Tsukasa Hojo
(scénario & dessin)

Sous un Rayon de Soleil, tome 3

Manga, fantastique / humour
Républié en VF le 26 septembre 2013 chez Ki-oon
Publié entre 1993 et 1994 dans le  Weekly Shōnen Jump

Sarah et son père ont emménagé à coté de chez Tatsuya, très vite ils vont devenir ami, mais les mystérieux pouvoirs de cette dernière intrigue… Un individu surgit du passé de Sarah et cherche à comprendre pourquoi celle-ci n’a pas vieilli depuis dix ans…

Dans ce tome 3 la suite et la fin de fugue du jeune châtaigner conclut un très bon récit. Takehiko Shigaki se fait enlever par des prometteurs immobiliers corrompus (pléonasme ?), et les deux Sarah (le corps physique d’enfant possédé par le végétal et le corps astral d’adulte dirigé par une humaine) découvre en son grand-père Jigoro un homme tourmenté qu’elles essayent de réconcilier avec lui-même. Mine de rien l’auteur reprend beaucoup d’éléments du récit de la série City Hunter intitulé La Veuve triste, et il réutilise une figure qui apparaît dans toutes ses œuvres : celui du ploutocrate repenti qui cherche un nouveau sens à sa vie (on va appeler cela « Syndrome Mr Scrooge »). Après, à l’instar des grandes âmes du Studio Ghibli, il tire à boulets rouges sur une certaine urbanisation du Japon qui s’est clairement fait au détriment des gens et de l’environnement mais qui a rapporté un « pognon de dingue » aux « premiers de cordées » (Emmanuel Macron est un enfoiré entouré de lécheurs de culs ? Mais bien sûr, vous êtes naïfs ou quoi !?). C’était très bien : quel dommage que tout le reste ne ai pas autant été !

Dans La Maison aux colchiques, tout le monde prend pour un détraqué voir un serial killer un ancien chirurgien devenu un quasi sdf depuis le traumatisme de la mort de sa fille unique. Sarah utilise son corps astral pour se faire passer pour le fantôme de sa fille : en faisant passer un message d’amour à l’homme détruit, celui-ci parvient à refaire sa vie…

Dans Tempête d’hiver with love, on remet sur le devant la scène Genichiro Oki l’enseignant pédophile. Sur un malentendu l’étudiante en photographie Rika Taniguchi lui court après et s’incruste chez lui. Et ce dernier n’arrive pas à gérer une jeune femme vu qu’il n’a jamais fantasmé que sur les jeunes filles de 8 à 12 ans… On aurait pu construire une belle histoire, mais vu que c’est un malentendu le mangaka appuie sur la touche « reboot » !

L’Arbre de l’amitié est un classique parmi les classiques (j’ai déjà vu cela dans moult œuvre japonaises, dès les films d’Akira Kurosawa donc on est dans l’archétype en fait). On retrouve deux amis d’enfance : l’un a tout raté et s’est enfoncé dans le pessimisme et s’est mis dans la merde en ratant un braquage de banque, l’autre a tout réussi et s’est élevé dans l’optimisme… Ils s’étaient promis de se retrouver autour de leur arbre de l’amitié planté en 1974, et Sarah et Tatsuya fond en sorte qu’ils se retrouvent malgré tout…

Toute la suite du tome est consacré à l’inévitable départ de Sarah qui finit fatalement par arriver, donc Tatsuya amoureux de Sarah subit le même sort que Masaki dans l’épisode pilote et dans sa réapparition dans la série mère…

– Tu sais ce qu’on dit… En amour, c’est la détermination qui compte ! Les hommes ne résistent pas à une femme qui sait ce qu’elle veut…

Au final on a un formidable pitch fantastique que comme dans son modèle Kimagure Orange Road ne sert que de support à des récits school life et/ou slice of life. Alors c’est très bien fait dans la mise en scène de l’émotion mais on exploite d’autant plus faiblement toutes les potentialités de la formule qu’on était aux grandes heures de l’écologie. Sarah immortelle piégée dans un corps d’enfant ne sert que de fantasme à un enseignant pédophile, et Sarah médium entre l’humanité et l’environnement est à peine mise ne avant… Ce n’est pas difficile d’imaginer tout ce qu’on aurait pu faire d’autre, et pour enfoncer le clou il n’y avait aucun intérêt à faire passer Sarah de la classe de 5e à la classe de CM1 vu que visuellement selon ne change rien et que scénaristiquement cela n’amène rien du tout… Si on perd au change avec l’absence d’Hayato Nishikuko dans ce tome il nous reste bien sûr les irremplaçables graphismes de Tsukasa Hojo qui ne sont pas loin d’être des bonbons pour les yeux ! (mais il n’avait qu’à s’associer comme d’autres de ses collègues avec un scénariste talentueux pour exploiter tout son talent et puis c’est tout !!!)

note : 6,5/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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