Nicolas Jarry (scénario)
Pierre-Denis Goux (dessin)

Nains, tome 11 :

Torun de la Forge

Bande dessinée, fantasy / heroic fantasy
Publiée le 22 août 2018 chez Soleil

Fuyant la vengeance d’un maître du Talion, la famille de Torun s’est exilée à l’autre bout du monde. Le jeune nain se retrouve alors sans mentor pour lui enseigner l’art de la forge. Le prêtre du village se propose de le prendre comme disciple afin qu’il puisse lui succéder. La mort dans l’âme, il s’apprête à accepter quand sa route croise celle d’un ermite à moitié fou, un nain vivant comme une bête au fin fond des bois…

Avec ce tome 11 intitulé Torun de la Forge nous sommes dans l’éternel recommencement gemmellien, et ceux qui ont lu Les Pierres de pouvoir, La Reine Faucon ou Rigante savent de quoi nous allons parler… L’histoire se répétant à chaque génération, car à chaque génération tout est à refaire, dans leur vie les hommes et les femmes devant toujours réaliser leurs propres choix… Alors oui ce tome 11 reprend les ingrédients des tomes 1 et 6, mais quand c’est aussi bon il n’y a pas de mal à en reprendre !

Le jeune Torun est un adolescent en colère contre la terre entière : sa mère est morte et les père les a laissé lui, sa grande sœur Lizi et sa petite sœur Fann sous la houlette de leur grand-père paraplégique Druum… Ils font partie de l’Ordre de la Forge mais vivent comme les Errants, et faute de parents auxquels s’opposer Torun s’engueule de plus en plus avec son aïeul, honteux des actes commis par son au point de ne plus vouloir forger et de refuser de lui apprendre à forger, pire d’envisager de le faire entrer dans l’Ordre du Temple pour devenir curé de campagne… Torun est dans l’âge con, il est têtu, il flirte allègrement avec la frontière de la délinquance, et il aurait mal tourné si son ami humain Sarfan ne le ramenait pas souvent à la raison. Quand la Légion de Fer débarque dans son patelin, il croit sa chance venue mais on le renvoie chez lui car il n’a pas l’âge requis. Ses derniers espoirs reposent donc sur un vieux fou qui vit au fond des bois mais qui semble maîtriser les arcanes naines de la science de le forge. L’adolescent et le vieux fou trouve l’un dans l’autre ce qu’ils leur manquent d’humanité, et les choses semblent bien se goupiller quand patatras le destin frappa !

Le souvenir est ce qui lie les vivants et les morts, à travers eux nous pouvons continuer à nous aimer…

Car le seigneur local décide de profiter d’une invasion de peaux-vertes pour faire du libéralisme sauvage (acheter, accepter la concurrence c’est bien ; voler, avoir le monopole c’est mieux !), et tandis que la Légion de Fer lutte férocement avec de ténacité et vaillance, au lieu de venir en renfort pour les aider ce dernier massacre les fermiers du coin et traque sans pitié les témoins… Torun emporte sa petite sœur dans sa cavale, et après divers rebondissements truffés du suspens hitchcockien qui va bien tout le monde se retrouve plongé dans la bataille… Et au final le crevard aristocratique (pléonasme ?) se fait une joie de pointer du doigt le vieux fou qui vit au fond des bois dans l’espoir de faire diversion et qu’il endosse la responsabilité de ses crimes capitalistes :

l’affrontement est titanesque entre le plus grand guerrier nain de son temps et le plus grand guerrier nain de tous les temps (remember le White Dwarf !), mais le dénouement en sera-t-il tragique également ?

On retrouve avec joie et bonheur tous les gimmick gemmelliens qu’on aime bien quand on est humain, ainsi que les trucs et astuces de Nicolas Jarry qu’on aime bien aussi quand on est humain : les scuds contre la ploutocratie, la traditionnelle structure en analepse, le héros qui raconte sa propre vie pour nous raconter son histoire de l’intérieur, le spectacle de marionnettes pour montrer ou lieu de nous raconter ce qui fait un lien avec les tomes précédents (procédé qu’il avait déjà utiliser dans la série Elfes pour relier les tomes 2 et 12, mais ici il le fait en bien mieux)… Et puis c’est chouette de revoir les nains et les naines de la Légion de de Fer qu’on avait accompagné dans le tome 6 : le Seigneur Brum, le vieux Gurdan, la capitaine Fey, le vétéran Orss…
ATTENTION SPOILERS Et au final en retrouvant la raison Redwin la Légende trouve en Torun un fils spirituel, et avec ses frères Ulrog et Jorun la dynastie n’a pas encore fini de faire parler d’elle (mais apparemment pas dans le tome 16) ! FIN SPOILERS
Nicolas Jarry retrouve aussi dans ce tome son compère Pierre-Denis Goux, ici assisté aux couleurs de J. Nanjan et Bertrand Benoit : les graphismes sont d’autant plus agréable qu’ils collent bien à la série en général et à cet album en particulier, et pour ne rien gâcher bastons et scènes d’action sont bien fichues. Ceci étant dit, j’ai quand même vachement envie que Nicolas Jarry se remettent à écrire des romans Fantasy : trop cool cela serait !

note : 8/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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