Nikiichi Tobita
(scénario & dessin)

Shinobi Gataki, tome 5

Manga, fantastique / uchronie
Publié en VF le 12 novembre 2020 chez Kurokawa
Publié en VO en 2016 par Shogakukan dans Ura Sunday puis Manga One (« Shinobigataki »)

Toranosuke livre un duel à mort contre son ancien ami Kazemaru, responsable de l’assassinat de sa famille. Quelle va être l’issue de ce combat ? Pendant ce temps-là, Nobukage, le véritable responsable de tous ces tragiques événements, révèle son véritable visage et surtout l’incroyable puissance dont il dispose.​

Ce cinquième et dernier tome toujours très bien dessiné grâce à la bonne humeur et la bonne volonté de son auteur veut faire de l’epicness to the max, mais le résultat est handicapé par les maladresses bleachiennes de son scénario truffé d’incohérences des familles…

Tout commence par le duel entre les frères ennemis, à savoir le ninja Kazemaru et le samouraï Toranosuke. Le bras droit du méchant nous expliquer qu’il l’a laissé en vie pour faire parvenir à maturité Tama la plus puissance de ses invocations. Mais grâce à la force de l’espoir et de l’amitié, le samouraï reprend le contrôle de la créature qui a remplacé son bras droit et l’emporte sur son ancien compagnon d’armes.

Ensuite on a un grand classique, à savoir le grouillot du grand méchant qui entre en scène pour déclarer qu’il a possédé le rival du héros depuis le tout début et car il voulait un réceptacle puissant pour exister dans le monde des vivants. Et forcément on fait du pathos sur le fait que le samouraï doit tuer son ancien ami ninja pour se débarrasser du grand méchant de remplacement. Deus ex Machina avec de nouveau la force de l’espoir et de l’amitié et une technique secrète qui tombe à pic pour résoudre tout les problèmes…

Si nous devenons capables de mieux nous comprendre, je suis persuadé que l’on pourra vivre ensemble.

Tout s’enchaîne avec Tenjin Ashikaga que le grand méchant veut contrôler pour régner sur le Japon à travers lui. Il faut donc le neutraliser sans le tuer, et ce passage met en avant les compagnons du héros pour éviter de tomber dans le syndrome Goku / Seiya…

Au final le boss de fin ressemble fort au Docteur Hell de Mazinger Z : il veut devenir un dieu s’il n’en est pas déjà un. Après nous avoir expliqué que Kazemaru avait « créé » Nonukage Onaga pour s’en servir pour fonder une nation ninja, on nous explique que Nonukage Onaga a « créé » Kazemaru pour s’emparer de tous les pouvoirs des ninjas par cannibalisme (une vieille ficelle de manga dont on se passerait bien), donc on a un boss de fin doté de tous les pouvoirs qu’il a volés (une vieille ficelle de manga dont on se passerait bien) et surtout capable de régénérer à l’infini même tranché en deux ou découpé en petits morceaux (une vieille ficelle de manga dont on se passerait bien). « Tigre » et « Dragon » fusionnent leurs pouvoirs, et a une nouvelle fois on tire sur la corde de la force de l’espoir et de l’amitié pour pouvoir vaincre « Infini » (un jour je chroniquerai le film Le Temple du Lotus Rouge)…

L’épilogue est sympa, roublard et plein de valeurs humanistes. Cela fait toujours du bien en cette période de grimdark et de TINA reagano-thatchéro-macronien. Au final une série sympathiques et divertissante, mais qui ne passe pas le cut pour être mémorable : les très beaux dessins ne rattrapent pas suffisamment les maladresses ou les naïvetés du scénario, des dialogues et des personnages… L’auteur a un vrai talent de dessinateur, et il devrait s’associer à un vrai scénariste pour en tirer profit. Mais il peut aussi s’adonner aux joies du Kaijû Ega car il a d’abord et surtout un vrai talent pour dessiner les monstres géants !

note : 5,5/10 (un gros cliché en moins, et on aurait sans doute gagné 1 étoile)

Alfaric

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