Tsutomu Takahashi
(scénario & dessin)

Sidooh, tome 2

(pour public averti)

Manga, histoire / 19e siècle
Publié en VF en juin 2007 chez Panini
Publié en VO de 2005 à 2010 par la Shûeisha dans le Shuukan Young Jump (« 士道 »)

Séparé de son frère, Shotaro apprend qu’il va être donné en sacrifice au cours d’un combat truqué. Sa seule chance de survie est de se battre. En à peine deux nuits, le jeune garçon devra apprendre à manier le sabre suffisamment bien pour tenir tête à un adversaire surentraîné ?

Le Rainbow de George Abe et Masasumi Kakizaki était la chronique d’une nouvelle époque, où des gens ayant connu l’enfer se battaient bec et ongles pour un monde meilleur donc pour une vie meilleure. Au fond de la Boîte de Pandore se trouvait l’Espoir, et le manga tamisait toute la misère humaine pour trouver les pépites humaines qui te filait une pêche d’enfer. Le Sidooh de Tsutomu Takahashi c’est tout l’inverse, car nous sommes face à la chronique de la fin d’une époque avec des gens qui ont espéré un monde meilleur donc une vie meilleure mais qui en fait vont connaître l’enfer. Noir c’est noir il n’y a plus d’espoir, et on nous plonge et on nous noie dans la misère humaine avant de nous jeter au visage toutes les saloperies de l’humanité… A côté des heurs et malheurs de Shotaro et Gentaro, Rémi sans famille et Princesse Sarah c’est de la franche rigolade !

Dans ce tome 2 nous sommes toujours en 1858 et les frères Yukimura vivent toujours l’enfer dans le résidence de Maître Rugi que nous apprenons à mieux connaître… Blablabla les forts sont tout car ils sont purs, blablabla les faibles ne sont rien car ils sont impurs : c’est le blablabla typiques des idéologies suprématistes et/ou fondamentalistes de merde. Pour ne rien gâcher comme ce bon vieux Thulsa Doom (les vrais savent) le gourou de la secte ne croit pas une seconde à son propre délire, pour lui c’est juste des mots pour lobotomiser des gens qui deviennent ainsi corvéables à merci. D’ailleurs il prend grand plaisir à les dominer et à les humilier quand ils ne remplissent pas ses poches (ou qu’ils ne meurent pas dans ses expériences de milgram à la con)…

– Je ne mourrai pas ! Pas aujourd’hui ! Pas ici !

Maître Rugi compte renforcer son emprise sur ses fidèles et son influence sur les notables locaux avec ses fêtes de fin de d’années aux allures de sacrifices humains. On suit avec un Gentaro horrifié une horrible course au flambeau où il ne peut en rester qu’un (je ne vous donne pas de détails, car c’est carrément dégueulasse), mais le clou du spectacle c’est un combat à mort entre deux enfants. Car le jeune et inexpérimenté Shotaro doit affronter le jeune et expérimenté Asaji dressé pour être une machine à tuer sans âme et sans cœur (car il aussi « pur » que celui d’un / d’une DRH). Par culpabilité ou par cupidité le bretteur Kiyozo Asakura demande à le coacher pour pimenter le match, malheureusement les dés sont clairement pipés car il est hors de question qu’un « impur » puisse l’emporter sur un « pur »… To Be Continued !

On retrouve le style très caractéristique de Tsutomu Takahashi, un mangaka expérimenté qui avec ses graphismes à la fois réalistes et fantastiques a été le sensei de célèbre Tsutomu Nihei. Il faut bien cela pour regarder les abysses de l’âme de l’humaine et que les abysses de l’âme humaine te regardent… Car c’est une série éprouvante à réserver aux âmes aguerries !
Cette a été publiée dans un quasi anonymat par Panini, mais le succès récent de Neun chez Pika les a incité à lui donner une seconde chance. Ils ont bien fait, mais cela aurait mieux de bien promouvoir la série lors de sa première sortie…

note : 7,5/10

Alfaric

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