David Pertersen

Légendes de la Garde, tome 2 : hiver 1152

Comics, fantasy
Publié en VF le 27 janvier 2011 chez Gallimard
Publié en VO de juillet 2007 à août 2008 (« Mouse Guard: Winter 1152 »)

Depuis la nuit des temps, la Garde protège les souris des mille dangers qui menacent leur existence. Trois de ses membres les plus solides, Kenzie, Saxon et Lieam, découvrent lors d’une mission de routine un noir complot ourdi dans la ville de Barkstone. Trop tard ! Lieam est fait prisonnier, les deux autres sont laissés pour mort aux portes de la ville et une armée traîtresse marche déjà vers Lockhaven, la légendaire forteresse de la Garde.

Dans Mrs. Frisby and the Rats of NIMH, conseillée par le sorcier Nicodemus et le sage Mr Ages la veuve du courageux Johnathan luttait pour sa famille vivant sous la menace des griffes de Dragon, un redoutable félidé borgne. Belle postérité pour cette œuvre jeunesse de 1971 avec la série Redwall / Rougemuraille débutée en 1986, ou la série De cape et de crocs débutée en 1995. Mais ici il m’a été difficile de ne pas penser à Loup, Furet et Belette les chevaliers hors-la-loi de Maître Blaireau dans La Reine de Vendôme de Colin Marchika… (ou de ne pas avoir envie de jouer à Mice & Mystics !)

Ici sur les Terres du Milieu, le peuple souris est dispersé en communautés liées entre elles par les courageux hommes de la Garde dirigée par la Matriarche Gwendolyn qui en 1149 renversèrent le Tyran Furet à l’issue des Guerres d’Hiver. Immédiatement nous faisons connaissance avec Athos, Porthos et Aramis, euh pardon Lieam, Kenzie et Saxon…
PS: merci à Marion Roman d’avoir si joliment traduit poèmes et chansons qui parsèment ces belles pages

Le héros tombe, le héros saigne, le héros ploie
Il sèche ses larmes amères et repart au combat
Souvent à se défendre, en deuil presque chaque jour
Un héros doit savoir établir sa bravoure
Ce n’est qu’après sa mort qu’on chantera ses exploits
Travail, devoir, abnégation, jamais ne trébuchera
Pourtant, il en est toujours un pour croire que le nom suffira
Et partir sera son seul choix

Hiver 1152 :

Les destructions occasionnées lors de la Bataille de Lockhaven sont plus graves que prévu et l’hiver qui s’installe est pire que prévu… La matriarche de la Garde Gwendolyn envoie ses gardes courir tout le royaume quérir provisions et médicaments, ainsi que convoquer tous les dirigeants souris pour panser les plaies de la rébellion de Minuit contre l’ordre établi. Car si les ambitions de la souris sont mortes, ses idées ne sont pas mortes avec elle…

Nous suivons donc Saxon, Kenzie, Lieam, Sadie et Celanawe en expédition vers Sprucetuck. Mais sur le chemin du retour, le sort s’acharne sur eux :
– Saxon, Kenzie et Sadie s’enfoncent dans les ténèbres pour braver le royaume silencieux des furets (remember la traversée de la Moria dans Le Seigneur des Anneaux !)
– Lieam et Celanawe affrontent le froid, le vent, la neige et un vindicatif chasseur nocturne ailé
C’est une course contre la montre pour sauver du mal qui le ronge donc de la mort Rand le Bouclier de Lockhaven, mais aussi pour sauver la Garde du traître qui s’apprête à poignarder dans le dos…
ATTENTION SPOILERS Et tandis que Celanawe démystifie la légende de Hache Noire en expliquant à Lieam les principes de l’évhémérisme, Lieam affronte lui toutes les épreuves du Héros aux mille et un visages pour devenir la nouvelle Hache Noire. C’est malin, c’est subtil, donc c’est très bien joué ! FIN SPOILERS
Action et émotion sont au rendez-vous, et les graphismes sont maîtrisés de bout en bout pour une histoire bien plus sérieuse qu’il n’y paraît de prime abord, et pour ne rien gâcher cette dernière fait la part belle au souffle de l’aventure voire à l’epicness to the max !
Alors que Lieam s’enfonce dans la nuit pour assumer son destin, les souris seront-elles suffisamment unies pour affronter au printemps le retour de leurs ennemis ?

Des furets nécromanciens, des hibous draconiques, des lièvres poètes, des souris chevaliers : les mythes arthuriens et les épopées dumasiennes sont mélangés pour constituer un formidable revival animalier du cape et d’épée ! à consommer sans modération de 7 ans (voire moins) à 77 ans (voire plus)

note : 9/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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