Guillaume Dorison (scénario)
VanRah (dessin)

 Ayakashi, tome 1

Manga, fantasy / fantastique / uchronie 
Publié le 06 juillet 2016 chez Glénat

Japon, 1702. Le pays est la proie des Ayakashis, des créatures démoniaques dévastatrices. Guerrier sacré détenteur d’une force sans égale, Hiro traque ces monstres sans merci et constitue l’un des meilleurs remparts contre les démons. Seulement, lorsque sa route croise le chemin d’une prêtresse pactisant avec ces créatures, sa lutte prend une nouvelle tournure. Une tournure d’autant plus surprenante qu’au même moment, sa cité natale est attaquée…

Oh que voilà un manga fantasy intéressant entre Le Sorceleur / The Witcher et Princesse Mononoke ! Et ouais rien que cela, et en plus c’est un manga français !!!

Ayakashi, c’est d’abord un récit uchronique, puisque qu’il met en scène un Japon ou le Sengoku Jidai a été remporté par le Clan Shimazu de Satsuma Tsunataka et non par le Clan Matsudaira de Tokugawa Ieyasu. Les vaincus de la Bataille de Sekigahara, qui ont du effectuer IRL une retraite héroïque de 1000 kilomètres à travers les lignes ennemies du Clan Mori ayant trahi, sont ici les unificateurs du Japon, issus à la fois du clan le plus moderne grâce à ses liens avec l’Occident et le clan le plus traditionaliste car à la tête de la même province depuis leur installation par le mikado au IXe siècle…
Ayakashi est ensuite un récit fantastique, puisqu’on fait la part belle à de redoutables créatures chimériques (les ayakashi qui donnent leur nom à la série), et aux Betsuhikime, de puissantes prêtresses-magiciennes capables de les soumettre à leur volonté au risque de perdre leur humanité. C’est tous les rapports entre l’homme et la nature qui sont revus avec l’apparition des uns et des autres… Et les samouraïs du Clan Shimazu grâce aux prêtres-guerriers du Temple de Sakurajima sont les seuls à pouvoir les affronter ! C’est ainsi qu’ils ont mis en place tout un système basé sur les chasseurs de démons ramenant le Cina qui grâce à l’alchimie permet d’allier science et magie, canons et sortilèges… Ouais, de la Flintlock Fantasy !

– Comment va le seigneur Yoshihiro ?
– Aucune égratignure et toujours le même esprit critique. Moi aussi, ça va, au cas où tu t’inquiéterais ?
– Oh mais je n’en doute pas. Tu te tiens devant moi sans mettre la main à la pâte. Tu es comme à ton habitude, Dragon Noir, la langue bien pendue et les bras ballants.

Tout cela est assez pour ne pas dire très cool, sans parler des annexes réalisées par Julien Peltier, grand amoureux du Japon et passionné par son Histoire et sa civilisation : Guillaume Dorison est dans tous les bons coups du manga français (comme son frère Xavier Dorison qui lui est dans tous les bons coups de la bande dessinée française, décidément c’est de famille). Bon après, c’est vrai que à la fois très lent et très rapide car on veut exposer l’univers et les personnages en un seul tome alors que tout cela aurait pu s’étaler sur plus de pages, mais les mangas français ne peuvent pas ce permettre ce luxe pour les raisons que l’on sait…
J’ai beaucoup de tendresse pour les graphismes de la mangaka française VanRah, et ici après les loups-garous de Stray Dog, elle doit s’éclater avec les loups démons d’Ayakashi. Après comme tout les mangakas, elle n’échappe à la malédiction du charadesign clonesque, et comme tous les mangakas français / françaises elle n’échappe pas aux au côté fanboy/fangirl d’où l’air de déjà vu qui apparaît ici ou là. Mais ici, l’air de déjà vu s’appelle Hiromu Arakawa, alors avec un univers arcanepunk et un héros manchot c’est la fête pour les lecteurs de Fullmetal Alchemist. Toutefois, je pense qu’il y a un truc qu’il faut absolument améliorer, c’est l’encrage un peu lourd et le tramage qui ne l’est pas moins…
Voilà un chouette manga fantasy qu’on aimerait voire mis en avant plutôt que telle ou telle hype, et je félicite les éditions Glénat de laisser de plus en plus leur chance aux mangas français qui ont de moins en moins à envier les mangas japonais.

Dans ce tome 1 nous découvrons l’univers et son fonctionnement en suivant les heurs et malheurs de l’équipe du « Bato Kannon » composée du samouraï Hiro, de l’artificier Hagane, du vieux chasseur Haitani et du jeune apothicaire Seishu, qui recueille Yue la jeune et belle miko albinos, dernière de son ordre pourchassée par les démons… Et tout ce petit monde se retrouve à Kyushu quand l’immense flotte de Koxinga le roi pirate assiège la capitale du Clan Shimazu dans la baie de Kagoshima…

note : 7/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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