Valérie Mangin (scénario)
Thierry Démarez (dessin)
d’après Jacques Martin

Alix Senator tome 12

Le Disque d’Osiris

Bande dessinée, histoire / antiquité
Publiée le 22 septembre 2021​ chez Casterman

De retour en Egypte pour aider d’Enak, Alix apprend que le seul remède capable de guérir sa maladie mortelle se trouverait dans les ruines de l’Atlantide. Incrédule, le sénateur décide pourtant de tenter l’aventure. Les prêtres du Nil acceptent de lui indiquer l’emplacement de la Porte du royaume légendaire. Mais ils y mettent une inquiétante condition. Alix devra leur ramener des ossements qui ont été ensevelis là par Isis des millénaires auparavant : ceux d’Osiris, le puissant dieu des morts.

Ce 12e tome d’Alix Senator est la première partie d’un diptyque intitulée Le Disque d’Osiris. Alix laisse toujours son fils seul dans le panier de crabes romains, et continue de rechercher l’Atlantide pour trouver un remède pour Enak irradié à l’orichalque. Il revient en Égypte car les clergés réconciliés d’Abydos et de Philae ont une proposition pour lui : s’il retrouve la dépouille d’Osiris, il trouvera la Porte d’Atlantide donc le fameux remède pour sauver Enak. J’ai quand même l’impression qu’un manque un scène entre les tomes 9, 10 et 11 et qu’un flashback explicatifs de quelques cases / quelques pages auraient été bien utile pour faire la liaison (comme l’auteur d’origine a su le faire à plusieurs occasions dans la saga)…

Clairement on est plus dans les séries de Valérie Mangin que dans la série d’origine de Jacques Martin. Le ton et les ambitions ne sont pas du tout les mêmes, et dans ce tome cela se voit plus que jamais même si on reprend le schéma de l’album La Griffe Noire sorti en pleine polémique en 1959 (l’aventure africaine, la quête d’un remède). Néanmoins le récit n’était pas déplaisant pour autant, notamment grâce aux bons graphismes de Thierry Démarez qui donnent vie à l’Afrique (même si ça cafouille un peu entre le Nord et le Sud, l’aval et l’amont du Nil). C’est plutôt que ce nouvel arc a été mal amené et qu’on ne sait pas trop où l’auteure veut aller…
Donc accompagné des hommes de Tefnout et d’Emhat qui représentent les deux factions finançant l’expédition, Alix et Enak prétendent mener un voyage d’exploration. On reprend toute la suite de malheurs qui s’abat sur eux, avec les accidents, les disparitions, les avertissement des indigènes, la peur puis la terreur. Bref la Malédiction !

– Mon fils est mort pour une fausse déesse. Alors je ne veux entendre parler d’aucune divinité ! Jamais ! Je ne crois plus en elles ! Seules existent la folie et la cruauté de leurs fidèles !

ATTENTION SPOILERS Sauf que la Malédiction, c’est juste la Reine de Nubie persuadé qu’Alix est en mission d’espionnage pour Auguste et qu’il vient préparer une nouvelle guerre entre son pays et Rome. FIN SPOILERS

Je ne sais pas trop quel est le message des auteurs… Donc là, attention tout le reste qui suit est SPOILERS ! 

D’un côté on ne cesse de se moquer des gens pour qui la religion a réponse à tout à grand coup de « ta gueule, c’est magique ! ». Un crâne et un fémur géant ? C’est forcément une dépouille divine ! La dépouille divine à une queue et des plaques que le dos ? Mais tout le monde sait les dieux peuvent se transformer en animaux ! Il n’y a pas une mais une multitude de dépouilles divines ? Miracle, c’est un cimetière divin qui va pouvoir fournir tout le pays en reliques sacrées !

D’un autre côté, Alix, Enak, Tefnout et Kachta l’érudit kushite élevé à la Bibliothèque d’Alexandrie se mettent à avoir la foi d’un coup. Ils tombent sur une bataille entre Nubiens et indigènes, viennent en aide aux locaux qui les mènent directement au cimetière divin, à la Porte de l’Atlantide et au fameux remède antiradiation. C’est pénible tous ces récits qui gagneraient à s’affranchir du carcan des 48 pages, car quelques pages de plus n’auraient pas été de trop pour gagner en crédibilité. Car en tombant sur un artefact bronzepunk, ils ressentent l’appel du mystère et de l’aventure. Et cet appel ressemble plus aux super-civilisation précolombiennes de Valérie Mangin qu’aux passages fantastiques de la série d’origine. On verra bien dans la suite et la fin intitulée L’Antre du Minotaure !

note : 6,5/10

Alfaric

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