Sarah Ash

Les Larmes d’Artamon, tome 1 :

Seigneur des Neiges et des Ombres

Roman, fantasy / fantastique / Young Adult 
Publié en VF le 26 janvier 2006 chez Bragelonne
Publié en VO en 2003 (« The Tears of Artamon 1, Lord of Snow and Shadows »)

Trois royaumes. Un homme. Une destinée écrite en lettres de sang. Tout ce que Gavril Andar connaissait de la vie était le climat ensoleillé du Sud, sa mère si belle et son amour de la peinture. Jusqu’au jour où de féroces guerriers viennent bouleverser ses jours paisibles. Ils vont le ramener : de force dans le royaume hivernal d’Azhkendir. Là-bas, le roi a été assassiné : son père qu’il n’avait jamais connu. Dans ses veines coulait le sang brûlant du Drakhaoul qui va sceller le destin du jeune Gavril. Prisonnier de Kastel Drakhaon, cerné par les glaces, il est censé venger la mort de son père, sous l’œil de ceux qui, dans l’ombre, guettent l’occasion de bouger leurs pions contre lui. Mais Gavril, lui, lutte pour garder son âme humaine et retenir les sombres instincts qui menacent de s’emparer de Lui. Car devenir Drakhaon ne signifie pas seulement accéder au trône d’Azhkendir, mais aussi changer : devenir un guerrier dragon, d’une puissance et d’une aura extraordinaires… et puiser dans le sang d’innocents pour survivre !

Attiré par la chouette illustration de Didier Graffet, le 4e de couverture intéressant et des critiques élogieuses sur le net, j’avais investi dans le tome 1 des Larmes d’Artamon intitulé Seigneur des Neiges et des Ombres. C’était plutôt sympathique, mais je n’ai jamais eu l’envie de poursuivre l’aventure : même en ayant passé un agréable moment de lecture malgré tout, je n’ai vraiment pas été emballé plus que cela….

Les + :
– un univers intéressant avec une Azhkendir jouant le rôle d’une Russie encore médiévale entourée par des monarchies ambitieuses déjà bien entrées dans la modernité
– une ambiance hivernale et neigeuse, des sonorités slaves dans la plupart du naming, des clans guerriers et leurs totems animaux : rien à faire cela titille fort bien l’imaginaire !
– une atmosphère gothique « old school » : Dracula et la malédiction du Vampire ne sont finalement pas si loin du Drakhaon et de la malédiction du Drakhaoul…

Les – :
– les dialogues juvéniles par très convaincants dans leur côté sit-com adolescent
– la naïveté confondante des personnages féminins, parfois justifiée mais toujours soûlante
– la naïveté insupportable du personnage principal : quand on hérite d’un royaume moyenâgeux et ses siècles de vendettas familiales et de vengeances féodales, on n’a pas le temps de jouer au caliméro sinon on ne fait pas de vieux os !
– des facilités scénaristiques qui émaillent le récit pour en amoindrir la saveur et l’intérêt
– un « happy-end » tout milieux, tout pourri et tout moisi un peu en contradiction avec le reste du roman

– Tu n’as pas peur, alors ?
– Peur, seigneur ? Du mauvais œil des Arkhel ?
– De moi.

En bref, de bonnes idées pas assez bien exploitées. Avec le même univers et la même ambiance slave, je suis sûr qu’il y avait largement les moyens d’écrire quelque chose de plus pêchu qu’une amourette entre deux adolescents !
Ce n’est pas mauvais, mais ce n’est pas très original non plus : l’univers intéressant reste à développer, l’intrigue reste mal mise en valeur car servie par des personnages souvent assez gnangnan (trop de sentiment, pas assez d’événements : mais bon c’est peut-être ce que recherchent les lecteurs/lectrices de Sarah Ash).
J’ai vraiment peiné à trouver « l’intrigue résolument tournée vers l’action » évoquée par un site de fantasy bien connu. Qui fait la part belle à l’émotion oui, mais à l’action jamais : Gavril passe le plus clair de son temps à pleurnicher dan son coin, et à psychoter pour ne pas agir et de pas prendre de décisions…

Pour moi cela reste rafraîchissant mais pas transcendant. Par contre, malgré les pistes lancées en fin de roman, ce tome  1peut tranquillement se lire indépendamment : on peut se lancer pour se faire une opinion sur l’auteur, son style et son univers sans se farcir une longue et coûteuse machinlogie de X tomes de XXX pages. Bref, un univers dixneuvièmiste intéressant et une ambiance Russie gothique réussie, mais tous les deux assez mal mis en valeur par des personnages mièvres et des péripéties prévisibles.

Sarah Ash fait partie de ces auteures féminines (Sarah Douglass, Fiona McIntosh, Trudi Canavan et tutti quanti) à un moment mis en avant par Bragelonne et qui écrivent des romans honnêtes et gentils, mais qui risquent de peiner à convaincre les publics non ciblés.

note : 5,5/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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