Tsutomu Takahashi
(scénario & dessin)

Sidooh, tome 6

(pour public averti)

Manga, histoire / 19e siècle
Publié en VF en février 2008 chez Panini
Publié en VO de 2005 à 2010 par la Shûeisha dans le Shuukan Young Jump (« 士道 »)

Dans le navire noir en flammes, Kiyozo et son groupe affrontent le Bakufu. La situation semble à leur avantage jusqu’à ce que l’armée des étrangers n’intervienne en faisant parler la poudre. Ino est blessé dans la bataille… Serait-ce la fin pour les rebelles du Byakurentaï ?

​Dans ce tome 6, le Byakurentaï a réussi sa mission et compte bien se replier. Mais le Capitaine Johnson préfère détruire son propre bateau que de le voir couler par la faute de terroristes asiatiques. Donc pour se débarrasser d’une poignée d’opposants au gouvernement, il n’hésite pas à massacrer des dizaines de partisans du gouvernement. Après tout selon lui ce ne sont tous que des singes et non des êtres humains, donc peu importe. Il y a auraient ceux qui seraient tout et ceux qui ne seraient rien, mais on se compte une fois de plus que les élites occidentales qui se croient tout ne sont rien en fait… En fait il y a ceux qui ont le pouvoir et qui l’exercent et ceux qui ne l’ont pas et qui le subissent, mais attention le pouvoir est aussi volage que volatile !

Kiyozo Asakura répète à la perfection les mantra des nationalistes pour se faire passer pour un fanatique, mais on sait très bien que ce pragmatique n’est ni l’un ni l’autre. Donc quand il demande à ses compagnons de le laisser se charger d’Ino grièvement blessé on se dit qu’il va encore faire une saloperie. Oui mais non, il préfère partager le sort de son protégé devenu son compagnon d’arme plutôt que de filer à l’anglaise…

– Épée, pistolet… Ce n’est pas le moyen qui compte. C’est la fin.

Dans l’un des rares moments du manga où les dialogues sont importants, on apprend ainsi qu’il avait autrefois un frère et que c’est pour cela qu’il a mouillé sa chemise pour aider Shotaro et Gentaro. Donc il est bien un être humain, et non l’un de ces détestables homines crevarices autoproclamés premiers de cordée…

Tsutomu Takahashi maîtrise aussi bien les pages simples que les pages doubles en alternant découpage classique et découpage oblique. Il n’a nul besoin de mettre plusieurs phylactères par case pour faire passer toutes les pensées et toutes les émotions de ses personnages : ce qu’ils ressent dans le calme comme dans le chaos se lit sur clairement sur leurs visages. Mais attention, comme le savent ceux qui ont commencé la série NeuN, le mangaka n’est pas avare de changements de cap radicaux !

ATTENTION SPOILERS Maître Rugi fait le déplacement pour exécuter lui-même Kiyozo Asakura, histoire d’être sûr que personne ne soit au courant de ses magouilles et de sa politique de la girouette. Jusqu’au bout Shotaro et Gentaro espèrent que Maître Rugi va sauver leur mentor, mais c’est mal connaître ce crevard qui ne pensent qu’à sa grande gueule. Shotaro hérite du Byakurentaï, et le récit fait un nouveau bond dans le temps : il continuera à Edo où la cible sera non plus le Bakufu mais Maître Rugi ! To Be Continued !!! FIN SPOILERS

note : 8/10

Alfaric

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