Geoff Johns (scénario)
Jim Lee (dessin)

Justice League, tome 1 : Aux origines

Comic, science-fiction / superhéros
Publié en VF le 25 mai 2012 chez Urban Comics
Publié en VO en septembre 2011 (« New 52 »)

Il y a cinq ans, nul ne connaissait l’existence des surhommes, et encore moins celle des super-héros… Avec l’apparition de Superman, Batman, Green Lantern et Wonder Woman, les autorités, effrayées par la puissance de ces individus, les déclarèrent hors-la-loi. Cependant, lorsque Darkseid projeta de conquérir la Terre, les Humains durent se placer sous la protection de leur héros. Voici le récit de la première union des plus grands justiciers qui allait bientôt devenir la célèbre Ligue de Justice.

J’ai renoué avec le monde merveilleux des super-héros avec l’opération 48 heures BD 2017. J’adore les scénarios et les dialogues de Geoff Johns, j’adore les dessins de Jim Lee, c’est cool, c’est fun et l’epicness to the max est bien au rendez-vous. Mais si j’ai passé un bon moment, en matière de super-héros il en faut désormais plus que cela pour m’emballer !
On nous explique que DC Comics a pris un pari en refaisant redémarrer toutes ses séries au numéro 1 sous le nom de « New 52 »… Mais comme c’est la 5e fois depuis le début de l’âge moderne des comics (avec un 6e reboot/relaunch en cours sous le nom de « Rebirth »), ce n’est ni risque ni pari mais un simple processus marketing (sans parler que plus les choses changent et plus elles semblent les mêmes).
Entre le dictatorial Comics Authority Code, le castrateur cahier des charges, le suranné politiquement correct, les pesanteurs des impératifs économiques, et l’ancestral poids des totems, la marge de manœuvre pour les auteurs est assez mince ! On a un turn-over de scénaristes, de dessinateurs et de coloristes, qui utilisent le peu de liberté qui leur est alloué en remettant au goût du jour des personnages délaissés ou en inventant de nouveaux personnages… Dans un cas comme dans l’autre les séries dérivées se multiplient, et au final les astres finissent pas être propices au retour des Grands Anciens tellement archétypaux qu’ils en sont éternels. Ce qui nous amènera au reboot / relaunch suivant qui enverra à la poubelle toutes les innovations du reboot / relaunch précédent… Et la Justice League ou Ligue de Justice en VF est l’un de des archétypes universaux : on appelait ses membres Chevaliers de la Table Ronde au Moyen-Âge, et on appelait ses membres Argonautes dans l’Antiquité… Les intellos débilos les considère comme appartenant au cul-de-basse-fosse de la culture populaire, mais c’est justement de voire comment les super-héros épousent leur époque qui est intéressant. Car il sont de véritables reflets des sociétés qui les ont vus naître : ils ont porté les espoirs et les craintes de leurs auteurs et de leurs lecteurs en étant successivement anti-nazis, anti-communistes, groovy, rebelles, punks, post-guerre froide et post 11 septembre…

Le monde est en train de changer !  Ils sont partout ! Cette nouvelle espèce humaine… capable de voler, d’abattre un mur à mains nues, de courir à une vitesse super-sonique… ! Et tu rêves d’une carrière d’athlète… ? d’athlète humain… ? Tous tes exploits sont déjà dépassés !

Dans l’univers « New 52 » (appelé « Renaissance » en VF, ce que mettra les éditeurs dans la merde avec le reboot / relaunch appelé « Rebirth » ^^), les super-humains sont considérés comme des aberrations quand ils ne sont pas suspectés d’être des monstres voire des ennemis publics… Sauf que ce bon vieux Darkseid recyclé en collecteurs ressources humaines décide de moissonner la Terre et que seuls les super-humains peuvent empêcher l’extinction de l’humanité ! (enfin celle de New York / Métropolis, parce que le reste du monde les Yankees s’en battent les steaks hein ^^)
Par ordre d’apparition, nous avons :
– Batman est une légende urbaine et non une célébrité superhéroïque, sérieux mais non sombre c’est par son humanité qu’il apporte un point d’équilibre au groupe de super-humains destiné à devenir les Super Sept / la Justice League
– Hal Jordan est arrogant, égoïsme et m’as-tu vu, du coup on se demande comment il a pu intégrer le noble corps plus Space Opera tu meurs des Green Lanterns (remember Lensman / Fulgur d’Edward Elmer « Doc » Smith ) 
– les épaules débarrassés du poids de la civilisation kryptonienne, Superman est plus humain, plus accessible, mais plus fragile et plus faillible…
– Barry Allen alias Flash est ici toujours un membre de la police scientifique, et son altruisme compense l’égoïsme de son ami Hal Jordan / Green Lantern
– Wonder Woman est une transfuge de l’âge d’or de la mythologie, c’est donc tout naturellement qu’elle est chapeautée par l’agent Steve Trevor qui s’échine à l’empêcher de faire trop de dégâts… DC Comics s’est inspiré du Thor des films Marvel Comics qu’ils ont trouvé trop cool, et comme Marvel Comics a trouvé trop cool la déesse badass de DC Comics c’est tout naturellement qu’ils ont décidé de travestir Thor en princesse guerrière… C’est d’autant plus ridicule que la série possédait des personnages féminins très forts qui ne demandaient qu’à être mis en valeur (Hela, Sif, Jane Foster, l’Enchanteresse… Oui mais non, Thor : Ragnarok qui aurait pu faire cela a réalisé l’exploit de presque toutes les oubliées… Soupirs).
– Aquaman débarque d’un peu nul part, mais en tant que souverain né dans la pourpre il veut absolument prendre la tête de la Justice League / Ligue de Justice bien qu’il se fasse un peu bolosser par tous ceux qui sont appelés à devenir ses compagnons d’armes
– Concernant Cyborg alias Victor Stone, comment dire… Déjà que je suis dubitatif sur les quotas ethniques, ici le personnage est au centre de moult clichés donc cela m’a plus ou moins énervé ! Victor Stone est un afro-américain champion universitaire (cliché), fils d’un savant génial qui travaille dans un département secret (cliché), et son père obnubilé par les performances des super-humains en a rien à carrer des performances humaines de son fils (nous sommes dans une mauvaise relation père / fils, donc dans un cliché), et quand il est victime d’un technologie non-humaine son père utilise une technologie non-humaine dans l’espoir de le sauver (cliché ?)…

La part belle est évidemment faite aux super-héros, et Darkseid, ses lieutenants et ses sbires sont dévolus aux rôles de faire-valoir (du coup on ne sait pas d’où ils viennent, qui ils sont et ce qu’ils veulent… du coup nous sommes une fois de plus victimes de l’incurie des scénaristes yankees, et du coup je vous dis concernant Star Wars épisode 8 « fuyez, pauvres fous ! »). On suit l’origin story de la Justice League / Ligue de Justice à travers de Cyborg, et les relations se nouent rapidement entre les différents personnages, et ce d’autant plus que les auteurs nous font bien sentir que l’union fait la force… Au final c’est le plus faible qui vient au secours du plus fort, les plus égoïstes qui se mettent le plus au service du groupe, et le plus inexpérimenté qui les fait triompher… Un pour tous et tous pour un ? Désolé , même si c’est loin de démériter j’ai déjà lu ça ailleurs, et en mieux (genre le manga My Hero Academia qui pioche à parts égales chez ces éternels rivaux que sont DC Comics et Marvel Comics). Mais je serais le pire des pisse-froid si je n’écrivais pas que j’ai bien envie de continuer l’aventure New 52 quand même ! ^^

note : 6,5/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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