Tsutomu Takahashi
(scénario & dessin)

Sidooh, tome 1

(pour public averti)

Manga, histoire / 19e siècle
Publié en VF en mars 2007 chez Panini
Publié en VO de 2005 à 2010 par la Shûeisha dans le Shuukan Young Jump (« 士道 »)

Au milieu du XIXe siècle, le Japon traverse une période de grands troubles. Emportée par l’épidémie de choléra qui ravage le pays, une mère laisse ses deux jeunes garçons orphelins. Shotaro, 14 ans et Gentaro, 10 ans, décident de devenir samouraïs comme leur défunt père et se mettent en quête d’un maître pour apprendre à manier le sabre. Ils devront affronter de nombreux dangers pour rester en vie…

Le Rainbow de George Abe et Masasumi Kakizaki était la chronique d’une nouvelle époque, où des gens ayant connu l’enfer se battaient bec et ongles pour un monde meilleur donc pour une vie meilleure. Au fond de la Boîte de Pandore se trouvait l’Espoir, et le manga tamisait toute la misère humaine pour trouver les pépites humaines qui te filait une pêche d’enfer. Le Sidooh de Tsutomu Takahashi c’est tout l’inverse, car nous sommes face à la chronique de la fin d’une époque avec des gens qui ont espéré un monde meilleur donc une vie meilleure mais qui en fait vont connaître l’enfer. Noir c’est noir il n’y a plus d’espoir, et on nous plonge et on nous noie dans la misère humaine avant de nous jeter au visage toutes les saloperies de l’humanité… A côté des heurs et malheurs de Shotaro et Gentaro, Rémi sans famille et Princesse Sarah c’est de la franche rigolade !

Le tome 1 début en 1858 dans le Province de Kazuza, et le choléra amené par les Occidentaux causes des ravages dans un Japon largement plus urbanisé que les pays occidentaux. Les frères Shotaro et Gentaro Yukimura, respectivement 14 et 10 ans, essayent de convaincre une prêtre de venir soigner leur mère. Par compassion ce dernier accepter de les aider, mais non seulement il n’arrivera pas à la sauver, mais il n’arrivera pas à se sauver lui-même de cette maladie hautement contagieuse…

Les faibles partagent tous le même sort : la mort !

ATTENTION SPOILERS Les deux frères se mettent martel en tête de suivre la voie du sabre pour devenir forts, et il font marche vers la capitale (qui a l’époque est Kyoto et pas encore Tokyo) avec le sabre que leur a laissé leur père avant de disparaître (mort en fuite, le doute est permis). Il tombe rapidement sur toute la lie de l’humanité (tueurs, voleurs, violeurs) avant de tomber sur le bretteur Kiyozo Asakura qui promet de les aider… Enfin, les aider c’est vite dit : il tue ses compagnons avant d’accuser ses nouveaux protégés, et après avoir volé le sabre de leurs père ils les confient comme domestiques à un temple qui est en fait une secte suprématiste dirigée par un émule de Thulsa Doom (d’ailleurs la ressemble avec le personnage interprété par James Earl Jones n’est sans doute pas fortuite)… Les deux frères sont tout heureux de pouvoir enfin manger à leur faim, avant de déchanter rapidement avec la torture de l’aîné et viol du cadet… FIN SPOILERS

On retrouve le style très caractéristique de Tsutomu Takahashi, un mangaka expérimenté qui avec ses graphismes à la fois réalistes et fantastiques a été le sensei du célèbre Tsutomu Nihei. Il faut bien cela pour regarder les abysses de l’âme de l’humaine et que les abysses de l’âme humaine te regardent… Car c’est une série éprouvante à réserver aux âmes aguerries !
Cette a été publiée dans un quasi anonymat par Panini, mais le succès récent de Neun chez Pika les a incité à lui donner une seconde chance. Ils ont bien fait, mais cela aurait mieux de bien promouvoir la série lors de sa première sortie…

note : 7,5/10

Alfaric

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