Christophe Bec (scénario)
Leno Carvalho (dessin)

Crusaders, tome 1 : La Colonne de fer

Bande dessinée, SF  / hard science
Publiée le 09 mai 2019 chez Soleil

La colonie humaine installée sur Titan reçoit, via un étrange signal, les plans de constructions de fabuleux vaisseaux spatiaux et les coordonnées d’une galaxie lointaine et primitive. Après plusieurs mois de fabrication, le Crusader 1 prend la tête d’une armada prête à rejoindre les créateurs du signal.

Propulsés à travers des trous de ver, les vaisseaux arrivent en vue d’une gigantesque structure extraterrestre tendue entre deux astres : « La Colonne de fer » ! Dans quel but a-t-elle été bâtie ? Pour contrer quelle menace ?

Avec la série « Crusaders » l’auteur Christophe Bec semble avoir voulu se lancer dans la Hard-SF… Déjà qu’en livre le sous-genre optimates est plus ou moins compliqué à suivre, imaginez le bordel en BD en sachant que l’auteur est expert en mystères lostiens !
Grosso modo malgré les élites autoproclamées et la ploutocratie mondialisée l’humanité n’a pas été fichue d’éviter l’extinction des ressources de la planète mère (oh quelle surprise avec le dogme à la con mais non négociable du consumérisme à tout prix), donc elle a été obligée de coloniser le système solaire pour combler ses manques en matières premières. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, à savoir cette saloperie de reagano-thatchéro-macronisme de mes couilles qui essaye encore et toujours de nous faire croire à une croissance prétendument infinie (donc à la privatisation des bénéfices au profit d’une minorité de happy few pétée de thunes) dans un monde fini (donc à la socialisation des pertes au détriment des peuples du monde entier qui n’ont plus que leurs yeux pour pleurer).

– En tout cas, on se croirait dans un mauvais épisode de Star Strek !
– Impossible ! Si on parle de « Star Strek : The Original Series »… Il n’y en a pas un seul de mauvais ! C’est culte, un point c’est tout.

L’idée principale est que les colons de Titan sont tombés sur des artefacts et des messages aliens, et qu’ils comptent bien les exploiter sans en référer au reste de l’humanité. On est entre « Interstellar » et « Prometheus » et la profusion d’explications scientifiques contraste avec les scènes nanaresques du genre « on ne sait pas comment ça marche », « on ne sait pas à quoi ça sert », « appuyons sur le bouton rouge et advienne que pourra » (ah ça on sent les rétro-ingénieurs de génie sûrs de leur coup hein !), sans parler du deus ex machina du « wormhole »… Vouloir être aussi ambitieux pour être au niveau d’un épisode lambda de la franchise Stargate c’est risible…
La narration qui alterne flashbacks et flashforwards se veut (inutilement) sophistiquée mais on comprend vite que l’héroïne du show va être la dénommée Natalia intransigeante capitaine du vaisseau Crusader 1. Avec l’Ambassade des Emanents, on pourrait être dans un version optimates de la série populares « Arena » de Ryk E. Spoor. J’ai souvent été déçu par l’auteur qui se fait une joie de compliquer les choses pour continuer à jouer donc à gagner : chat échaudé craint l’au froide… Pourtant j’ai bien envie de laisser sa chance à la série !
Sinon rien à redire que les dessins de Leno Carvalho et les couleurs de Vyacheslav Panarin et Massimo Travagilini : les graphismes sont de qualité et donnent envie de lire la suite !

note : 7/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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