Balak, Michaël Sanlaville & Bastien Vivès

Lastman, tome 1

Manga, fantastique / portal fantasy
Publié le 09 mars 2013 chez Casterman

Le jeune Adrian Velba est heureux. Après avoir travaillé dur toute l’année dans l’école de combat de Maître Jansen, il va enfin pouvoir participer, pour la première fois de sa vie, au grand tournoi annuel parrainé par le roi Virgil et la reine Efira. Même son partenaire – le chétif Vlad, un piètre combattant- ne parvient pas à limiter son enthousiasme. Hélas, à quelques heures de la clôture des candidatures, Vlad déclare forfait, malade. Le coup est terrible pour Adrian, car il faut être deux pour s’inscrire au tournoi. Échec sans appel ? Non, car in extremis surgit un grand gaillard que personne n’a jamais vu en ville, Richard Aldana…

Il était une fois trois artistes français de talent et de passion qui au bord de l’océan de l’impossible invoquèrent ensemble les dieux du chaos pour ressusciter l’esprit des années 80/90… Depuis c’est boostés aux zygomatiques et à l’adrénaline, à l’épique et au tragique qu’ils roulent à toute berzingue sur l’autoroute de la supracoolitiude, zigzagant entre l’over the top et le too much pour éviter le WTF et dépasser la condition de Série B… Et ces fous furieux on en plus réalisé tout cela en suivant le mode de production japonais puisque la saga a été chapitrée de mains de maîtres pour offrir aux lecteurs 20 pages par semaine sur le site Delitoon (il paraît même que la publication de Lastman au Japon aurait créé là-bas une faille spatio-temporelle !) : bénis soient Balak, Michaël Sanlaville et Bastien Vivès d’avoir crée ce manga français addictif pour nous faire partager leur imagination décomplexée !

Alors que Paxtown métropole polluée, encombrée et corrompue tente de s’élever vers la lumière, de l’autre côté du miroir la Vallée des Rois terre de merveilles s’enfonce elle dans les ténèbres… Si la Vallée des Rois est le seul vrai monde et que tous les autres n’en sont que des ombres (remember Les Princes d’Ambre de Roger Zelazny), alors pourquoi les liens de causalité ont-ils été renversés tandis que disparaissent les murs de la réalité ???

Dans une Portal Fantasy complètement déjantée tout le monde accuse Richard Aldana le roi de la punchline qui emprunte autant à Bébel et Stallone qu’à Ryo Saeba et Bruce Willis d’avoir créé tout ce merdier en volant dans la Vallée des Rois la Coupe des Champions, mais c’est pourtant loin d’être le premier à avoir franchi les barrières entre les dimensions… Mais quand tout cela a-t-il vraiment commencé ??? Quand un jeune branleur a promis à son mentor mourant de veiller sur sa fille adoptive hôte d’un dieu-démon plein d’ambition ? Quand un apprenti sorcier de Paxtown a invoqué de l’éther les démoniaques Roitelets ? Quand le Roi Théodore a créé la Garde Royale pour chasser les ténèbres de la Vallée des Rois ? Quand les seigneurs de la Vallée des Rois ont vendu leurs âmes au diable pour acquérir le pouvoir de vaincre la mort ? Et après tout, la fin de tous les mondes a peut-être commencé quand l’Iguane Noir a orchestré la rencontre du plus grand sorcier de la terre et de la plus grande guerrière de la Vallée des Roi… Et si Adrian Velba était Luke Skywalker ? Et si Richard Aldana était Obi-Wan Kenobi ? Je fonce sur l’autoroute de la supracoolitude avec Balak, Michaël Sanlaville et Bastien Vivès ! Oh Yeah !!!

Je vous laisse aller consulter les critiques presse hors-sujet avec le temps et l’espace qui ont mis dans l’embarras bien des libraires et des bibliothécaires en ayant rien compris du tout au gros délire des auteurs qui passent à la moulinette Eugène Sue et Gustave le Rouge pour piocher à cœur joie chez Steven Spielberg, Quentin Tarantino et John Carpenter avant d’emprunter à Dragon Ball, Narnia, City Hunter, Ranxérox, Robocop, X-Files, Die Hard, Demolition Man avec dans le rétroviseur Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin et Les Aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8ème dimension… (la liste des références et des inspirations est sans fin, sans parler d’un naming complètement issu des actrices aux poitrines les plus conquérantes de la culture pour adultes)

– J’ai pas réussi à gagner un round depuis le début.
– C’est normal, Adrian, tu te bats comme une quiche.
– Une quiche ?
– Avant de penser à gagner des matchs, y’a un truc que tu pourrais faire. Déjà d’une, tu vas arrêter de te plaindre parce que ça me gonfle. De deux, il va falloir te mettre dans le crâne qu’on est sur un ring et plus dans les jupes de maman. Et de trois, désolé de te le dire mais tu fais 1m20, tu pèses 30 kilos, donc contre des mecs taillés comme des bœufs… c’est difficile… Mais si tu écoutes, je pourrai te donner 2, 3 clés pour pouvoir t’en sortir.

Tout commence avec ce tome 1 dans le royaume médiéval-fantastique des souverains Virgil et Efira (humour évidemment), et nous suivons le jeune Adrian Velba qui veut absolument participer au grand tournoi d’arts martiaux local (héritage Dragon Ball)… Mais les combats se faisant obligatoirement en équipe il faut être deux pour pouvoir y participer, et pas de chance pour lui son binôme déclare forfait au tout dernier moment ! C’est là qu’entre en scène Richard Aldana, un mystérieux aventurier venu d’on ne sait où qui veut absolument participer à ce tournoi quitte à s’associer à notre jeune héros… Et au premier tour, ils rencontrent les terribles frères Soares (sosies des frères Bogdanov, bien connus de la Génération Y avec leur émission Temps X) !

Comment résumer ce tome 1 ? C’est un peu un gros revival eighties sur fond de « mais qu’est-ce que je vais foutre dans un shonen nekketsu magique ? »… L’anti-héros pro de la stonba et adepte du virilisme ressemble à Corto Maltese version badass, alors que le héros ado ressemble à un Petit Prince rêvant de devenir le nouveau Chuck Norris !

Pour les surveiller Marianne Velba, french beauty époque Brigitte Bardot / Jane Fonda, qui n’a aucune confiance dans ce mystérieux baroudeur venu d’ailleurs parce qu’elle en sait bien plus qu’elle ne veut bien le montrer : préparez-vous à des twists / révélations en rafale car SPOILERS EVERYWHERE !
Les auteurs laissent clairement entendre que Richard Aldana vient d’un autre monde, ce qui va rapidement nous amener de manière complètement déjantée vers les terres de la Portal Fantasy !

Les dessins sont certes déroutants de prime abord, mais le découpage est remarquablement fluide ! Toutefois si ça se lit très bien et très vite, je reste persuadé que la couleur aurait été un meilleur choix que le noir et blanc… Après j’ai moi aussi eu du mal à cerner le public cible de cette série avec ce premier tome car si on joue avec les classiques du shonen, le ton, l’humour et les références sont assez adulte finalement. (Mais avec du recul tout est évident, évidemment !)

note : 8/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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