David Khara

Trilogie Bleiberg, tome 2 : Le Projet Shiro

Roman, policier / espionnage / techno-thriller
Publié le 04 novembre 2011 chez Critic

1957. États-Unis, Maryland. Centre de recherches bactériologiques de l’armée américaine. Le professeur Jane Woodridge mène des expérimentations à haut risque. Soudain, l’alarme retentit..De nos jours, République tchèque. Au mauvais endroit, au mauvais moment ! Fuyant ses problèmes conjugaux, Branislav Poborsky se rend chez ses parents. Sur la route, il découvre un village bouclé par la police et voit sa vie basculer… Lorsque son mentor se fait enlever, l’agent du Mossad Eytan Morgenstern doit faire équipe avec sa rivale. Enrôlé de force dans un combat qui n’est pas le sien, il devra tout tenter pour mettre fin aux agissements d’un mystérieux groupuscule entré en possession d armes de destruction massive. Quand vos ennemis d’hier deviennent vos meilleurs alliés, quand l’humanité semble prête à répéter les erreurs du passé, que peut bien faire un homme contre la folie qui ne va pas manquer de suivre…

C’est en forgeant qu’on devient forgeron et dans ce tome 2 intitulé Le Projet Shiro, David Khara reprend la formule du tome 1 avec deux super agents secrets qui doivent traîner un boulet pour faire avancer leur enquête… On remplace l’antipathique trader américain par le journaliste Branislav Poborsky, qu’on ne suivra que durant un moment parce qu’il faut bien avouer que dans le Grand Jeu il est quand même plus ou moins insignifiant. Après un attentat à Moscou, c’est un petit village tchèque qui est passé par les flammes pour détruire toutes les preuves de ce qui s’y est passé, mais Branislav a croisé des militaire en tenues NBC donc Eytan Morg se fait une joie de lui sauver la peau et de mettre la main dessous pour connaître le fin mort de l’affaire (qui comme dans le tome 1 nous est amené par un puzzle de flashbacks certes, mais ici force est de reconnaître que c’est mieux dosé).
La bonne idée de ce tome 2, plus que de remplacer les pires heures de l’Allemagne nazie (OMG Josef Mengele) par les pires heures du Japon Impérial (OMG Shirô Ishii), c’est de reprendre tous les codes du buddy movie puisqu’Eytan le nettoyeur du Mossad doit faire équipe contre son gré avec Elena la tueuse venue du froid. Ces ubermenschen sont issus des mêmes expériences, mais en plus d’appartenir à des camps rivaux (les services secrets occidentaux pour Etyan, le Spectre d’Ernst Stavro Blofeld, euh pardon le Consortium de Cypher pour Elena), ils ont des motivations et des personnalités bien différentes pour ne pas dire diamétralement opposées : Elena se pose en rivale d’Eytan, et parfois on croirait Végéta essayant de dépasser Goku dans Dragon Ball (l’auteur poussant le vice parmi ses références et ses clin d’œil à la pop culture à en reprendre quelques tirades bien connue, genre « c’est moi qui le battrai ! »).

Une fois qu’on a identifié qu’on a récolté les indices et remonté les pistes, les duettistes s’envolent pour le Japon et là les choses s’enchaînent un peu trop rapidement brièveté du roman obligé (un auteur issu d’un atelier d’écriture américain aurait pondu un pavé de 1000 pages là où notre auteur français se contente de 300 pages, on y gagne sans doute au change). ATTENTION SPOILERS Et là on s’aperçoit que les méchants c’est les gentils en fait, ou plutôt des victimes qui plutôt que devenir bourreau on décidé de verser dans l’autojustice à l’échelle mondiale… Que c’est dommage de ne pas avoir creusé et développé c’est aspect-là, parce effectivement donc ce tome le héros bosse pour les méchants finalement (ce qui bien mieux que les WASP traumatisés qui font des attentats intérieurs pour prouver qu’il faut renforcer la sécurité des USA contre les attentats extérieures des « méchants car pas comme eux ») : FIN SPOILERS allez encore un effort et on pourra marcher sur les traces de la saga James Bond et de la série Strike Back !

– Je suis toujours stupéfait de voir l’opinion publique s’offusquer des risques liés au nucléaire alors que, dans l’indifférence générale, des chercheurs manipulent au quotidien des micro-organismes susceptibles de décimer la planète entière.

Evidemment l’auteur fait un portrait au vitriol des savants fous et des apprentis sorciers de la WWII, des monstres à visage humain qui n’auraient jamais dû exister, mais plus encore des USA qui les ont graciés, protégés et rémunérés pour récupérer leurs travaux résultats d’expérimentations humaines ayant causés des centaines de milliers de morts.

Les USA ne respectent pas la Convention de Genève, les USA ne respectent pas le Tribunal International de la Haye, les USA ont testé la bombe atomique sur des civils japonais, les USA ont testé des armes bactériologiques sur des civils coréens, les USA on testé les effets de la radioactivité sur des civils des Îles Marshall, les USA ont testé tout un tas de produits cancérigène créés par Monsanto sur des civils vietnamiens… On nous fait peur avec la Russie, la Chine, l’Iran, les Rogues States et tutti quanti mais le véritable danger pour le monde c’est les USA, le pays le plus belliqueux de l’histoire de l’humanité qui n’a connu que 21 ans de paix en en 243 d’existence !!!
Enfin petit message à caractère informatif à tous ceux et toutes celles qui se sont extasiés sur l’érudition et le courage de Ken Liu qui évoque les crime de l’Unité 731 dans sa novella L’Homme qui mit fin à l’Histoire, sachez que la culture populaire les dénonçait déjà dans Goldorak dans les années 1970, et pour les vrais littéraires je ne parle même pas des romans d’Anka Sakaguchi écrits dans les années 1950 ! Il ne faut pas attendre les œuvres primées pour s’intéresser au passé (ou au présent également, ou à l’avenir aussi) !

note : 6/10

Alfaric

Parce que notre avis n’est pas le seul qui vaille, quelle note mettriez-vous à cet ouvrage ?

 

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