Matthew Farrer

Urdesh, tome 1 :

Le Serpent et la Sainte

Roman, science-fiction / space opera / dystopie
Publié en VF le 15 juillet 2021 chez Black Library
Publié en VO le 19 juin 2021 (« Urdesh : The Serpent and the Saint »)

Le puissant monde d’Urdesh brûle. La fumée du conflit se mêle à celle de ses nombreux volcans ; les épaves jonchent ses cités-forges et obstruent ses mers fécondes. Tant que les guerriers de l’Imperium n’arracheront pas Urdesh à l’emprise de l’Anarque, c’est toute la Croisade des Mondes de Sabbat qui est compromise.
Sur la cendre des champs de bataille marchent le frère-capitaine Priad et les guerriers de l’escouade Damoclès. Ils ont pour tâche de protéger une des meilleures armes de l’Imperium : la Beati, réincarnation de Sainte Sabbat en personne, dont la présence même sur Urdesh motive les armées impériales à se couvrir de gloire. Mais l’ennemi aussi nourrit des desseins pour la Sainte, et entre la malignité de l’Anarque et la duplicité du Warp, les Iron Snakes auront bien besoin d’un miracle pour réussir…

Avec ce premier de tome du cycle Urdesh intitulé Le Serpent et la Sainte, nous sommes dans un roman de Space Marines. J’ai déjà dit qu’avec pour personnages principaux des clones modifiés et entraînés, formatés et endoctrinés pour être des machines à tuer, c’était très difficile de développer une caractérisation digne de ce nom. En plus il faut remplir un cahier des charges entièrement dédié à l’action : combats aux armes blanches, combats aux armes à feu, combats aux armes lourdes et tutti quanti… Donc grosso modo ça se fout sur la gueule sur fond de musique épique pendant les trois-quarts du tome !

C’est copieux, c’est épicé, donc cela peut vite devenir lassant pour ne pas dire indigeste pour ceux qui ne recherche pas spécialement cela. En plus je trouve l’écriture de l’auteur australien Matthew Farrer assez métallique : c’est beau, c’est bien mais cela manque cruellement de vie. Les scènes de dialogues sont quasi inexistantes, et comme on est particulièrement avare d’explications, on a donc des description de bastons à n’en plus finir… D’un autre côté dès que l’auteur se pose pour transmettre un peu de son âme à ses créations, tu n’as qu’une envie : faire la révolution !!! OMG l’équipage expéditionnaire du Vieil Ourezhad qui s’est battu en territoire ennemi abandonné par une « hiérarchie » ayant fui la queue entre les jambes, avant d’être condamné aux légions pénales = missions suicides par cette même « hiérarchie » dès son retour pour manque de combativité face à l’ennemi (Les Sentiers de la Gloire, les vrais et les justes savent contrairement à tous crevards qui se réfugient encore et toujours derrière la « hiérarchie »)… OMG Ghelon abandonné par sa « hiérarchie » qui s’est battu encore et encore pour commander les soldats et pour organiser les civils d’un énième Stalingrad, et qui se fait chier dessus par cette même « hiérarchie » dès son retour la fleur au fusil pour ne rien foutre. OMG Roboute Frazer réfugié abandonné par la « hiérarchie » qui sacrifie sa vie en pure perte juste pour donner quelques secondes de répit à n’importe qui face à des monstruosités sans nom pendant que la « hiérarchie » se regarde le nombril en réunion…

Sur le fond Dan Abnett a prêté ses jouets à Matthew Farrer. Nous sommes sur Urdesh, monde-forge hautement convoité de la Croisade de Sabbat, univers à part dans l’univers à la fois space opera et dystopique de Warhammer 40000. Le Maître de Guerre Macaroth fait le déplacement, persuadé qu’Anakwanar Sek le champion ennemi devenu challenger de son propre commandant Urlock Gaur est retranché dans la cité hautement fortifiée d’Oureppan. La guerre de mouvement alterne avec la guerre de position, et au final tout le monde redoute une énième guerre d’attrition. Le Maître de Guerre persuadé qu’il a laissé s’échapper l’opportunité de frapper un grand coup entre en dépression. Ses lieutenants essayent de masquer la chose, mais les ordres se font de plus en plus erratiques, au point qu’on en finit par suspecter les espions adverses d’avoir gagné la guerre psychologique…

La guerre est changeante comme la marée.

C’est là qu’intervient la fausse Sainte d’Hagia devenue la vraie Sainte d’Herodor. Elle est trop résolue pour être « manipulée », trop importante pour « limogée », et pas assez dangereuse pour être « éliminée ». Donc la « hiérachie » la laissent de côté. Mais cette dernière est habitée par quelque chose de plus grand et de plus noble, et se met à jouer à une partie de « je sais que tu sais que je sais que tu sais » avec Celui Dont la Voix Couvre Toutes les Autres qu’elle sait toujours sur Urdesh puisque ce dernier ne cesse de chercher à la tuer… Elle s’offre en appât, dans l’espoir de débusquer le magister ennemi, pour mieux contre-attaquer et l’éliminer sans aucune pitié !

Donc nous sommes dans la Croisade de Sabbat de Dan Abnett, avec pour principaux protagonistes les Iron Snakes de Dan Abnett (content de revoir Priad et l’escouade Damoclès) chargés de protéger la Beati de Dan Abnett, secondée par Bran Milo de Dan Abnett, pour abattre l’Anakwanar Sek de Dan Abnett… On passe ainsi d’un point de vue à un autre, d’ailleurs avec un manque de transition qui ne facilite pas les choses pour suivre les manœuvres directes et indirectes des uns et des autres pour mettre fin au conflit sur la planète Urdesh.
On a les psioniques Hamiskora et Iapetos des Iron Snakes qui traquent les hematomanciens ennemis (je ne préfère pas vous expliquer ce terme, car sinon vous feriez des cauchemars). On a aussi la mission commando de l’escouade Erasmos du frère-sergent Symeon qui en envoyé en territoire ennemi apporter le chaos et la désolation sur le bastion du stratège ennemi. On a également les manœuvres des méchas de la Legio Invicta pour faire le ménage parmi les machines d’apocalypse ennemies. Et les commandants Orfuls, Entascha, Leyden, Arkaly, et Kung ne savent pas que les pauvres Bernal, Zopphal, Dajien et Rakolo essayent de compenser la défaillance du vieux Princeps Gearhart…
La Beati a a choisi Gherappan mégapole contestée par toutes les factions pour être le fer de lance de la reconquête. Mais l’Anarque lance contre elle à la fois les forces du Pacte de Sang commandé par l’arnogaur Nautakah, et parmi diverses saloperies une vingtaine de lycanthroïdes (non, je ne vous expliquerai pas ce terme non plus, car sinon vous feriez des cauchemars)… Et les directeurs des ressources humaines s’en donnent à cœur joie : les dizaines et dizaines de milliers de réfugiés repartis dans les différents camps de fortune autour de la ville servent de chair à canon aux uns et de boucliers humains aux autres !

Le sang et les larmes coulent à flots, et après un cliffhanger comme pas permis tout à suivre dans le tome suivant intitulé Le Magister et la Martyre. Matthew Farrer est un bon auteur, mais il lui manque encore quelque chose pour passer un cap…

note : 6,5/10

Alfaric

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