Nicolas Mitric (scénario)
Francesco Trifolgi et Maria Francesca Perifano (dessin)

Sirènes & Vikings, tome 4 :

La Vague invisible

Bande dessinée, fantasy / mythologie
Publiée le 24 mars 2021 chez Les Humanoïdes Associés

Modeste marchande de poisson, Lydveig a-t-elle hérité des talents de pisteurs de son père ? C’est ce que pense le cruel roi Hardeknud, qui la contraint à retrouver la sirène responsable de la mort de son fils aîné. Accompagnée par le prince héritier en quête de reconnaissance, Lydveig mène l’enquête. Il lui faudra redoubler d’ingéniosité pour retrouver la trace d’une sirène si insaisissable qu’elle en paraîtrait presque invisible…​

Ce tome 4 de la série Sirènes & Vikings est intitulé La Vague invisible, et c’est peut-être le plus équilibré et le plus abouti de la série…

Les hommes de mains du Roi Hardeknud viennent enlever Lydveig et sa fille Tova, et Vidar époux et père ne peut rien faire. Le souverain en croisade contre les sirènes a perdu son fils Swenborg assassiné, et il avait missionné Aasbjorn le Pisteur pour lui ramener l’identité du coupable mais lui aussi a été assassiné. Pour le souverain il ne fait aucun doute qu’il s’agit de l’œuvre d’une sirène, mais en bon manager il désire bien utiliser les ressources humaines à sa disposition. Car en connaissant l’allégeance de l’assassine il pourra savoir sur laquelle de leurs huit tribus marines il va pouvoir exercer de violentes représailles… Comme il est impatient de tuer et de massacrer Lydveig la fille meilleur pisteur a six jours pour retrouver le coupable, sinon elle et sa fille devront subir son courroux !

Nous sommes carrément dans un récit policier médiéval fantastique. Et rapidement Lydveig se noue d’amitié avec le prince cadet Jorund, car ils ont en commun un père qui n’a cessé de les tourmenter (sauf que Lydveig a su lui échapper, alors que Jorund est toujours sous son emprise). Et tout aussi rapidement Lydveig se fait un ennemi mortel du mâle alpha Gunnar, machine à tuer naguère au service du prince aîné Swenborg… J’ai découvert Nicolas Mitric avec la BD intitulée Sept Dragons : force est de constater qu’ils affectionnent les retournements de situation, et que dans ce domaine force est de reconnaître qu’il est assez bon ! (mais je vous laisse le plaisir de la découverte)

– Sorcière, la seule raison pour laquelle je ne t’arrache pas la tête, c’est que tu as plus de couilles que le nouveau prince.

Mais il y a presque comme un os dans le potage. Nous devons tous savoir qu’aux États-Unis il y a des ateliers d’écriture qui apprennent, incitent, et finalement obligent les auteurs à écrire de telle ou telle façon pour être publiés, et la mode du moment c’est les SJW qui pourrissent la culture mondiale avec leur « cancel culture » à la con. Et ici tout est centré sur le combat d’une mère pour sa fille, qui déjà en conflit avec son père patriarcal archétype du « mâle blanc hétéro cis » voit son avenir entre les mains d’un autre père patriarcal archétype du « mâle blanc hétéro cis ».

Du coup on ne vous épargne aucun cliché sur la « masculinité toxique » généralisée à toute la population immatriculé XY à cause des délires fondamentalistes des féministes 2.0. Outre les pères patriarcaux tyranniques, on a l’agresseur sexuel typique, le violeur xénophile atypique, le geôlier forcément pédophile, le psychopathe misogyne et tutti quanti… Et je vous passe toutes les remarques outrancières de tous les protagonistes masculins du tome (Vidar époux de Lydveig et père de Tova n’ayant même pas droit à une réplique, c’est vous dire).

Évidemment tout cela est étayé à foison pour mettre en valeur un couple forcément lesbien qui sort un peu de nulle part. Au final on a un message politique répété à l’envie, alors qu’on reste plus au moins orphelin d’éléments essentiels à la compréhension des personnages : Pourquoi Aasbjorn le Pisteur s’est-il montré si dur avec sa fille qu’il aimait tant ? Pourquoi Hardeknud aimait-t-il Swenborg qui violait ses commandements, alors qu’il détestait Jorund qui lui ressemble tant ?…

 

Les graphismes des italiens Francesco Trifolgi et Maria Francesca Perifano, colorisés par Aretha Battistutta, mieux que satisfaisants sont très agréables (prouvant une fois de plus que les artistes italiens ont un vivier de talent infini). Je tiens à signaler que cette série qui change de dessinateur à chaque tome déploie une belle homogénéité graphique : comme quoi, quand on veut on peut !!!

note : 7/10

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