Luc Ferry (histoire)
Clotide Bruneau (scénario)
Giuseppe Baiguera (dessin)
Didier Poli (direction artistique)

La Sagesse des mythes :

L’Odyssée tome 2,

Circé la magicienne

Bande dessinée, fantasy / mythologie
Publiée le 04 septembre 2019 chez Glénat

Le voyage d’Ulysse continue ! Après avoir affronté et vaincu le redoutable Polyphème, Ulysse et les siens poursuivent leur voyage pour Ithaque. Mais le pire est peut-être encore devant eux… Prochaine étape, l’île des Lestrygons, un peuple de géants féroces et anthropophages…

Ce tome 2 intitulé Circé la magicienne comme le tome 1 enchaîne les péripéties plus qu’autres chose… La flotte d’Ulysse se fait détruire par les géants Lestrygons (WTF ? Les Lestrygons « civilisés » agissent exactement comme Polyphème « barbare » et à ma connaissance aucun spécialiste de la mythologie ne s’est penché sur la question), puis on enchaîne sur l’épisode Circé où le héros aux milles ruses finit par devenir l’amant de la vilaine aux milles enchantements (putain, c’était tellement mieux dans l’anime Ulysse 31 où la femme magicienne attendait désespérément l’homme guerrier capable de l’accompagner dans sa révolte contre les dieux !).

Circé plus sage qu’Ulysse laisse son amant rentrer chez lui, mais c’est sans enchaînement qu’Ulysse effectue une catabase pour récupérer auprès du défunt devin Tirésias le moyen de rentrer chez lui : Ajax lui fait la gueule, Agamemnon lui apprend qu’il s’est fait assassiner à son retour par sa femme et son amant, et Achille lui explique qu’il s’est trompé du tout au tout et qu’il aurait préféré vivre anonymement plutôt que de mourir glorieusement… Suit l’épisode des sirènes (où les femmes-oiseaux se suicident après leur échec : encore une fois on exploite la version la moins intéressante et la moins pertinente du mythe), des monstres hybrides Charybde et Scylla, et le supplice de Tantale des bœufs d’Hélios en Sicile avant que seul survivant Ulysse ne débarque sur l’île de Calypso…

La seule plus-value du tome 1 disparaît puisque Giovanni Lorusso est remplacé par Giuseppe Baiguera, dont la principale qualité est d’essayer de coller au style de son prédécesseur mais malheureusement il dispose d’un peu moins de talent. Donc on tombe dans une série moyenne…

A quoi bon retenir un amant contre son gré ?

On met en avant l’idée qu’Ulysse qui respecte jusqu’à la connerie les règles édictées par les puissants plutôt que de vivre sa vie vaut mieux que tous les autres qui préfèrent vivre leurs vies plutôt que de suivre jusqu’à la connerie les règles éditées par les puissants. J’ai eu la très désagréable impression que les dieux immortels allégories des élites autoproclamées mortelles soumettaient les personnages à de sinistres expériences de Milgram : jusqu’à quel point les humbles sont capables de se soumettre aux caprices des puissants avant de se révolter donc de justifier leur châtiment aux yeux des puissants ? (IRL la pauvreté augmente dans tous les pays dits développés et les médias qui se prostituent pour eux continuent de nous expliquer que cette évolution suit le cours de l’histoire : ce ne sont que collabos destinés un jour au l’autre à se faire tondre les cheveux !)

Dans les appendices qui finalement ne servent à rien, Luc Ferry continuent de nous expliquer que toutes les épreuves subies par Ulysse ne sont là que pour le faire rentrer dans le rang, euh pardon à mener « une bonne vie ». On lui propose de tout oublier et de tout laisser tomber : il refuse ; on lui propose de cesser d’être un homme devenir un dieu : il refuse… Au final il rentre chez lui pour massacrer les prétendants, remettre au pas toute sa maisonnée et se faire tuer par son fils bâtard parce qu’il refuse de respecter les lois élémentaire de l’hospitalité : c’est « la bonne vie » prônée par le rentier privilégié Luc Ferry qui veut faire d’Ulysse un Candide antique … No Pasaran et fuck au reagano-thatchero-macronisme de mes couilles !!!

note : 5,5/10

Alfaric

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