Jim Butcher

Les Dossiers Dresden, tome 1 : Avis de tempête

Roman, fantastique / urban fantasy
Publié en VF le 29 mars 2007 chez Bragelonne
Publié en VO le 01 avril 2000 (« Storm Front »)

Harry Dresden est le meilleur. Techniquement, c’est même le seul dans sa  » catégorie  » : c’est un magicien, un vrai. Aussi, lorsque la police de Chicago se trouve devant un cas qui dépasse ses compétences, c’est vers lui qu’elle se tourne. Car notre monde de tous les jours regorge en fait de choses étranges et magiques – dont la plupart ne s’entendent pas très bien avec les humains. C’est là qu’Harry entre en scène…

Les Dossiers Dresden un serial Urban Fantasy très cool et très fun de Jim Butcher déjà connu pour Le Codex Alera son feuilleton High Fantasy très cool et très fun… Et force est de constater que les deux séries ont eu chez les éditions Bragelonne des parcours pour le moins compliqués ! (mais la série a rencontré suffisamment de lecteurs et lectrices satisfaits pour être transposé à l’écran outre-atlantique)

Harry Dresden de Chicago est un magicien à louer, un vrai par un prestidigitateur ou un illusionniste, mais c’est un avant tout un loser, voire un Foutu Au Berceau (j’ai pas tout lu, mais si j’ai bien compris les forces occultes ont un plan le concernant comme le John Taylor de Simon R. Green sa version anglaise, fils caché de Lilith en guerre contre sa mère) : sans revenir sur son passé aussi triste que tragique, Mister son chat de 15 kilos est le véritable maître du taudis dans lequel il réside, son familier Bob est un obsédé qu’il faut surveiller en permanence sous peine de catastrophe sexuelle imminente, il est dans le collimateur de la Blanche Confrérie et Morgan son contrôleur magique attend la première occasion pour le faire condamner pour infractions aux régles de la sorcellerie, il est dans les petits papiers du parrain Johnny Marcone qui veut le recruter ou s’en débarrasser, il doit sans cesse mentir aux policiers et aux journalistes pour éviter de nouvelles tempêtes d’emmerdes, et c’est aussi un technophobe contraint et forcé qui vit comme un marginal et qui roule dans une voiture poubelle constamment rafistolée… Et le côté loser est renforcé par le fait qu’il côtoient sans cesse des strong independant women sémillantes et/ou entreprenantes, alors que son côté vieux jeu et ses antécédents malheureux il est incapable de draguer voire même de flirter : ah ça on est loin des paranormal romances ou des paranormal pornos !

* Il y a tout un côté comic, sur le fond et sur la forme, et je me demande parfois si on est pas dans un détournement de Mandrake le Magicien : le mentor / la Némésis du héros a des faux airs du Cobra l’archi-ennemi du magicien justicier, toutes les femmes qui lui tournent autour le sauvent plus souvent qu’il ne les sauve, et il y a toute la galerie d’alliés et d’adversaires sauf qu’Harry Dresden n’est pas assisté par Lothar l’homme le plus fort du monde mais pas Mister le chat le plus fort du monde.

* Il y a tout un côté serial policier car il est constamment sollicité par les forces de police, sauf qu’avec le women’s lib le flic de choc assisté d’une consultante extérieure a été remplacé par le flic de choc assisté par un consultant extérieur: dans le duo à la Starsky & Hutch l’acariâtre Karrin Murphy (petite, ronde, blonde et expertes en armes à feu et en arts martiaux) a hérité de tout le côté action et que le sarcastique Harry Dresden (grand, maigre, brun et absolument pas taillé pour la stonba) a hérité de tout le côté réflexion, avec pour ne rien gâcher la journaliste Susan Rodriguez dans le rôle d’Huggy les bons tuyaux (à moins qu’il ne s’agisse de Tut-Tut du petit peuple )…

* Il y a tout un côté pastiche de roman noir : une narration Hard Boiled, un détective privé blasé, des demoiselles en détresse par si innocentes que cela, des femmes fatales en veux-tu en voilà, des délinquants d’en haut fricotant avec les délinquants d’en bas, des autorités complices de tout cela sur ordre de l’autoproclamée haute et bonne société, et bien sûr une enquête prétexte à révéler les aspects les moins reluisants de notre société (et tout cela est encore plus vrai quand on jette un coup d’œil au comic scénarisé par l’auteur intitulé Welcome to the Jungle qui fait office de préquel dans lequel on voit très bien comment tous ces codes sont mélangés voire intervertis)…

