Sylvain Cordurié (scénario)
Jean-Charles Poupard (dessin)
d’après Jean-Luc Istin

Les Maîtres Inquisiteurs, saison 1

tome 5, Aronn

Bande dessinée, fantasy / heroic fantasy
Publiée le 20 avril 2016 chez Soleil

Depuis sa fondation, la cité d’Anderion est sous la protection des prêtres du Dragon Rouge. À la pleine lune, ils récitent les versets sacrés issus de leur antique grimoire et empêchent le réveil des dragons. Quand ces derniers sont retrouvés morts et leur grimoire détruit, Noriav de l’Ordre des Mages, sollicite l’aide d’Aronn, jeune Maître Inquisiteur. Grâce à son pouvoir, Aronn peut extraire Eliezer le Fou de sa prison du Gottland et le ramener à Anderion. Eliezer, qui a autrefois écrit le grimoire, est le seul capable de sauver la ville de la rage des dragons. Mais les assassins rôdent toujours…

A Anderion, plus grande cité marchande à l’est de l’Ardaigne, les prêtres du dragon rouge ont été assassinés et leur grimoire a été incinéré… Donc plus rien ne peut empêcher le réveil desdits dragons rouges, séculaire épée de Damoclès d’Andarion (alerte MacGuffin !), et il ne reste que deux jours pour évacuer la population… Mais le magicien Noriav a une idée de génie : recourir aux services d’Eliezer qui connaît par cœur les rituels capable de les garder endormis. Seuls problèmes, le mage à la mémoire eidétique a été incarné à la prison de Tredd dans les terres glacées du Haut Gottand pour avoir attenté à la vie de l’empereur-mage, et l’aller retour entre ladite prison et la cité d’Anderion ne peut pas se faire dans le temps imparti ! C’est là qu’entre en scène Aronn l’inquisiteur capable de téléportation et Eldurin son garde du corps elfe capable de parler avec le feu (Blink du xmemverse + Ikki du Phénix = supracoolitude !) : ils vont devoir protéger coûte que coûte leur prisonnier, tous en démasquant les assassins des prêtres du dragon rouge… Mais si le criminel était innocent et ses accusateurs les coupables ???

Le schéma de la série est maintenant bien établi :
– un crime odieux
– un meurtre mystérieux
– un duo d’enquêteurs formé par un magicien talentueux et un elfe silencieux
– des investigations compliquées qui mènent à un complot, pire une conspiration
– la situation est désespéré, mais grâce au pouvoir de l’espoir et de l’amitié c’est le power-up inespéré : nekketsu power !!!
Ne voyez nul ironie dans ce qui précède, c’est juste une coolissime alchimie entre BD, comics et mangas qui amène un formidable epicness to the max : les éditions Soleil qui ont toujours essayé de marier les qualités des pôles majeures du 9e art et elles ont sans doute ici trouvé le bon dosage, voire même son l’alignement des planètes…
Ici c’est d’autant plus plaisant que les dessins de Jean-Charles Poupard et les couleurs de Digikore Studios sont à la hauteur de l’histoire, et que les auteurs multiplient les clins d’œil à la fois aux magiciens justiciers des tomes précédents, mais aussi aux classiques SFFF et à leurs gimmicks (comme ce maire aux cheveux blonds qui s’écrie « on va tous mourir !!! »).

Arrogant est l’homme qui se croit méritant, futile est sa vanité balayée par le temps.

ATTENTION SPOILERS Dans l’épilogue, Aronn est condamné à la prison et Eldarin à l’exil pour ne pas avoir suivi les ordres et ne pas avoir laissé la cité d’Anderion succomber à son triste sort (remember cet officier britannique condamné au peloton d’exécution pour avoir sauvé toute une population, contrairement aux ordres qui étaient de les laisser crever comme des chiens) : qu’est-ce que c’est que ce gouvernement mondial de merde qui privilégie l’intérêt particulier par rapport à l’intérêt général et qui place une légalité à géométrie particulièrement variable au-dessus de toutes les formes de moralités ?
J’ai désormais compris que Jean-Luc Istin est lui aussi parti en croisade contre les forces obscures de la crevardise puisque toute la série n’est qu’allégorie d’aujourd’hui… La grande guerre magique c’est la seconde guerre mondiale qui opposa le Grand Capital aux Bêtes Immondes de sa création, Ares c’est New York, l’Inquisition c’est l’Occident qui fatigué par la paix et la prospérité des Trente Glorieuses a tout envoyé valdinguer dans les années 1970/1980 pour écouter les sirènes du Veau d’Or néolibéral… La liberté, l’égalité et la fraternité c’est pour les loosers, le pouvoir et le pognon c’est pour les winners donc c’est tout naturellement que les riches doivent être très riches et de plus en plus riches, il faut que les pauvres doivent être très pauvres et de plus en plus pauvres (Don Salluste copyrigth). FIN SPOILERS

Que font faire le Dirty Harry heroic fantasy, l’homme-électrique justicier, l’aveugle pyromancien faiseur de miracles, le magicien de la flore défenseur de la veuve et de l’orphelin et le téléporteur qui a vaincu a lui tout seul une meute de dragons quand les masques vont tomber, et quand ils vont comprendre que leur hiérarchie les a trahis pour établir un New Word Order où tout n’est que pouvoir et argent pour que les faibles soit mieux exploités par les forts, les manants par les puissant puissants… Le TINA n’offre que deux options : la résignation ou la révolution !

note : 8/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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