Jean-Pierre Pécau (scénario)
Benoît Dellac (dessin)

Sonora, tome 2 : Lola Montez

Bande dessinée, histoire / western
Publiée en le 31 janvier 2018 chez Delcourt

Après l’assassinat d’un mineur chilien, le général de Freney pousse les mineurs à se débarrasser des Hounds et rétablir enfin la sécurité dans les placers. Mais son but est ailleurs et il est vraiment prêt à tout pour arriver à ses fins. Devenu Alcade, et toujours assoiffé de vengeance, Max va devoir naviguer à vue entre ses intérêts et ceux de son employeur, sa vengeance et ce que lui dictera son cœur.

Dans ce tome 2 intitulé Lola Montez, la tension monte entre les différentes communautés qui participent à la ruée vers l’or californienne jusqu’au moment où les ploutocrates yankees arrivent fortement armés pour siffler la fin de la récré. Sauf que les colons français se mettent à défiler avec le drapeau tricolore en scandant « liberté, égalité, fraternité ! ». C’est tout naturellement que les défenseurs du prétendu « Monde Libre » qui n’ont jamais été autre chose que des exploiteurs bellicistes et impérialistes, n’en déplaisent à tous les lèche-culs stipendiés de l’Élysée, de Matignon et du Palais Bourbon à commencer par Emmanuel Macron, ne décident de régler la situation en tirant dans le tas !
Pour le survivants du carnage le salut réside en la Californie mexicaine et on reprend la route soit en suivant le royaliste français de Freney soit en suivant le révolutionnaire irlandais John O’Reilly. C’est là que divergent les route de Maximilien Bonnot qui informé par Lola Montez a identifié la dernière cible de sa vengeance, et Tortillard qui devenu porte-flingue du Général est pris de la folie des grandeurs. Mais la véritable questions est celle-ci : les utopies réalistes européennes vont-elles se concilier avec les réalités utopiques amérindiennes ? Alea Jacta Est !

– Il faut bien qu’on finisse par réussir une révolution. Depuis le temps qu’on essaye…

Les connaisseurs reconnaîtront un mélange entre Le Dernier Jour de la colère à l’envers et Nevada Smith un film consacré à la vengeance, à sa renonciation donc à la rédemption. Jean-Pierre Pécau est un bon scénariste et un bon dialoguiste véritable mine à citations, le polymorphe Benoît Dellac nous offre de beaux dessins bien mis en couleurs par Scarlett Smulkowski (sans oublier les belles couvertures de Nicolas Siner qui ne mentent pas sur la marchandise). Pourtant la série a été bashée de tous les côtés : le cœur à ses raison que la raison ignore ! Personnellement je regrette amèrement que les promesses du tome 1 et les révélations du tome 2 n’aient pas donné suite, l’éditeur ayant décidé d’écourté la série alors que les auteurs avaient encore plein de choses à dire… Est-ce que le public ne suit pas parce que les prescripteurs d’opinion dézinguent, ou est-ce que les prescripteurs d’opinion dézinguent parce que le public ne suit pas ? What is the question !

note : 7,5/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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