Jean-Charles Gaudin (scénario)
Lucio Leoni & Emanuela Negrin (dessin)
d’après Jean-Luc Istin

Les Maîtres Inquisiteurs, saison 2

tome 10, Habner

Bande dessinée, fantasy / heroic fantasy
Publiée le 12 septembre 2018 chez Soleil

Habner et Akyleen débarquent dans la ville portuaire de Karnak. Le juge Adrael les a chargés de récupérer quelques ouvrages au retour d’une mission. C’est à la bibliothèque qu’ils rencontrent Aliénor de Lekyar. Ils ignorent encore qu’elle détient un ouvrage capital pour la survie de l’Ordre, le « Bakal-Ephraïm ». Ce livre légendaire et très convoité va précipiter nos héros dans une course-poursuite meurtrière.

Dans ce tome 10 des Maîtres Inquisiteurs qui compte 60 pages, après une introduction qui sentait le déjà vu (pour ne pas dire le réchauffé) les choses s’améliorent quand on présente le nouveau duo de la série composé du bodygard elfe Alyleen et du magicien justicier Habner. Le premier est un rookie par nature enthousiaste et inexpérimenté, le deuxième est plus mature et plus posé : on est dans le buddy movie ! Ils viennent à Karnak pour une mission de routine impliquant sa prestigieuse bibliothèque, sauf qu’Aliénor de Lekyar vamp intellectuelle est torturée et assassinée pour avoir approché de trop près un secret trop grand pour elle… Nous sommes dans la reprise d’Indiana Jones, du Nom de la Rose et de La Neuvième Porte et le renfort d’Aronn le magicien justicier doté du don de téléportation et d’Eldurin son expérimenté garde du corps elfique (voir tome 5) n’est pas de trop pour retrouver avant l’adversité les quatre coursiers à qui la victime a confié le grand secret pour qu’il ne tombe pas entre les mains d’Inales Landeroix, incarnation du Grand Capital, et du mage noir qui est à la fois son serviteur et son maître, incarnation de la Bête Immonde…
C’est ensuite que les choses se gâtent car entre récit pulpien et récit picaresque on a des personnages qui tournent en rond quand ils ne font pas un petit tour et puis s’en vont (ce qui peut aboutir à des péripéties artificielles qui ne servent à rien à part gratter des pages), et des méchants qui sortent d’on ne sait où juste pour finalement aboutir à l’impasse du grimdark martinien, ainsi que des deus ex magina et des twists qui tombent à plat… Qu’attendre d’autre du scénariste Jean-Claude Gaudin qui malgré de bons ingrédients avait déjà tiré vers le bas les séries Garous, Angor et Les Démons d’Armoise ? J’avais dit qu’on ne m’y reprendrais plus mais sur une de mes séries préférées je ne me suis pas méfié : après une saison 1 de très bonne tenue, ce tome 4 est clairement le maillon faible d’une saison 2 qui jusqu’alors était de meilleure qualité… Heureusement, pour se rattraper le tome suivant est signé Nicolas Jarry !

– Tu t’émerveilles sur des flèches, moi, pour une bibliothèque ! A chacun ses centres d’intérêt…

Graphiquement les transfuges du fumetti Lugio Leoni et Emanuela Negrin sont dans la lignée de mainstream de qualité dont les éditions Soleil se sont fait une spécialité, mais si les dessins étaient assez bons ils manquaient clairement d’inspiration : l’encrage et la colorisation ne sont pas au top et/ou au diapason, et les auteurs oublient parfois qu’on est en Europe et pas en Amérique ce qui nous aboutit à des planches inégales tirées vers le bas par des cases comics basiques où les détails ont été carrément oubliés (ah le castrateur cahier des charges yankee qui oblige à dessin plus simple pour dessiner plus vite et pour dessiner moins cher). Mais le truc qui m’a bien douché, c’est que j’ai superkiffé découvrir le super-pouvoir de Habner qui emprunte à l’un des X-Men les plus cool et les plus fun de tous les temps mais qu’il est pauvrement mis en scène avec des exploz cheap et des onomatopées éco+ : que c’est triste un tel manque d’imagination alors qu’on aurait pu faire 100 fois mieux rien qu’en allant piocher chez Marvel Comics !

 

note : 6/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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