* Il y a tout le côté urban fantasy et donc monster of the week, et c’est peut-être là que le bât peut blesser, car aux États-Unis l’urban fantasy est un genre encore plus stéréotypé que la high fantasy (car pour que les séries se poursuivent il faut élargir l’univers sans l’approfondir donc on passe essentiellement par le renouvellement du bestiaire) : les expériences des Scribblies de Minneapolis et les séries néo-gothiques d’Anne Rice ont été fondu dans la univers des Jeux de Rôles World of Darkness (Vampire : La Mascarade, Loup-garou : L’Apocalypse, Mage : L’Ascension, Wraith : Le Néant, Changelin : Le Songe, Exterminateur : Le Jugement, Momie : La Résurrection, Démon : La Chute, Orpheus) qui sont devenus le tronc commun du genre avant l’arrivée des proto Buffy (qui allaient donner naissance aux paranormal romances et aux paranormal pornos qui inondent le marché depuis pal mal d’années)… Il faut ajouter les ateliers d’écriture qui ont tendance à tout formater, les éditeurs qui ont tendance à tout marketiser, et Jim Butcher qui a toujours davantage été rôliste qu’écrivain (je l’ai pris plusieurs fois en flagrant délit d’inspiration rôlitique) à qui on a demandé de faire une chasseuse de vampire en mec, mais qui a préféré écouté les conseils de son mentor Deborah Chester…

Au final ce n’est ni de la haute ni de la grande littérature, mais on s’en fout : dans un série populaire, il faut des personnages sympathiques, de l’action, du suspens, et des dialogues bien troussés remplis de punchlines de qualité, et ça Jim Butcher sait très bien le faire malgré l’inévitable comique de répétition ! (d’ailleurs le plus grand respect à Grégory Bouet qui a dû s’arracher les cheveux ou s’éclater un max avec toutes ces blagues référencées et tous des jeux de mots intraduisibles qui m’ont bien fait rigoler, et j’en profite pour claquer le beignet à ces prétendus fins connaisseurs qui l’ont qualifié de tâcheron sans imagination)

– J’avais fait pleurer une vampire ! Magnifique. Je me sentis dans la peau d’un vrai superhéros. Harry Dresden, le type qui brise le cœur des monstres.

Dans ce tome 1 intitulé Avis de tempête, Harry Dresden est fauché comme les blés et traîne sa misère quand il est contacté par une mystérieuse mère de famille pour retrouver son mari disparu ce qui l’amène à surveiller une garçonnière du middle-west par les yeux du petit-peuple… Mais il est aussi contacté par l’inspectrice Karrin Murphy des affaires spéciales de la police de Chicago qui a besoin de son expertise pour sur un double meurtre bien gore, sauf que les victimes sont un mafieux et une escort girl qui vont obliger Harry à enquêter du côté du parrain Johnny Marcone et de Bianca St. Claire la Madame Claude vampire… Le tout sur fond de guerre des gangs entre trafiquants de drogues, puisqu’un nouvel arrivant sur le marché semble être un sorcier puisqu’il inonde la ville d’une substance surnommé « Troisième Œil » liée à la magie !

Tout est prétexte à explorer l’envers fantastique de la métropole de Chicago et à présenter le plus rapidement possible Harry Dresden et les personnages qui vont et viennent dans sa vie mouvementée. Les rebondissements et les cliffhanger sont un peu téléphonés par Warden Morgan qui est l’Épée de Damoclès de la Blanche Confrérie, et les différentes tentative d’assassinats dont il est l’objet, mais le combat contre le Crapaud de l’Enfer, l’attaque du scorpion géant très Choc des Titans et l’assaut du labo magique du sorcier dealer valent leur pesant de cacahuètes. Les meurtres gores se poursuivent, et en naviguant d’une investigations à une autre Harry se demande pourquoi celui qui veut le tuer en sait autant sur lui : la péripatéticienne experte engagée comme chauffeuse par un vieux couple en sait-elle plus qu’elle ne lui en a révélé ? Les épisodes du serial de Jim Butcher sont résolument courts, donc on pouvait craindre qu’il tourne autour du pot avant de passer à une épiphanie à la Docteur House faisant office de Deus Ex Machina, mais finalement les pièces du puzzle s’emboîtent pas si mal que cela et il n’y a pas de mal à se faire du bien en enchaînant les mésaventures du magicien loser !

 

PS: je suis tombé sur la boule de fiel crachée par Cédric Ferrand (ou de son compère blogueur, mais je mets les deux dans le même sac), et je me demande comment on peut être aussi méchant et aussi méprisant (sans doute un énième Odieux Connard sans humour et sans deuxième degré)… Déjà en comparant tout ce qui bouge aux plagiats des deux best sellers du genre on sent que la critique va être bien journalistique donc bien à charge et donc bien hypocrite, mais pas de bol pour le dézingueur du dimanche Buffy a été crée après Dresden et sa diatribe croustillante dénichée sur wikipédia fait long feu puisque que c’est Deborah Chester et non Laurell K. Hamilton qu’il a pris comme modèle (et puis visiblement il n’est pas au courant du « grand basculement sexuel » de la série Anita Blake, donc il veut faire son malin mais il n’y connaît rien)… Le triste sire a été adoubé par les caïds de cour de récré bien de chez nous donc il doit être fier de lui !

note : 7+/10

Alfaric

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