Eric Hérenguel
(scénario & dessin)

Eric Hérenguel

Bande dessinée, fantastique / uchronie
Publiée le 04 octobre 2019 chez Ankama

1947, quatorze ans après la victoire de Kong, Manhattan a été évacuée et l’île est désormais une zone interdite, surveillée par la Kong Crew, une escadrille de pilotes parmi lesquels nous rencontrons le jeune et impétueux Virgil ! Alors qu’un scientifique et un journaliste entrent dans Manhattan, illégalement, la Kong Crew est dépêchée sur place pour tenter de retrouver les deux intrus…

Quand Eric Hérenguel a quitté la série Ulysse 1781, intérieurement je l’ai maudit. Mais je l’attendais aussi au tournant : s’il s’était tourné vers le roman graphique autofictif je lui serais tombé dessus à bras raccourcis… Oui mais non, il reprend une œuvre antérieure entièrement dédiée aux « mauvais genres » qu’il fait passer du comics de 24 pages en Noir & Blanc à la BD franco-belge de 54 pages en couleurs !

En 1933 les autorités américaines n’ont pas su stopper King Kong, et il a fallu évacuer Manhattan dans la panique la plus totale. Nous sommes en 1947, et 14 années plus tard la Kong Crew est une unité d’élite qui doit faire en sorte que rien ne s’échappe de la « zone interdite » qui correspond au centre-ville de ce qui a été la principale agglomération des États-Unis et du monde. Mais nous sommes aussi en pleine campagne électorale présidentielle, et les conservateurs qui veulent mobiliser toute l’armée américaine pour éliminer l’occupant simiesque avec le soutien officieux du Président affrontent les mouvements écologistes et antispécistes qui eux ont le soutien officiel de la Première Dame…
C’est en suivant les ordres de son supérieur Turner que le dénommé Virgil Price se retrouve en territoire ennemi / occupé. Un territoire que parcourent également des mercenaires adeptes du lance-flammes, des amazones laissées à leur propre sort, le biologiste Jonas Harker, le journaliste Irvin Stone, et des créatures diverses et variées. Tôt au tard les uns et les autres devront se croiser, à moins que l’infirmière Betty, le Colonel Pearl ou l’un et l’autre des coéquipiers de notre héros ne fassent pencher la balance d’un côté ou d’un autre (mention spéciale à Spit le teckel jouant à à la fois les rôle de sidekick et de comic relief)…

– Prof ? Prenez cette winchester. Avec vos cheveux blancs, vous aurez l’air de Buffalo Bill.
– Pardon ? J’ignore tout des armes mon ami.
– Vous verrez, tirer, ça s’apprend vite. Et dans le cas contraire… Vous êtes mort.

L’auteur a décidé de faire de King Kong un avatar des forces de la nature qui a ramené avec lui son écosystème. C’est ainsi que Manhattan est devenue un jungle urbaine avant devenir une Skull Island bis aux portes de l’Amérique. Et c’est ainsi que la « zone interdite » est devenue une enclave 100% naturelle prête à déferler sur les États-Unis 100% industriels : tout un programme !
Beaux avions, belles bagnoles, beaux-gosses, belles-gosses et créatures pourchassant les uns et les autres. Nous sommes dans le pur divertissement pulpien avec grande aventure, grands mystères, périls mortels, et rebondissement incessants pour y échapper et/ou y replonger.

Eric Hérenguel qui en solo s’avère aussi bon dessinateur que scénariste et dialoguiste s’amuse comme un petit fou avec sa version à lui du Cadillacs and Dinosaurs de Mark Schultz, et moi aussi aussi je me suis amusé comme un petit fou : grâce à sa bonne humeur et à sa bonne volonté, nous sommes indiscutablement dans la Série de B de belle qualité (et pour ne rien gâcher bien référencée) ! Ah ça oui, To Be Continued !!!

PS: L’auteur nous révèle en appendices que tout cela aurait pu et aurait dû être adapté en animation, et OMG quel kif cela aurait pu et dû être ! Oui mais non, vous connaissez tous ce mur des cons : preneurs de décisions, créateurs de richesses, premiers de cordées et classes bien aisées sont toujours persuadés que les dessins animés ce n’est que pour les enfants et les teubés… Les teubés c’est eux, et ils ne méritent qu’une bonne paire de baffes avec tous leurs préjugés !!!

note : 9/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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