Jean-Luc Istin (scénario)
Stefano Martino (dessin)
d’après Jean-Luc Istin

Les Maîtres Inquisiteurs, saison 1

tome 6, A la Lumière du chaos

Bande dessinée, fantasy / heroic fantasy
Publiée le 25 janvier 2017 chez Soleil

Qui en veut à la vie des Maître Inquisiteurs ? C’est ce que tentent de découvrir Nikolaï avec l’aide de quatre autres inquisiteurs. C’est une enquête délicate qui doit être menée rapidement car si l’inquisition est la cible apparente, Nikolaï redoute un attentat à l’encontre des monarques : Aquilon et Assynia. Le mobile est évident : la magie, éteinte depuis la fin de la grande guerre, doit à nouveau redevenir vive et puissante. Car la magie est liée à la guerre. Et qui en a besoin pour exercer ses talents ? Les Maître Inquisiteurs. Il n’y a aucun doute : le coupable est l’un d’entre eux. Mais lequel ?

Les 5 premiers tomes de la série nous montraient :
– l’Ordre des Maître Inquisiteurs chargés de faire régner l’ordre, la paix et la justice, un peu comme les magistrats-policiers badass de Judge Dredd des comics anglais 2000 A.D.
– un duo de super-détectives formé par un mage-justicier doté d’un super-pouvoir et par son garde du corps elfe, les uns et les autres sortant tous du moule à super-héros de DC / Marvel Comics
– les différentes pièces du puzzle d’un vaste complot destiné à faire revenir le monde d’Oscitan à une époque où l’homme était un loup pour l’homme…
Obeyron, l’homme multiple qui emprunte à Wolverine son caractère et ses répliques, Sasmaël, le taciturne Tornade au masculin, Nikolaï, le Professeur Xavier pyromancien, Mihaël, le hâbleur Poison Ivy au masculin, et Aronn le téléporteur philosophe, sont enfin rassemblés pour démasquer ceux qui menacent la paix du monde… Dans la capitale Ares nos super détectives cherchent à démasquer leurs adversaires, mais ils sont constamment sous la menace des super-assassins d’Osis, des traqueurs Liell et Brom toujours à la recherche d’Aronn accusé de traîtrise, et de Corwyn le mage doppelgänger qui libéré par ses alliés sème la zizanie en mode Mystique des X-Men… ATTENTION SPOILERS Puis le malheur s’abat sur le monde d’Oscitan : Palpatine, Dooku, les Siths, la guerre des clones et la grande purge des jedi ! Car nous retrouvons un énième homines crevarices qui insatisfait du pouvoir qu’il détient désir mettre en œuvre la théorie du choc à grande échelle pour obtenir le pouvoir absolu afin de devenir un énième Seigneur des Cendres… FIN SPOILERS

Plus le chaos avance, plus la magie revient en force du côté des super-héros comme du côté des super-vilains et c’est le super-kif de voir ATTENTION SPOILERS Corwyn passer en mode Sylar, Obeyron qui devient légion, Sasmaël qui se la joue Thor / Zeus, Nikolaï devenir la Colère de Dieu sur Terre, Mihaël recruter des armées d’Ents ou Aronn réarranger le monde… Et je ne parle même pas du boss du fin ! FIN SPOILERS

Nous sommes donc dans un crossover à la Marvel / DC Comics, et avec 75 pages d’action et d’émotion celui-ci tient toutes ses promesses avec un déchaînement de fantasy épique et de baston super-héroïque. C’est l’italien Stefano Martino qui est aux dessins : on reste dans les standards de chez Soleil, mais il s’agit de sa meilleure BD à tous les niveaux et franchement à ce niveau de qualité là les amateurs de l’epicness to the max ne peuvent que grave kiffer !

La paix et la justice n’intéressent pas tout le monde. Certains leur préfèrent la guerre…

Toutefois on n’est nullement dans le bourrinisme ou le grosbillisme : depuis ses débuts la série interroge sur la définition de la justice coincée entre l’application de la loi et la recherche de la morale, et ce tome final continue ici de le faire en introduction et en conclusion avec les réflexions philosophiques de Maître Adrael (frappé dans sa chair, va-t-il basculer du Côté Obscur et marcher dans les pas du tristement célèbre Magnéto ?). Et on aborde aussi le fait que la loi libère le faible en enchaînant le fort (n’en déplaisent aux libéraux et aux libertariens qui n’ont jamais connu la précarité et la pauvreté), et c’est sans concession qu’on met en scène ces élites qui veulent se placet au-dessus des lois pour revenir au bon vieux temps de la loi de la jungle où les puissants pouvaient exploiter et martyriser les plus faibles qu’eux comme bon leur semblait… Et on aborde aussi le casse-tête de la bonne gouvernance à travers l’histoire de la fondation de l’ordre des maîtres inquisiteurs : la fin justifie-t-elle les moyens alors que la voie menant vers l’enfer peut être pavées de bon intention et que d’un mal peut sortir un bien ?
La fin est ouverte et appelle une saison 2 : après le remake fantasy du génial « Rising Stars » de Joe Michael Straczynski, pourquoi ne pas aller vers le remake fantasy du génial « Supreme Power » de Joe Michael Straczynski…

PS : j’ai quelques regrets concernant la sempiternelle inégalité graphique entre les tomes, le fait qu’on est abandonné en cours de route les appendices rôlistiques approfondissant le worldbuilding, le fait que les bodygards elfes ne soient pas forcément à la fête dans le tome final en raison du grand nombre de super-héros et de super-vilains, mais aussi qu’on oublie un peu vite l’évolution du pouvoir d’Obeyron qui était au centre du tome 1…

note : 9/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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