Nicolas Jarry (scénario)
Stéphane Créty (dessin)

Nains, tome 02 : Ordo du Talion

Bande dessinée, fantasy / heroic fantasy
Publiée le 23 septembre 2015 chez Soleil

Ordo est maudit… Né le sixième jour de la sixième lune, il est le sixième enfant d’une fratrie de l’ordre du Talion. Le jour de ses six ans, son père l’abandonne aux instructeurs de la Loge noire, une branche secrète de l’ordre qui forme des assassins destinés à éliminer tous ceux qui s’opposent au dessein du Talion. Trente ans plus tard, Ordo est devenu un maître de l’ombre. Le moment est venu pour lui de se venger de tous ceux qui l’ont trahi et qui l’ont fait tant souffrir. Son objectif : les ruiner.

Ce tome 2 est dédié à l’Ordre du Talion, constitué de commerçants et de négociants. On nous raconte l’histoire d’Ordo, 6e fils né le 6e jour de la 6e lune (un clin d’œil à un cliché fantasy dont on aurait pu se passer), confié à la Loge Noire de l’ordre pour devenir assassin / espion / voleur… 30 plus tard, celui-ci a la haine au cœur et souhaite se venger de tous ceux qui lui ont volé sa vie, sauf qu’il veut pas détruire sa famille mais le système qui a fait de lui ce qu’il est devenu ! Le voici parti pour la casse du siècle, voire du millénaire, pour anéantir la puissance de la Loge Noire, de l’Ordre du Talion et tous les homines crevarices de la civilisation naine !!! Et pour ceux qui ont suivi la carrière de Nicolas Jarry, ce n’est pas un mystère qu’il est totalement anti-système (marre de la dictature de la pourriture !)… L’histoire se veut sombre et adulte, donc n’est pas avare de scène de cul ou de violence. Mais à l’image de celle de Redwin de la Forge, on nous offre ici une belle histoire de rédemption pour un individu qui se perd avant de se retrouver, et qui ici doit collaborer avec la voleuse Héba et le chevaucheur de dragon Panham pour accomplir l’impossible.

Mais c’est un peu facile d’avoir bifurqué du monde des princes marchands à celui des assassins : le genre Fantasy est rempli de crying freemen divers et variés, à commencer par le Drizzt Do’Urden de R.A. Salvatore auquel Gaw’yn empruntait déjà dans la série Elfes… (Sans parler de la relation Ordo / Héba qui fait écho, à la relation Locke / Sabetha dans le cycle fantasy Les Salauds Gentilshommes)

– La puissance d’un nain se mesure au nombre de secrets qu’il détient.

Les dessins de Stéphane Créty, qui travaille sur les designs de Pierre-Denis Goux en collaboration avec Digikore Studios pour leurs couleurs, sont globalement plaisants mais fluctuants. Il y a le personnage d’Héba assez polymorphe dans les traits de son visage ou de son corps, avec le personnage Panham on passe presque du réalisme au cartoon, et sur les dernières planches, impossible de dire si on se cale dans le cahier des charges des comics (que ne que connaît que trop bien le dessinateur) ou si la bande dessinée a été finie à l’arrache : peu de personnages, peu de décors, peu détails et plein de gros plans moins bien faits, moins bien encrés et moins bien colorisés… C’est frustrant, car tous les ingrédients étaient là pour des graphismes réussis mais ces inégalités de ton voire de qualité font qu’on peut terminer la BD sur une mauvaise impression ! Au final je suis partagé : du classique mais du solide, j’ai passé un bon moment fantasy mais j’ai l’impression qu’il manque un quelque chose pour obtenir une bande dessinée fantasy top qualité. Néanmoins c’est avec plaisir que ce suivrai les nouvelles aventures d’Ordo si elles ont lieu un jour (voir Nains tome 7 en fait)… Sinon critique encore plus fadasse et encore plus pisse-froide que la précédente des spécialistes d’Elbakin.net : si peut tranquillement remplacer les noms des personnages par « Intérêt amoureux », « Ami du héros », « Comic relief », « Organisation de méchants pas beaux », on peut aussi remplacer le nom du critique par « gros blasé qui n’aime plus rien » ou « rageux élitiste qui se la pète grave » !

note : 7/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

Pin It on Pinterest

Share This