Buichi Terasawa
(scénario & dessin)

Midnight Eye Goku, tome 3

(pour public averti)

Manga, science-fiction / cyberpunk / policier
Publié en VF le 01 mars 2008 chez Taïfu Comics
Publié en VO entre 1987 et 1989 par Scholar chez Burger Comics (« MIDNIGHT EYE ゴクウ »)

Gokû Furinji est un détective privé d’un genre particulier car son œil est un super ordinateur miniaturisé. Lors d’une enquête, il réussit à déjouer les plans de Yôsuke Kuki et d’un Fantôme assassin surpuissant. Quelques temps plus tard, alors que sa cliente est assassinée d’une façon peu conventionnelle par la Mafia chinoise du « Dragon Noir », Gokû va mettre à jour un complot visant à déclencher une Guerre Mondiale, signifiant la fin du monde. Pour cela les terroristes droguent et transforment de jolies femmes en bombes vivantes. Gokû va tenter de stopper le complot, mais il va tomber sur Tekki, un adversaire mystérieux et terriblement puissant.

Un tome 3 plus jamesbondien que jamais !

Dans la suite et la fin de La Nymphe des Ténèbres, Gokû Furinji s’aperçoit qu’il a été l’appât des services secrets japonais pour que le Clan Kuki sorte du bois mais il rallie leur cause quand il apprend que ses derniers sont en quête de vengeance… On fait retraite pour mieux contre-attaquer, et les patriotes lancent l’assaut des traîtres à leur patrie qui ont vendu leur âme à un milliardaire qui veut devenir le Maître du Monde ! On serait pile-poil entre On ne vit que deux fois et Les Diamants sont éternels, si quand le grand méchant explique son masterplan on ne glissait pas vers le genre fantastique…

ATTENTION SPOILERS Les satellites Gaüs sont le mode « search » et les assassins spectraux sont le mode « destroy », sauf que lesdits assassins spectraux sont les propres ancêtres de Yôsuke Kuki. Car deux siècles auparavant le samouraï psionique Mondo Kuki avait trouvé le moyen d’accéder à l’immoralité en transférant son esprit dans le corps de son descendant, à charge pour lui de ne pas sombrer dans la folie en abritant plusieurs âmes dans un seul corps. C’est ainsi que de génération en génération, le jeune Reiko Kuki fut poussé par sept machos suprématistes à la folie et à un donner naissance à un mâle au péril de sa vie. Pour ne pas subir le même sort, l’héritier du Clan Kuki fit créer un super-ordinateur pour y transférer l’esprit de ses prédécesseurs.

Deus Ex Machina ? Dans le monde réel Gokû Furinji est la belle au bois dormant protégé par le prince charmant Bomber Yagami (c’est plus que jamais Roger Moore et Grace Jones), tandis que le monde virtuel Gokû Furinji est la Colère de Dieu sur Terre : Atatatatata !!! Que c’est dommage : la double planche qui présente les macho suprématistes adversaires de notre James Bond cybperpunk est une tuerie, mais le combat est trop vite expédié. Au lieu de cela le mangaka se concentre sur un univers de poche où Gokû ne trouve pas la force de mettre fin aux jours d’une adolescente condamnée à être mère avant de devenir femme et qui attend toujours son enfant qui est venu au monde le jour où elle est morte. Le milliardaire apprenti Maître du Monde à la fois Karl Stromberg, Hugo Drax et Max Zorin n’a respecté rien ni personne, donc c’est sans aucun remord qu’il balance sur lui deux missile nucléaire, juste pour être sûr qu’une telle crevure aille bien en enfer !!! FIN SPOILERS

– Puisque la fin du monde vous fascine autant, je vais vous la montrer !

Dans l’espace la station orbitale Rocky est attaquée. A l’extérieur un cyber-samouraï découpe en deux un astronautes avec un katana-tronçonneuse, à l’intérieur une bimbo tatouée se désape avant de déclencher le feu nucléaire contenu en elle. Lancez le générique de ce récit intitulé La Cité suspendue !

Avec une introduction où Gokû Furinji débusque un exécute un négrier spécialisé dans la traite des blanches, le super détective est contacté par Lee Reichin qui lui demande de retrouver et sauver sa sœur Lee Reisei. Face au Dragon Noir Les sœurs Reichin vont-elle suivre le même destin que les sœurs Nelson / Royale face aux Pirates de l’Espace ? Rien n’est moins sûr car le mangaka multiplie les détournements de Goldfinger, On ne vit que fois, Au Service Secret de Sa Majesté, Les Diamants sont éternels, L’Espion qui m’aimait et Moonraker
Alors que notre héros essaye de sauver sa peau après s’être pris une raclée par le cyber-samouraï (surnommé tekki = ennemi en japonais), la tension internationale monte encore d’un cran quand après la station orbitale Rocky le porte-avions russe Tourgueniev est lui aussi atomisé par une « atomic lady ». Rien ne peut sortir de bon de l’élitisme à la con (ceci était un message informatif à l’usage de la ploutocratie en général et de la macronie en particulier), à part le darwinisme à la con et l’eugénisme à la con, donc c’est tout naturellement que Gokû Furinji revient pour un seconde round mettre la pâtée au suprématistes de la cité volante de Little Hong Kong qui a refusé la rétrocession de 1997. Et comme lui il a oublié d’être con, il reprend la même stratégie que dans le film Wargames :

note : 8/10 (en tant que fan on ne se refait : la note est sans doute surévaluée)

Alfaric

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