Arnaud Delalande et Simova Mogavino (scénario)
Carlos Gomez (dessin)

Reines de sang : Catherine de Médicis la Reine Maudite, tome 1

Bande dessinée, histoire / XVIe siècle
Publiée le 26 septembre 2018 chez Delcourt

6 mai 1527, les Lansquenets font le siège de Rome. Non loin de là, sur la colline adjacente, Charles III de Bourbon attend le moment propice pour lancer ses forces dans l’attaque. C’est le point d’orgue d’une croisade antipapiste. Les gardes suisses font tout leur possible pour mettre le pape Clément VII à l’abri. Mais le très saint père est rattrapé par les assaillants.

Qui sème le vent récolte la tempête… A force de jouer la balance et la bascule entre l’Espagne et la France pour conserver le contrôle de la péninsule italienne le pape Clément VII, fils illégitime de Julien de Médicis assassiné dans la cathédrale de Florence lors de la conspiration pazzienne, a été trop loin en trahissant Charles Quint par la formation de la Ligne de Cognac. C’est un empire mondial qui lui tombe dessus, et la mort de Charles III de Bourbon snipé par un tireur embusqué n’arrête en rien les troupes impériales reprises en main par Philibert de Chalons… le 6 mai 1527 les murailles tombent : pour les soldats lansquenet c’est la fin du calvaire, pour la population romaine c’est le début du cauchemar !

Mais ce qui nous intéresse, c’est que le 6 mai 1527 la jeune Catherine Médicis arrière-petite fille du Magnifique sort avec sa sœur de lait Luisa dans les rues de Florence où les révolutionnaires républicains et les fanatiques savonaroliens décident de refaire la guéguerre des Guelfes et des Gibelins avec la bénédiction de Charles Quint : c’est l’émeute, Luisa est massacrée et Catherine n’est pas loin d’être lynchée quand intervient un bon samaritain qui en ce jour d’agitation agit comme un saint homme… Son nom est Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni alias Michel-Ange, et les dés du destin sont jetés !

Si l’on ne sait pas pardonner, on scie la branche sur laquelle on est assis !

C’est la même équipe qui a lancé la série Les Reines de sang avec Aliénor la légende noire qui ici récidive ici avec Catherine de Médicis la reine maudite. S’il est trop tôt pour comparer sur le fond les scenarii d’Arnaud Delalande et Simona Mogavino, force est de constater que sur la forme le travail des artistes argentins Carlos Gomez au dessin et José Luis Rio aux couleurs a sacrément gagné en qualité : waouh c’est super beau à tous les niveaux ! Ce qui peut néanmoins être gênant c’est qu’on alterne entre la chronique et la biographie, ce qui nécessite une bonne attention et/ou une bonne connaissance de la Renaissance : d’un côté on suit Rome plongée en enfer avec un pape Clément VII qui au bord du gouffre continue ses petits games of thrones à la con en se rabibochant avec Charles Quint tout en préparant sa prochaine trahison en faveur de François Ier, et d’un autre côté on suit Florence de nouveau plongée dans les affres de la guerre civile avec les parents et les amis de Catherine, tous otages des événements provoqués par le leader de leur clan, qui se démènent pour la sortir du Couvent de Santa-Lucia où elle a été emprisonnée, un infâme repaire de fanatiques savonaroliens !

La fin du tome reprend après une ellipse en 1533, où Catherine rejoint la Cour de France en vertu des alliances contractées par son parent et parrain Clément VII. Malgré le soutien de son époux et l’accueil chaleureux de de son beau-père François Ier, en tant qu’étrangère et roturière elle se fait bolosser par toutes les pétasses aristocratiques de France et de Navarre… Sauf que le dauphin décède subitement et qu’elle devient de facto Reine de France ! C’est là qu’intervient peut-être l’autre bémol que je pourrais objecter à cet excellent tome 1 : la série veut mettre en scène des « méchantes », donc on sent bien que si Clément VII meurt empoisonné c’est sans doute de son fait et le fruit de sa vengeance, mais le doute reste permis concernant la mort mystérieuse, lugubre et obscure du dauphin… Est-elle aussi du fait de la reine des poisons et cette fois-ci le fruit de son d’ambition ? To Be Continued !

note : 8,5/10

Alfaric

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