Nicolas Jarry (scénario)
& Bertrand Benoit (dessin)

Conquêtes,

tome 2 : Deluvenn

Bande dessinée, science-fiction / planet opera
Publiée le 23 janvier 2019 chez Soleil

L’Humanité est désormais composée de 5 colonies. Chacune dispose d’une armada de vaisseaux qui sillonne l’espace vers 5 exoplanètes. Ces mondes, peuplés par des formes de vies intelligentes, impliquent un seul choix dicté par la survie : conquérir. Une planète bleue où l’eau submerge la plupart des terres. Au fond de l’océan et sur les rares sommets émergés subsistent les ruines d’anciennes civilisations qui adoraient une race de pieuvre douée de pouvoirs psychiques… Les gigantesques céphalopodes refont surface pour accueillir les humains qui se sont installés sur les îlots. Mais les aliens ne sont pas aussi pacifiques qu’ils le paraissent et prennent le contrôle de certains humains. Une guerre commence, mais le conflit oppose cette fois l’homme à l’homme…

Après un tome 1 dénommé Islandia faisant la part belle à des nordistes germaniques voici un tome 2 dénommé Deluvenn consacré à des sudistes italiens, et la belle rigueur allemande laisse la place à des bricolos de l’espâce : les moteurs des vaisseaux intersidéraux lâchent les uns après les autres, plus de deux tiers des caissons cryogénique sont défectueux, et les cuves de clonages destinés à nourrir tout le monde sont truffés de malfaçons (tout le matériel ayant été acheté en soldes aux Chinois) : Idris fait partie de ses vaillants prolétaires qui ont permis à la flotte de réfugiés cosmiques d’arriver à bon port, mais il ne reste que 50000 des colons potentiels d’origine… C’est ainsi que les rescapés étroitement surveillés par leurs autorités découvrent le monde océanique de Deluvenn et commencent à coloniser 3 sites différents pour maximiser leurs chances de survies. On retrouve rapidement de gigantesque artefacts aliens, et les xénoarchéologues reconstituent l’histoire de la planète avec une espèce intelligente ayant muté en deux variantes qui se sont entre-tuées : l’une terrestre considérant comme malveillantes des divinités antédiluviennes, l’autre aquatique considérant comme bienveillantes ces mêmes divinité antédiluviennes. C’est là qu’apparaissent des poulpes télépathes géants de 200 mètres disant venir en paix… Mais bien sûr, on y croit vachement !

– C’est pas fabuleux ? Après 10000 ans d’évolution, on vient de rétablir l’esclavage.

L’expérimenté Nicolas Jarry met à profit ses connaissances gemmellienne pour attaquer son récit sous l’angle du relationship drama familial avec Idris le prolo brutal mais badass, Tsillah sa petite soeur qu’il a élevé tout seul et qu’il a sauvé de la misère, calme, posée, mais badass, son ex-femme Emzara (Esmeralda ? ), intelligente, organisée, mais badass, leurs enfants Cham l’ado rebelle et Haykel l’enfant espiègle, et la pièce rapportée destinée comme dans tous les blockbusters yankee à crever salement, valeurs familiales christianistes obligent… C’est sans doute là que le bât blesse, les éditions Soleil se sont fait une spécialité des Séries B mais on pioche un peu trop facilement dans les gimmicks yankees (à moins que comme on devient forgeron en forgeant, l’auteur n’ait plus de vista en Fantasy qu’en SF). Un stand-alone doit viser d’abord et avant-tout à l’efficacité, et le fait que l’antihéros badass soit un mort en sursis à cause de ses conneries n’amène pas grand-chose à l’intrigue, et on peut faire le même constat sur le fait qu’Haykel fasse mumuse avec les potos de Cthulhu avant que les choses ne tournent mal, et les passages explicatifs truffés de bullshits scientifiques dont on aurait bien aimé se passer… Car tout cela bouffe des pages qui auraient pu être consacrées à des ingrédients plus intéressants : ATTENTION SPOILERS le fait que les aliens soient finalement plus proches des Martiens de Ray Bradbury que des Grands Anciens d’H.P. Lovecraft, le survival à la George Romero digne de La Nuit des fous vivants, ou les combat désespérés menés par Tsillah épaulée par luigi et Matéo… FIN SPOILERS
Comme souvent les dessins de Bertrand Benoît sont excellents, et Olivier Héban aux couleurs effectue du bon boulot : j’ai comme l’impression de surnoté, mais entre deux bouquins de SF militaire américaine bas du front autant s’assumer !

note : 7,5/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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