Jérôme Alquié
(scénario & dessin)
d’après Leiji Matsumoto

Capitaine Albator : Mémoires de l’Arcadia, tome 2

Les Ténèbres abyssales de l’âme

Bande dessinée, science-fiction / space-opera
Publiée le 15 novembre 2019 chez Kana

La promesse qu’Albator a faite à son ami… À l’âge où, enfant, nous avons découvert Albator, nous n’y accordions peut-être pas tant d’importance… Mais les années passant, cette promesse d’Albator – et quelle promesse ! – prend tout son sens : elle pèse de tout son poids sur le personnage. Prendre soin d’une enfant, la protéger. On peut tous sombrer face à une telle responsabilité. Et Albator, alors ? L’action, le combat, le danger ne l’effraient pas. Mais si les doutes l’assaillent, finiront-ils par le paralyser ?

Une série bien construite amène des réponses à chaque épisode et chaque épisode a son importance et apporte ses pierres à l’édifice : c’est parfaitement le cas ici, et on n’en dira pas autant de tout le monde ! (suivez mon regard du côté d’un Jean Dufaux ou d’une Marjorie Liu par exemple)
Le revival Albator / Harlock de Jérôme Alquié pose trois enjeux :
– la grande invasion / migration des Sylvidres (qui est explicité dans la série d’origine)
– la légende des titanides sylvides Mel, Eina, et Monna que lecteurs et lectrices découvrent dans ce tome 2 avec les personnages
– la quête de vengeance de Talika qui sera sans doute au cœur du tome 3 (je penche pour une énième victime de l’empire végétal qui asservit les espèces animales de tout le cosmos avant de s’en nourrir : amis et amies vegans bien le bonjour)

Tout commence par l’auteur qui se fait plaisir avec Maetel et son Galaxy Express 999 qui viennent sauver le Professeur Reiji Mastumoto. Puis nous retrouvons une Talika ivre de vengeance qui souhaite délivrer les super-mutantes créées par la reine conquérante Strelizia pour détruire notre planète, nouvelle terre promise du peuple sylvidre en exode, alors que ces dernières ne souhaitent elles que se retrouver après 300 millions d’années de séparation. Si Mel la Sylvidre de Glace apporte sur la Terre un nouvel âge glaciaire, Eina la Sylvidre de l’Ombre délivrée du Triangle des Bermudes étend son voile de désespérance au monde entier. Les deux sœurs convergent vers la capitale Megalopolis, alors que Talika file vers le Mont Fuji délivrer Monna la Sylvidre de Feu pour déclencher l’Apocalypse !

La force d’un homme se mesure à sa capacité à honorer ses promesses.

Le grand moment de ce tome c’est les 41 membres de l’Arcadia confrontés au voile de désespérance d’Eina la Sylvidre de l’Ombre qui agit sans haine ni violence, ni mépris ni indifférence mais qui est obligée de tuer l’espoir pour accomplir la soif de vengeance de Talika radicalisée de la tête aux pieds. Cela sent bon les meilleurs épisodes des animes de la Génération Y, mais c’est d’abord et surtout Lancelot du Lac confronté au terrible Cimetière du Futur ! Nous sommes donc dans les archétypes universels tellement vilipendés par les petits cercles intello prout prout qui du haut de leurs tours d’ivoire se croient au-dessus du commun des mortels…

Le matricule SN-00999 Albator / Harlock est le badass epicness to the max ultime, le mec que tu n’hésites pas une seconde à suivre jusqu’au bout du monde et même en enfer s’il le faut, parce qu’il n’est pas un homme mais une idée. Et les idées sont non seulement à l’épreuve des balles comme le disait Alan Moore dans V pour Vendetta, mais elles sont aussi sont immortelles, invulnérables et inébranlables ! Leiji Matsumoto est aussi à l’aise que Michael Moorcock avec les archétypes universels de Carl Gustav Jung, et Jérôme Alquié a tellement bien compris et tellement bien restitué cela qu’on en pleurerait presque…

Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’on reste dans le cadre du fanservice, mais du fanservice de cette qualité là c’est tellement bon par où ça passe qu’on en arriverait presque à oublier cette saloperie de TINA reagano-thatchéro-macronien qui nous pourrit le quotidien ! Que brille à jamais le Capitaine Albator !!!

note : 7,5/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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