Eric Adam & Didier Convard (scénario)
Stéphane Bourdin (historien)
Fred Vignaux (dessin)

Ils ont fait l’Histoire,

Vercingétorix

Bande dessinée, histoire / antiquité
Publiée le 05 mars 2014 chez Glénat

À l’âge de cinq ans, Vercingétorix vit son père condamné au bûcher par les siens pour avoir osé se prétendre roi des peuples gaulois. Nourri de la même ambition, le jeune Arverne apprend la discipline militaire en réalisant ses classes auprès de la puissante armée romaine. De retour en Gaule, il déploie son talent militaire et son éloquence pour unir les tribus gauloises et repousser l’envahisseur romain. Fier, courageux, discipliné et ingénieux, Vercingétorix est pour les célèbres légions l’un de ses plus terribles adversaires. Mais, sans cesse, il est confronté à un stratège plus redoutable encore : Jules César…

An 697 ab urbe condita, suite à une traîtrise le proconsul Jules César manque de se noyer dans un marécage de Gaule Belgique en combattant Galba le roi des Suessions… An 701 ab urbe condita, après une guerre terrible et meurtrière au cours de laquelle a perdu la meilleure partie de sa population morte, blessée, mutilée ou asservie, la Gaule est en passe d’être totalement soumise… Le chef gaulois vaincu Vercingétorix fait mander César pour lui raconter sa vie, car il a un secret à lui révéler !
Pas facile de raconter l’histoire de ce personnage iconique, placé entre l’enclume la propagande impérialiste romaine et le marteau de l’idéologie nationaliste française. Les auteurs se sont richement documentés avant de se lancer et ils ont décidé de faire un pied de nez à l’Histoire en racontant le récit du point de vue de Vercingétorix alors qu’on ne le connaît que du point de vue de César ! Mieux encore, il a presque un parallèle entre Vercingétorix qui s’est engagé dans la résistance anti-romaine suite à l’exécution politique de son père, et César qui s’est engagé dans le camp populares suite à l’exécution politique de son père : si le destin en avait autrement, quel monde ils auraient pu créer s’ils avaient été alliés plutôt qu’ennemis ? Quant à la chute du récit, SPOILER !

[César] Tu parles de victoire, mais je ne perdis qu’un peu moins de 700 hommes ce jour-là.
[Vercingétorix] Oui… Qu’est-ce en regard des 40000 d’Avaricum ? Mais je gage que tu ne prends pas en compte les auxiliaires qui tombèrent par milliers. Peu importe, l’Histoire se souviendra de Gergovie comme d’une bataille gagné par Vercingétorix sur César !

Vercingétorix en France, Caswallon en Angleterre, Arminius en Allemagne, Viriathe au Portugal : les mêmes causes produisent les mêmes effets… Je ne sais pas si Vercingétorix s’est construit comme un héros, s’il a été construit comme un héros par César, ou si les auteurs ont décidé d’en faire un héros, mais dans cette BD il ressemble furieusement à un héros… Je dirais même qu’il correspond à l’archétype même du héros si on suit les travaux de Joseph Campbell sur le Héros aux mille et un visages, ce qui mine de rien fait de lui un véritable héros Fantasy ! (décidément la pensée du peuple travers l’éternité, alors que celle des élites autoproclamées ne va plus loin que ses rentes et ses dividendes de l’année)
On suit donc le récit fidèle de la Guerre des Gaules vue du côté gaulois, et les quelques libertés que se sont accordées les auteurs ne sont absolument pas gênantes mêmes si destinées à apporter du pathos peut-être superfétatoire… Les dessins de Fred Vignaux, assisté aux couleurs de Charlène Tabary (décidément le domaine de la colorisation est dominé à juste titre par les femmes !), ont été pour moi très plaisants car malgré un charadesign perfectible, ils compensent la froideur habituelle du duo Eric Adam / Didier Convard par un découpage fluide et dynamique qui distille carrément ce souffle épique qu’on aime tant !

Faute de sources, les appendices ne sont peut-être pas aussi riches que dans les autres tomes de cette série à concept, mais les différents auteurs comme Stéphane Bourdin maître de conférences à l’université Jules-Verne de Picardie ont le mérite de clarifier pas mal de choses ! (ah ça, on est loin des gloubi-boulga réalisés par certains prétendus intellectuels dont ne citera pas les noms par pure charité qu’elle soit chrétienne ou laïque…)

note : 7,5/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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