Thomas-Burnett Swann

Le Cycle du Latium, tome 2 :

Le Peuple de la mer

Roman, fantasy / mythologie
Publié en VF en janvier 2006 chez Les Moutons électriques
Publié en VO en 1977 (« People of the Sea »)

Les échos de la Guerre de Troie finissent de s’estomper; une nouvelle aventure commence… Fuyant le sac de la ville avec son fils Ascagne, Énée voit sa flotte s’échouer sur les rivages du royaume de Didon, reine fondatrice de Carthage, dont il deviendra bientôt l’amant. Ascagne, lui, se lie d’amitié avec le roi-éléphant Larbas et Électra la néréide. Un nouvel Éden est-il possible ?

Les 3 romans du Cycle du Latium sortent du même moule que La Trilogie du Minotaure : dans un Âge d’Or champêtre dont s’inspire les pastorales galantes du XVIIIe siècle, allégorie bien évidente de l’enfance, on suit un personnage clé qui va faire la découverte de l’amour et de la sexualité en même que heurs et malheurs de la vraie vue avant qu’un agent du destin se charge d’être l’instigateur du drame qui va mettre fin cet l’Âge d’or donc à l’innocence du personnage principal.

 

Dans Le Peuple de la mer, 1er dans l’ordre chronologique, mais 3e dans l’ordre de rédaction, l’Âge d’Or c’est ce littoral africain où cohabitent hommes et animaux sous la double royauté de Didon Reine de Carthage et d’Iarbas Roi des Éléphants. Nous suivons les tribulations du petit Ascagne qui refuse de grandir tout en voulant devenir un homme. Il tente de retarder l’inévitable en s’échinant à recréer la cellule familiale que finalement il n’a jamais connu à cause de la mort de Créuse lors de la Chute de Troie : c’est tout naturellement qu’il se fait entremetteur pour mettre ensemble Énée son père veuf et Didon la reine veuve de Carthage malgré la jalousie du roi indigène et les intrigues de la néréide Electra.

Le prologue était digne du Salammbô de Flaubert. Oui mais non, on revient trop vite dans la zone de confort de l’auteur. Mais je me suis laissé bercé par l’ambiance mi africaine mi oriental avec ses éléphants télépathes, ses bès mi guerrier mi clowns et ses dangereuses sirènes végétales. Le mélange entre naïveté calculée et gentilles polissonneries pourrait faire penser à une version coquine de l’univers de Babar : c’est très mignon !
L’interlude gay fait plus péripétie de remplissage qu’autre chose mais il fait penser à ces quadrangle amoureux de la Table Ronde où on ne sait plus si les couples sont hétéro, gay ou lesbien. Et c’était bien vu d’avoir complètement réinterpréter le suicide de la reine tragique, mais je vous laisse le plaisir de découverte.

Le souvenir est un Protée qui change de forme.

Sympathique mais pas indispensable. Amateur d’action ou d’intrigues, passez votre chemin, nous ici dans de la fantasy poétique tissée par un amateur de culture classique. Dans cette optique c’est assez réussi mais peu abouti car malheureusement l’histoire, pour ne pas dire l’Histoire, finit avoir d’avoir vraiment commencé…

Les livres sont très courts : on est plus proche de la novela que du roman. Du coup je m’étonne que Les Moutons électriques puis Points aient décidé de les sortir séparément au lieu de réalisé un tir groupé avec un intégrale comme le firent Le Belial et Folio SF pour La Trilogie du Minotaure, surtout vu l’étroitesse du lectorat potentiel en France…

note : 6/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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