Elfe Bleu est plus ou moins une filiale de le Compagnie du Croc de Fer. Ils ont peu déconné, car un partie de cartes avec les membres de la milice Blanche de Frilonne a dégénéré en pugilat généralisé, et après l’incendie de la taverne tout le monde se retrouve dans le désert au beau milieu d’une gigantesque tempête. Au milieu la Team Lardeur est la première à se réfugier dans une oasis transformée en forteresse par les Nains avant de laisser la place aux humains. Ils sont ainsi généreusement et chaleureusement accueilli par trois petits vieux qui plus que le gîte et le couvert leur offre un véritable gueuleton… Les serviteurs muets et inexpressifs auraient dû leur mettre la puce à l’oreille !

– Je me dis souvent qu’il y a davantage de choses qui nous divisent que de choses qui nous rassemblent… Mais comme chaque fois en des moments pareils, la vérité sur notre bande apparaît. On forme une famille. Surtout quand on s’aventure aussi loin en terre des ogres, qu’on doit fuir une foutue milice à travers une tempête de sable, que la moitié des nôtres est mal-en-point…. Et que l’autre ne l’abandonne pas. C’est ça, la famille. Orcs, Gobelins, Elfe… Ensemble, on partage les plus mauvaises soupes que nous sert l’existence, on affronte tout ce qui se met en travers de notre route sans jamais mettre un genou à terre. Parfois on gagne, souvent on perd. Mais on avance toujours.

Ben oui vous l’avez vu venir le coup des gros sadiques qui éloignés de tout s’amuse à humilier, mutiler, torturer et tuer leurs invités. Mais originalité n’est pas synonyme de qualité, car c’est dans les vieux pots qu’on fait fait les meilleurs confitures. Dans un véritable labyrinthe, le chef Lardeur, le vieux Soretonn, l’Elfe Bleu Alyoss et les gobelins Lana et Lambik vont essayer de survivre pour retrouver les leurs, quittent à collaborer avec les humains avec lesquels ils se sont auparavant foutus sur la gueule.

On aborde bien sûr les thématiques survivalistes, mais Lardeur n’est aucunement dupe de tous les choix qu’on lui propose qui promettent la vie à la minorité à condition de sacrifier la majorité, voire qui lui promettent la vie à lui seul s’il abandonne tous les autres. Le turbolibéralisme en quelque sorte : la guerre de tous contre tous, sous le regard des élites autoproclamées. Mais on abandonne jamais les membres de sa famille, et de toutes les manières si personne n’est au courant du Labyrinthe de la Mort, c’est que les « Les Trois Vieillards du pays d’Aran » n’ont aucunement l’intention de laisser quelqu’un en sortir vivant. (En fait ils adorent réduire à moins que rien les plus forts physiquement et les plus forts psychologiquement, et ceux qui parviennent au bout de leurs épreuves sont transformés en esclaves lobotomisés)

ATTENTION SPOILERS L’épilogue est amer pour Lardeur qui n’aura même pas réussi à retrouve l’autre moitié de son groupe, et à qui on a fait manger les restes de son propre frère. Il s’est toujours battu pour trouver un havre de paix pour lui et les siens, et non seulement les siens ne sont plus là pour en profiter mais en plus c’est le lieu où ils ont connu un sort pire que la mort. Courage Olivier Peru, nous autres lecteurs et lectrices comprenons ton chagrin et ta colère. FIN SPOILERS

 

J’aurais pu dire comme pour le tome 26 de la série Elfes qu’on retrouve les délires du Baron Sukumvit de sinistre mémoire pour ceux qui ont connu la grande aventure des Défis Fantastiques. Mais ici on n’est pas dans Hunger Games, et les jeux du cirque sont remplacés par des pièges et des puzzles d’une cruauté et d’un sadisme qui nous rapprochent de la saga torture porn Jigsaw. C’est absolument dégueulasse du début à la fin, alors ne mangez et ne buvez pas trop avant la lecture de cette album !
Les graphismes de l’artiste chinois Ma Yi qui assure les dessins et les couleurs sont impeccables, avis aux amateurs qui n’ont pas peur de la noirceur de l’imaginaire d’Olivier Peru.

note : 8+/10

Alfaric

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