Marie & Thierry Gloris (scénario)
Joël Mouclier (dessin)

Reines de sang : Cléopâtre la Femme Fatale, tome 1

(pour public averti)

Bande dessinée, histoire / antiquité
Publiée le 23 août 2017 chez Delcourt

Cléopâtre monte sur le trône d’Égypte à 18 ans. Elle accède au pouvoir en même temps que son frère cadet, Ptolémée. Rapidement, elle prend l’ascendant mais leurs querelles au départ anodines se muent en guerre ouverte où son frère cherche à l’éliminer. Retranchée, elle ne voit qu’un allié possible : Julius César qui vient d’écraser sur un coup de dés l’armée de son rival, Pompée.

Décidément la série Reines de sang ne manque de bons sujets pour faire de bonnes histoires, car après Aliénor la légende noire, Isabelle la louve de France, Frédégonde la sanguinaire, et Tseu Hi la dame dragon nous découvrons Cléopâtre la reine fatale !

Tandis que César et Pompée joue un game of thrones à l’échelle de la Mer Méditerranée, nous suivons un Dallas antiquisant que n’aurait pas renié HBO grand spécialiste des séries grimdark : Cléopâtre VII la peste, Ptolémée XIII le sale gosse, Pothin l’eunuque comploteur et Didia l’esclave espionne, le rusé ministre Appolodore et le bouillant général Achillas, Hopi l’ancienne favori nubien et Skall le nouveau favori celte… Ah ça les auteurs font bien sentir bien que Cléopâtre est un garce en privé et une crevarde en public, mais c’est une femme dans un monde gouverné par les hommes donc toutes les armes sont bonnes pour survivre, combattre, et qui sait remporter la victoire… Il faut dire que comme tous les personnages sont dotés d’une profonde amoralité, ses côtés détestables ne suscitent pas l’antipathie pour autant : d’un côté elle dégage autant de charisme qu’une Gina Lollobrigida de la grande époque, et d’un autre côté elle ressemble tellement à ces aristocrates qu’on adore détester, et dont on suit les frasques avec un plaisir coupable à peine dissimulé…

Le monde appartient aux audacieux.

Après Meridia, le très bon et sans doute très mésestimé Thierry Gloris retrouve son vieux compère Joël Mouclier qui lui offre donc nous offre des graphismes aux petits oignons très colorés et très expressifs. Ils s’entendent comme larrons en foire (un peu trop d’ailleurs, il y a pas mal de scène assez crues), du coup ce tome associe très bons dessins et très bons dialogues pour une très bonne histoire sublimée par la touche féminine apportée par Marie Gloris… Que demander de plus ? D’autres tomes du même niveau évidemment !

PS : mention spéciale pour le singe des Aventuriers de l’arche perdue

note : 8,5/10

Alfaric

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