Nicolas Jarry (scénario)
Paolo Deplano (dessin)

Nains, tome 18 :

Ararun du Temple

Bande dessinée, fantasy / polar
Publiée le 26 août 2020 chez Soleil

La cité d’Ysparh est rongée par la corruption. Elle ne tient que grâce à la détermination de sa garde à maintenir l’ordre et l’équité. Le nain Ararun et l’elfe bleue Antalya en sont les redoutés capitaines, l’un pour la finesse de son esprit, l’autre pour le fil de son épée et les deux pour leur obstination légendaire. Alors, quand l’un des princes est assassiné avant des élections, ils sont les seuls capables de démêler cette affaire.

Ce 18 tome de la série Nains est très cool ! Ararun est un policier nain expérimenté et bon vivant qui se trouve « trop vieux pour ces conneries »… Antalya est une policière elfe bleue inexpérimentée au lourd passé qui ne craint rien ni personne… Vous l’entendez dans votre tête, la petite musique de la supracoolitude ?
On est entre Gotrek et Felix et entre Riggs et Murtaugh, donc on est entre Hawk et Fischer et entre Dempsey et Makepeace. Tous les codes du cop show des années 1980 sont une nouvelle fois transposés dans un univers fantasy, et ici le traditionnel buddy movie est écrit à la première personne avec beaucoup de mélancolie…

En perdant son coéquipier Roduryn Ararun a perdu son meilleur ami, puis en s’enfonçant dans l’alcool il a perdu toute sa famille. Le jour où il a décidé à mettre fin à ses jours, il s’est fait griller la politesse par Antalya jeune elfe bleue qui à 21 ans avait déjà tout perdu dans un peuple où l’espérance de vie se compte en siècles. En sauvant Antalya, Ararun se sauve lui-même : un nouveau duo légendaire se crée, et si chacun devient la solution de l’autre c’est ensemble qu’ils deviennent les croquemitaines des homines crevarices ! Oh Yeah !!!

– Je suis un courtard de terrain, Seigneur Mestre. Si je me lève chaque matin, c’est pas pour administrer les chamailleries entre puissants, c’est pour rendre la justice.

Entre l’appétit des puissants et les petites gens, une seule digue, un seul rempart : la garde d’Ysparh. Et en temps d’élection c’est un bordel sans nom… Bien sûr toute cette comédie prétendument démocratique sert juste à légitimer le petit monde des gens qui croient être importants grâce à leur pouvoir et à leur argent. Sauf que le candidat réformateur est retrouvé assassiné. Pour les autorités c’est le signe d’une nuit des longs couteaux au sein de l’oligarchie, donc il ne faut pas investiguer en attendant de savoir quel camp il faut rallier. Mais Ararun et Antalya en ont rien à secouer, car ils sont des justiciers et non des planqués ! Toutefois l’affaire ravive de mauvais souvenirs pour Ararun : la victime est le père de son meilleur ami et le principal suspect, favori des élections après un retournement de situation, est le frère de son meilleur ami. Pour faire triompher la justice le vieux briscard remue ciel et terre en pure perte, et la jeune rookie qui possède la pièce du puzzle qui lui manque ne sait plus à quels saints vouer : elle qui a tout perdu sauf l’honneur peut-elle se déshonorer en faisant éclater la vérité que les Elfes ont toujours voulu cacher ? Et si la solution venait d’une racaille peau-verte que tout le monde méprise et déteste ???

Au final une histoire très classique mais très efficace. Nicolas Jarry a toujours été un bon scénariste, mais au fil du temps il est en plus devenu un excellent dialoguiste et ici les punchlines pleuvent à chaque page ! Le dessinateur Paolo Deplano assisté aux couleurs par Vincent Powell est au diapason : le travail est classique certes selon les nouveaux standards des éditions Soleil, mais en plus d’être soigné il nous gratifie de planches de toute beauté…
Nicolas Jarry maîtrise déjà David Gemmell sur le bout des doigts, et là il montre qu’il pourrait aussi être le parfait copycat de Simon R. Green autre superstar de la SFFF britannique (ça nous change des génies qui pensent avoir tout compris de la Fantasy après avoir lu J. K. Rowling et G.R.R Martin). Du coup cela me navre au plus au point d’avoir attendu si longtemps pour m’apercevoir que tous les ouvrages de l’auteur pourrait être l’origin story d’une belle et grande série. Je ne sais pas si c’est la fin ou le commencement pour Ararun et Antalya, mais si leurs aventures devaient en rester là je serai très très déçu et très très en colère hein ! (car j’ai super envie d’écrire « to be continued » et non « the end »)

note : 8+/10

Alfaric

2 Commentaires

  1. nicolas jarry

    te lire est toujours un plaisir… que tu sois dithyrambique ou plus mitigé peu importe, non seulement tu écris bien, ton analyse est pertinente, mais en plus tu es juste un puits de connaissances ! Sinon il y aura bien une suite, Ararun et la rage bleue 😉

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    • Alfaric

      C’est une bonne nouvelle : aujourd’hui la vie est belle !

      Réponse

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