Boichi
(scénario & dessin)

Origin, tome 7

Manga (seinen), SF / cyberpunk
Publié en VF le 27 novembre 2019 chez Pika Édition

L’affaire de l’attaque du Centre de recherche à Kyôto par des robots a été enterrée par la puissante influence politique de l’AEE. Cette dernière ouvre une enquête interne en créant une équipe de chercheurs dédiée à l’analyse des carcasses des robots trouvées sur les lieux. En parallèle, Origin se rend compte que Mai Hirose est tombée amoureuse de lui et adopte alors une stratégie pour l’éloigner de lui. Mais la jeune fille est plus forte qu’il ne le pense…

Boichi bichonne son Pinocchio cyberpunk, ce qui nous offre une série de belle qualité même dans ses tomes de transition !

Côté Pinocchio, Jin a toujours les mêmes problèmes : gagner de l’argent pour assurer sa maintenance donc sa survie, et que personne ne découvre qu’il n’est pas un humain mais un androïde. Boichi se fait plaisir quand Jin en suivant un tuyau se lance dans le manga porno. Car ce dernier ne comprend pas que les 700 séries qu’il a créées artificiellement se vendent pas aussi bien que la série inspirée de sa propre vie qu’il a créée tout naturellement. Oui les éditeurs ont voulu remplacer les auteurs par des Intelligences Artificielles, mais ces dernières ne sont capables que de reproduire ce qui existe déjà, donc les gens se sont lassés très rapidement et il a fallu revenir au système d’avant. Eh ouais messieurs de la start-up nation qui voulez remplacer tous les employés par des machines jusqu’au jour où il n’y aura qu’une poignée super-milliardaires et des milliards de chômeurs, pour traiter avec des humains il faudra toujours des humains !

Mais Jin ne veut surtout pas qu’on le découvre, donc il se rapproche de Laura Fermi pour s’éloigner de Mai Hirose qui est tombée amoureuse de lui. Il croit tout savoir de la psychologie humaine et agit en conséquence, mais il se rend compte qu’on ne peut pas analyser les émotions par la raison en redécouvrant l’intelligence effroyable et les sentiments insondables de la belle scientifique italienne. « Origin » ne sait pas d’où il vient, qui il est, ce qu’il veut et où il va, et il rencontre des gens qui ne font que renforcer ses doutes existentiels :
– « l’un d’eux porte sur ses épaules le drame qui a frappé sa famille »
– « un autre ne peut oublier l’accident qui a coûté la vie à des centaines d’étudiants »
– « le troisième subsiste avec le souvenir d’un désastre national »
– « et le dernier vit pour empêcher une immense catastrophe qui menace l’humanité »
Du berceau au tombeau les êtres humains souffre de la solitude, et « Origin » qui n’appartient ni à un peuple, ni à une civilisation ni même à une espèce en souffre encore plus qu’eux. Une question tourne en boucle dans sa tête : pourquoi son père l’a-t-il créé ?

Le XXIe siècle est effrayant ! Ceux qui ont le pouvoir peuvent manipuler toute l’humanité !

Côté cyberpunk, on retrouve les autorités qui lèchent le cul des friqués au mépris de la justice et de la vérité, sans parler de la sécurité et de la prospérité d’humanité. L’attaque de Kyôto a été étouffé par la mégacorpo AEE qui mène sa propre enquête, et Jin découvre son histoire et celle de son combat contre ses frères et sœurs vue par les humains (qui le surnomme « le robot justicier »). En utilisant les informations qu’il connaît pour avoir participé aux événements, il joue un jeu dangereux en court-circuitant ses collègues pour monter en grade. Pire encore, il n’est pas très loin d’enquêter sur lui-même comme dans La Grande Horloge / Police Python 357 / Sens Unique, mais les reliques de Gon et de ses clones sont pour lui une manne inespérée… Mais cette enquête n’existe pas pour protéger la population, mais pour s’emparer de technologies qui permettrait à l’AEE de surclasser ses rivaux. Jin et les lecteurs découvrent les immondes magouilles d’un firme multinationale dégueulasse qui n’hésite pas à détruire et à tuer en toute impunité pour faire encore et toujours plus pognon. Quand il découvre qui a tué son père il ne ressent pas de colère, mais qu’en sera-t-il quand les requins en costard-cravates et/ou en talons aiguille vont s’en prendre à ses proches ?

Les robots cherchent juste à vivre voire à survivre, les élites autoproclamées cherchent à conquérir et à s’enrichir pour écraser encore et toujours plus de monde. Là dedans, qui est humain et qui ne l’est pas ? Qui est vivant et qui ne l’est pas ? Encore une fois ce n’est pas un hasard si Jin / Origin et son père viennent d’Hokkaidô : c’est la terre de la République d’Ezzo, du dernier samouraï d’Hijikata Toshizô et d’un flopée de grands mangakas tous plus engagés les uns que les autres dans la lutte des classes !!!

note : 8,5/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

 

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