Junji Koyanagi (scénario)
Kamui Fujiwara (dessin)
d’après Yuji Horii, et Chiaki Kawamata

Emblem of Roto Returns

Manga, fantasy
Publié en VF le 27 août 2020 chez Mana Books
Publié en VO en 2005 chez Square Enix (« ドラゴンクエスト列伝 ロトの紋章Returns / Roto no Monshou Returns »)

Comment Aster a-t-elle renoncé à sa féminité pour devenir le troisième héritier de Roto à la place de son frère ? Comment, au cours d’une épreuve tragique, Jagan est-il devenu le Roi du Mal ? Enfin, comment Kadal, le seigneur de la sagesse, a-t-il été confronté aux démons préparant l’avènement du Dieu de la Terreur, futur ennemi juré des héros de « Dragon Quest : Emblem of Roto » ? Vous saurez tout grâce à ce volume inédit !

Grâce à son créateur Yuji Horii c’est depuis plus de 30 ans que la saga multimédia Dragon Quest est aimée dans le monde entier par tous les rêveurs de 7 à 77 ans et plus si affinités. C’est tout sauf un hasard car derrière l’esprit bon enfant se cache parmi de belles thématiques humanistes l’éternelle Quête du héros aux mille et un visage (vous savez ce mythe universel vilipendé par les élites autoproclamées qui la considère comme une truc dépassé pour les teubés décérébrés)… L’excellent dessinateur Kamui Fujiwara a compris tout cela, et grâce au bon scénariste Junji Koyanagi il a l’occasion de faire renaître le phénix de ses cendres !

Chapitre 1, Aster : Tous les êtres naissent libres et égaux en droits…
Dans le monde souterrain d’Alefgard le siège du Château Radatome s’éternise, car le héros Aroys met en échec l’armée des carnassiers de Gunung et l’armée des spectres de Gorgona… C’est ainsi que le roi-dragon est missionné par le Seigneur de la Terreur pour réussir là où ses collègues / concurrents ont échoué. Toute la force du monde ne servant parfois à rien, c’est par la ruse qu’il compte vaincre en utilisant un bon vieux « Cheval de Troie ». Aroys est vaincu car on joue sur sa « faiblesse » d’être humain, mais c’est la « faiblesse » d’être humain qui fait que sa sœur jumelle Aster prend sa place avant de devenir le leader de la résistance ! Le manga reprend tous les clichés de shonen sur les filles forcément faibles pour mettre en avant une femme forte : il n’y a pas un opus de cette saga multimédia qui ne batte en brèche les clichés sexistes avec ce genre de personnage, qu’on se le dise dans une époque où les intégristes féministes disent et font n’importe quoi…

Chapitre 2, Jagan : Nous devons apprendre à vivre comme de frères ou à mourir comme des idiots…
On nous raconte à nouveau l’origin story de Jagan, mais en direct-live en non plus dans un flashback. Arus devait être le messie de mal, mais sauvé par les siens c’est Jagan qui a pris sa place… Jagan a été élevé sans pitié pour devenir un être sans pitié, mais quand on est « humain » chasser le naturel il revient au galop : il se demande pourquoi un démon lui témoigne tellement de gentillesse, et le démon lui répond qu’auparavant un humain lui a témoigné beaucoup de gentillesse… Car il n’y a aucune différence entre la vie des uns et des autres, même si les membres des élites autoproclamées dépensent « un pognon de dingue » pour faire croire que la vie des uns est supérieure à la vie des autres ! Manipulé par le suprématiste Gorgona, Jagan subit en ordalie la même tragédie que le héros antique Télémon (le fils d’Ulysse et Circé, les vrais savent), ce qui nous ramène à un mythe universel qu’on raconte encore aujourd’hui de l’Irlande au Kazakhstan. Et c’est ainsi que Jagan bascule du Côté Obscur, mais pour se venger de ceux qui ont fait de lui ce qu’il est devenu…

Ce sont justement nos points faibles qui nous incitent à nous battre avec bravoure !

Chapitre 3, Kadal : Il n’y a pas de vie sans la mort, il n’y a pas de lumière sans les ténèbres…
Les peuples premiers, qualifiés de barbares irrécupérables par nos élites autoproclamées suprématistes un jour suprématistes toujours (le fort ayant le devoir sacré d’exploiter les faibles et autres conneries intellectualisées du même genre), ont toujours eu une belle place dans la saga multimédia Dragon Quest
Tout est bien qui finit bien, et avec la victoire de la Team Arel sur les forces du mal, Kadal le Sage épouse Mana la brave shamane du peuple sioux. Mais l’Histoire est un éternel recommencement (le Bien et le Mal, l’Ordre et le Chaos, les vrais savent), et les héros doivent transmettre la flamme aux générations futures. Kadal qui est stérile ne peut transmettre le flambeau à ses enfants, donc il se lance à corps perdu dans la recherche de la jeunesse éternelle. Les années passent, et à la Tour d’Arp le suprématiste Gorgona veut invoquer le Seigneur de la Terreur, ce qui oblige Kadal à intervenir pour la sauvegarde du monde. Mana qui a été élevée dans la plus stricte égalité se bat à ses côtés, ce qui permet à Kadal de découvrir le secret des sorts combinés. Mais elle est grièvement blessée, et conformément à ses croyances elle refuse la malédiction de l’immortalité quitte à ne pas être sauvée… Kadal l’aime trop pour ne pas respecter ses dernières volontés, et découvre que quoi qu’on puisse posséder cela ne vaut rien si on a personne à qui le léguer (encore faut-il avoir quelque chose de valeur à transmettre et quelqu’un de valeur à qui le transmettre). A quoi sert-il d’être l’homme le plus riche du cimetière ? Que nos journalistes de mes couilles posent cette question à nos milliardaires de mes couilles !

 

Avec un maximum de planches en couleur, un produit dérivé multimédia transforme un simple fix-up manga en véritable manifeste humaniste. Avec trois jolis récits fantasy on est carrément dans le bon, bien, beau platonicien au grand dam des intellos suprématistes de mes couilles ! (les féministes intégristes peuvent remplacer le mot « couilles » par le mot « ovaires », c’est du pareil au même)

note : 7,5/10

Alfaric

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