Hirohiko Araki
(scénario & dessin)

JoJo’s Bizarre Adventure, Arc 1 :

Phantom Blood, tome 5

Manga, fantastique / horreur
Publié en VF le 13 novembre 2014 chez Delcourt/Tonkam
Publié en VO du 10 août 1987 au 10 août 1988 dans le Weekly Shōnen Jump (« JoJo no kimyō na bōken : Fantomu Buraddo »)

Après avoir vaillamment affronté Tarkus et Bruford le Chevalier Noir, Jojo combat enfin Dio. Le premier est animé par la volonté de venger toutes ces vies perdues, le second par une haine acharnée envers l’humanité. À l’issue de ce combat sans merci, le destin de Jojo et de Dio va se retrouver lié dune façon tragique Une aventure s’achève mais les graines des générations futures sont désormais semées.

L’affrontement final entre les frères ennemis Dio et JoJo a lieu dans le château de Wind Knights devenu un lieu de cauchemar à la Contes de la crypte peuplé de monstres empruntant peu ou prou aux zombies de George Romero ou aux démons hybrides de Go Nagai. Dire, ayant amélioré sa technique de combat et voulant venger William Zeppeli se lance immédiatement à l’assaut de Dio malgré les avertissements de JoJo. Dio n’en fait qu’une bouchée, mais ce faisant, Dire révèle à ses compagnons les forces et les faiblesses du boss de fin…

Tandis que ses amis se chargent du menu fretin, Straits affrontant ainsi par exemple un quatuor de zombies nommés Page, Jones, Plant et Bonham, JoJo s’avance seul vers son destin…

ATTENTION SPOILERS Dio peut cryogéniser son adversaire en un instant, ou se régénérer complément dans le même laps de temps, mais il suffit à JoJo d’un seul coup bien placé de son sun yellow overdrive pour remporter la victoire. Comment vaincre la technique de glaciation de Dio ? C’est en enflammant l’épée LUCK/PLUCK, puis son propres bras que JoJo détruit le seigneur vampire qui fut autrefois son frère adoptif… FIN SPOILERS

L’histoire aurait pu se conclure par ces interludes présentés sous forme d’articles de presse (une technique narrative bien rodée dans le genre horrifique par H.P. Lovecraft) :
– la rubrique faits divers nous parle de la disparition de 73 personnes a nuit du 15 décembre 1888 dans le village de Wind Knights et du récit d’un fermier ayant aperçu un groupe de 4 inconnus brûler des cadavres à détruire à la masse un étrange masque de pierre…
– la rubrique mondanités nous fait part du mariage de Jonathan Joestar, successeur de la famille Joestar, et d’Erina Pendleton, fille unique de la famille Pendleton, partis fêter leur lune de miel aux Etats-Unis.
Tout est bien qui finit bien ? et bien pas du tout en fait…

– Dio, comme tu l’as dit nous sommes les deux faces d’une même pièce… Je ressens même une étrange amitié pour toi… Et maintenant notre destin ne fait plus qu’un, définitivement.

ATTENTION SPOILERS Durant un nouveau détournement du voyage du Déméter (décidément !), JoJo se lance à poursuite de Wan Chan pour découvrir médusé que Dio n’est pas mort, mais réduit à l’état de tête parlante. Le seigneur vampire souhaite repartir à la conquête du monde en prenant possession du corps de son rival de toujours : Jonathan Joestar !
Celui évite de justesse le space ripper stingy eyes de Dio qui au lieu de lui perforer le crâne lui transperce la gorge : c’est privé de sa magie de l’Onde que notre héros livre son dernier combat… JoJo utilise ses dernières forces pour violemment projeter Wan Chan sur l’arbre-moteur du navire, sabotant la machine à vapeur, promettant le vaisseau à une explosion imminente et tous ses occupants à un mort certaine.
Du pathos, du pathos et encore shakespearien avec une Erina qui pelure toutes les larmes de son corps e souhaite accompagner son époux dans la mort et un JoJo qui pleure toutes les larmes de son corps et qui souhaite qu’Erina s’enfuit avec le bébé ayant survécu à l’invasion zombifique grâce au sacrifice de sa mère (réminiscence de lui-même sauvé par sa mère dans le prologue du tome 1 : la boucle est bouclée).
Emprisonnés dans les bras de JoJo, c’est un Dio aux abois qui se repent et promet monts et merveilles à JoJo avant de s’apercevoir qu’il est trop tard puisque celui-ci est déjà mort… Je suis presque sûr qu’il s’agit d’un détournement du magnifique final de Devilman. Sauf que le manga culte de Go Nagai se terminait sur un nihilisme absolu, alors qu’ici après moult horreurs la boîte de Pandore libère l’Espoir ! FIN SPOILERS

Telle Danaé sauvée des flots, Erina survit au drame. Dans ses bras le bébé que voulait sauver JoJo, qui deviendra Lisa Lisa la guerrière de l’Onde fashion victim élevée par Straits, dans son ventre l’enfant que Jojo n’aura jamais la chance de connaître, qui deviendra George Joestar II pilote de la RAF durant la WWI. Le deuxième acte de la saga Joestar est déjà en marche…

To Be Continued =>

Quel bilan pour cette histoire en 5 tomes ?
C’est graphiquement et scénaristiquement très différent des mangas mainstream avec leurs personnage kawai à grands yeux. Tout n’est pas maîtrisé, le mangaka piochant plus que largement dans la boîte à outil de ses mentors d’Hokuto no Ken. Mais les nombreux emprunts sont joliment transposés à son propre imaginaire. Ainsi à l’anatomie disproportionnée de ses protagonistes, qui vont au-delà des culturistes de Michel-Ange, il ajoute les contorsions qui vont devenir caractéristique de son style et qui vont donner naissance aux désormais célèbres JoJo poses. Les dessins se sont améliorés de tomes en tomes, mais si les arrière-plans sont dès le départ de qualité, on ne peut en dire autant du charadesign lui plus inégal : Dio et JoJo sont de plus en plus réussi au fil des pages, Erina est céleste, les héros sont classieux, les méchants sont hideux, mais à côté de cela Tonpetty, Wan Chan ou Poko restent bien moyennement dessinés (car pour ces derniers Hirohiko Araki ne disposent pas de modèles préexistants).

note : 8/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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