Oliver Peru (scénario)
Pierre-Denis Goux (dessin)
d’après Jean-Luc Istin

Les Maîtres Inquisiteurs, saison 1

tome 1, Obeyron

Bande dessinée, fantasy / heroic fantasy
Publiée le 25 mars 2015 chez Soleil

S’il est une chose qu’a réussi le mage dans la grande guerre qui a ravagé le monde d’Oscitan, c’est provoquer la haine, la méfiance, la peur, le mépris, la discorde et beaucoup d’autre nobles sentiments. Devenu Maître-Inquisiteur après le conflit afin de lutter contre le crime, Obeyron n’obéit qu’à une seule maîtresse, la justice. Jusqu’à sa dernière mission dans la lointaine forêt des Soupirs, où on l’a piégé et laissé pour mort. Seulement, voilà, on ne tue pas un Inquisiteur si aisément. Et Obeyron est bien décidé à enquêter sur sa propre mort.

Chers amis fans de bandes dessinées et de fantasy, je suis au regret de vous annoncer que Les Maîtres Inquisiteurs sont une chouette série de plus à suivre, car réalisée par la même équipe qui nous a offert les sagas des Terres d’Arran.

Une fois de plus la fantasy française assume pleinement ses héritages rôlistiques avec un background de bon aloi. Cette série se déroule dans le monde secondaire d’Oscitan, longtemps déchiré par une guerre totale entre elfes, humains, nains et géants. Au fond du gouffre les mages décidèrent de s’impliquer pleinement en œuvrant au retour de la paix, par tous les moyens s’il le fallait. Aujourd’hui les deux empires du mage empereur et de la mage impératrice dirigent les maisons des Tyrs, des Ashinns, des Mannlander, des Mokhans, des Shakars et de la Confrérie Royale des Chênes, assistés par l’inquisition et ses cinquante mages justiciers, appelés maîtres inquisiteurs, qui essaye de faire régner la paix et la justice aux quatre coins du monde. Un Judge Dredd fantasy : mais quelle idée coolissime !

Toutefois comme toutes les série qui veulent miser sur background et worldbuilding sans encore avoir le temps voire les moyens de les installer, on entre de plein pied dans univers et on a l’impression de de prendre encours de route une série au long cours…

C’est au lendemain de cette interminable guerre, que dans la ville d’Ares, siège de l’Inquisition, nous faisons connaissance avec le mage justicier Obeyron, présumé mort en mission dans la Péninsule des Soupirs quarante ans auparavant, et désormais en quête de réponses et de vengeance. Questionnant au poing ou au couteau ses anciens ennemis et adversaires, le maître inquisiteur souhaite savoir qui a commandité son meurtre, celui de son ami elfe I’Jaren, et ceux de tous les membres du convoi de pionniers qui les avaient accompagnés dans leur mission d’exploration. Et les suspects sont légions : le roi Charles, Aran la pourriture carriériste, Hypnares le commandant raciste, Hen’gonar l’officier sadique, Guimeod le cartographe corrompu, Achylein, le capitaine de la cavalerie, Louteran le grand archiviste, l’exploitant d’enfants Gearsen, le baron des voleurs…

– Tu… Tu étais mort…
– On ne tue pas la justice.

La narration aux petits oignons d’Olivier Peru alterne présent et passé : au fur et à mesure de l’avancée de l’enquête, nous découvrions qui était Obeyron, ce qui lui est arrivé, et ce qu’il est en train de devenir…

ATTENTION SPOILERS le Maître inquisiteur qui disposait du pouvoir le plus faible (créer temporairement des doubles de lui-même, comme Jamie Madrox l’homme multiple du xmenverse), dispose peut-être maintenant du pouvoir le plus fort (créer durablement toute forme de vie déjà rencontrée). Et au final, l’ambiguïté est maintenue de la première à la dernière page sur plusieurs points :

I’Jaren est-il réellement un fantôme, une manifestation du nouveau pouvoir d’Obeyron ou juste un symptôme de sa folie ? Le peuple des racines existe-il réellement, ou est-il une manifestation de son pouvoir ou un autre symptôme de sa folie ?… FIN SPOILERS

Les dessins de Pierre Denis Goux sont assez réussis avec une ambiance sombre, des personnages tous identifiables et expressifs, des arrière-plans travaillés, un cadrage et une mise en scène soignés. Et pour ne rien gâcher les couleurs de Digikore Studios sont à l’avenant, mieux elles nous offrent des visuels différentes pour la narration au présent et la narration du passé ! Bref, on est vraiment dans le haute du panier des productions Soleil. Je ne connais pas assez Servitude pour être catégorique, mais il m’a semblé qu’on lorgnait un peu sur la série de Fabrice David et d’Eric Bourgier.

Derrière une sombre histoire de vengeance, Olivier Peru nous raconte une belle histoire d’amitié… Vu que je suis presque sûr qu’il y a un peu du scénariste derrière l’elfe I’Jaren, y a-t-il un peu du dessinateur derrière le mage Obeyreon ?
Ce tome 1 est loin d’apporter toutes les réponses, se payant même de faire du foreshadowing sur l’opposition entre mages et sorciers avant de conclure sur un bon petit cliffhanger des familles appelant un « To Be Continued ». Vite la suite avec l’histoire du mage justicier Sasmaël !

note : 8/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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