Jean-Luc Bizien

Katana, 2ème partie :

Dragon Noir

Roman, fantasy / heroic fantasy / Young Adult
Publié le 14 novembre 2013 au Pré aux Clercs

Ichirô et les siens ont affronté de terribles épreuves. Après avoir entendu les révélations d’Hatanaka, les cinq décident de venger la mort de leurs parents en abattant le shogun. Mais le seigneur-dragon connaît sa puissance, et désire l’affrontement. Une seule arme peut vaincre le monstre : le katana du défunt Toshirô, dont la lame a été bénie des dieux. Où se trouve cette lame de légende ? Existe-t-elle seulement ? Qui peut se montrer digne de la manier ? Les cinq devront s’unir pour relever l’ultime défi qui les plongera dans la plus terrible des batailles.

Pour moi l’aventure Katana a continué grâce à Babelio et Masse Critrique, mais aussi et surtout grâce à la sympathique mais défunte collection Pandore de Xavier Mauméjean (encore un éditeur incapable de laisser sa chance au produit, pire encore incapable de tenir ses engagements et ses promesses) et la passion de Jean-Luc Bizien pour son bébé.

Ce n’est toujours pas le grand roman de Katana & Sorcery que j’attendais et que j’attends encore. Le ton résolument Young Adult n’est définitivement pas pour moi (« je suis trop vieux pour ces conneries » selon l’expression consacrée), mais avec cette fantasy entre chambara j’ai quand même passé un bon moment grâce à un esprit shonen de bon aloi.

Dès le départ on nous offre un long flashback qui rappelle tous les classiques du chambara avec le daimyô félon, le seigneur loyal bon, sa sublime épouse, son général de légende fidèle jusque dans la mort et les samouraïs déchus collabos ou résistants… Mais pour la suite des opérations impossible de m’enlever de la tête l’idée que cela avait le parfum du Secret de Ji de Pierre Grimbert, autre auteur spécialisé en jeunesse et en YA (et pour moi c’est un compliment, j’ai beaucoup d’affection pour ce cycle) : le passage dans le donjon de daimyô-sorcier, c’est celui du mausolée labyrinthique de Sombre, le passage surnaturel dans le charnier, c’est les héros dans l’infernal Jal’Karu…

J’ai apprécié l’orientation shonen consciente ou inconsciente de cette 2e partie : autour d’Ichirô se constitue un groupe de 5 héros de physiques et de caractères différents qui maîtrisent des armes différentes.
D’ailleurs les personnages gagnent ici en consistance, même si Hatanaka nous fait un gros coup de déprime après sa confession et que comme le veut la tradition shonen le héros principal reste trop lisse. Le duo formé par l’impétueux Ôno et le peureux Ryoichi fonctionne assez bien et attire la sympathie. J’ai eu un peu peur que le jovial Jôtaro fasse la 5e roue du carrosse, mais son binôme avec la froide Aiko fonctionne assez bien aussi.

Et comme chacun semble représenter un élément, on se demande si on est dans un sentai, dans Les Samouraïs de l’éternel ou dans Legend of the Five Ring… Mais le doute ne dure pas longtemps avec des tirades sur les attaques qui ne marchent pas deux fois sur le même samouraï, ou les techniques de combats qu’on ne peut pas reproduire en l’ayant seulement subie une fois dans vie et tutti quanti… Saint Seiya forever ! blink

– Le samouraï est à l’image de ceux de sa caste. Il confond bravoure et stupidité… et il ignore le sens du mot humilité !

Le cahier des charges est bien rempli : bagarre d’auberge, attaque de ninja, duels à mort, batailles, sièges, combat final contre le maître du mal. C’est dommage que le seigneur des ténèbres agisse comme un sous-Smaug car cela retire de la valeur aux exploits de notre groupe de héros, et c’est dommage que tout cela soit un peu précipité car j’aurais préféré qu’on développe davantage la phase de recrutement à la Robin des Bois puis la phase militaire contre le seigneur-dragon. Mais qu’importe puisqu’on a échappé à la sempiternelle trilogie exposition / transition / conclusion.
Le final d’ailleurs, c’était plus shonen antique tu meurs ! ATTENTION SPOILER L’invocation de l’armure / épée magique à l’aide de la cosmoénergie de des compagnons disparus qui ont puisé dans l’espoir et l’amitié pour faire triompher l’amour et la vérité… FIN SPOILER

Car le héros, son mentor et ses compagnons n’ont été au final que les instruments presque allégoriques d’une justice immanente qui en remplissant leur mission divine sont entrés dans la légende. Et les légendes ne meurent jamais ! Tout est bien qui finit bien malgré l’amère fin… (je n’ose imaginer ce qu’un Mathieu Gaborit ou une Estelle Faye aurait fait d’une telle dramaturgie avec leur plume tragico-poétique)

On sent toujours pour le meilleur et pour le pire que tout cela était destiné à être une bande-dessinée et j’espère qu’un éditeur permettra un jour au rêve de Jean-Luc Bizien de prendre vie dans ce média, il le mérite bien ! De plus on aurait pu rassembler les 2 tomes en 1 seul de 600 pages, et remanier quelques trucs ici et là…
Pour résumé excellent pour les plus jeunes ou les plus néophytes, assez sympa car très rafraîchissant pour les easy readers, sans doute parfaitement dispensable pour ceux qui sont plus exigeants quant à leurs choix de lecture.

PS : la couverture de Xavier Ribeiro est moins réussie, et on dénote quelques inattentions dans les corrections.

note : 6/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

Pin It on Pinterest

Share This